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Utiliser des anciens objectifs

Certains anciens objectifs restent valables voire très intéressants et tirent leur épingle du jeu sur les boitiers numériques actuels. Ce qui est parfois méconnu, c’est le fait que les optiques contribuent à la qualité finale de l’image en photographie et peuvent constituer un choix réfléchit dans la conception de sa propre écriture photographique. Aussi il est important d’en connaitre quelques uns, de plus certains sont peu onéreux quoique qu’il y ait une tendance à l’inflation par la divulgation de ce qu’il est possible d’en faire. Plus un objectif a une grande ouverture, plus il est difficile à fabriquer, plus il est imposant et lourd et plus l’homogénéité de qualité d’image (netteté, contraste…) sur l’ensemble est compliquée à obtenir. Le rendu du flou des arrières plans peut être plus ou moins brutal, doux, progressif, crémeux. C’est ce qui est recherché selon les goûts. C’est pourquoi il est intéressant de faire des essais pour connaitre ce qu’il convient. Les objectifs ont aussi un impact sur la colorimétrie, c’est subtil mais cela compte. Le bémol c’est que ces anciens objectifs ne sont pas simples à utiliser, ils peuvent avoir subit des chocs, le verre peut être altéré. Ils sont intéressants à condition qu’ils soient vendus à un tarif raisonnable et sont destinés à un public particulier de passionnés. Attention ce n’est pas une panacée, avec les appareils à télémètre et une bague d’adaptation, on ne peut pas faire la mise au point dans le viseur, il faut utiliser la zone de profondeur de champs.

Je viens apporter des nuances sur cet espace consacré aux objectifs anciens. Certains en ayant une lecture rapide pourraient penser qu’ils sont aussi facile d’utilisation que des optiques récentes avec de l’électronique et l’autofocus, ce n’est pas le cas. De plus avec une grande expérience de la pratique de la photographique, avec n’importe quel matériel et un logiciel de traitement, il y a la possibilité de sortir une image très acceptable. Aussi cet article n’a pas pour vocation de faire monter les prix de l’occasion en confondant aubaine et utilisateurs de niche car quand on commence à dire que telle vieille optique nous intéresse les prix s’envolent ce qui peut les rendre alors inintéressantes à l’achat, car il ne faut pas exagérerLes résultats dépendent principalement de la dextérité du photographe et de l’état de conservation des lentilles qui peuvent être bien dégradées.

Quelques éléments généraux après avoir lu beaucoup de tests. Les optiques, même celles des années 50 dont les optiques de l’ex URSS, à partir des ouvertures f/5,6 ou f/8 peuvent être qualifiées de bonnes, certaines très bonnes et d’autres encore plus bonnes avec d’excellentes performances, à partir de ces diaphragmes. Aussi par exemple un objectif dont l’ouverture nominale est de f/1,4 sera utilisé majoritairement à cette même ouverture nominale et jusqu’à f/4 pour justifier son achat quand on recherche un rendu particulier. Il s’avère inutile d’acheter une optique dont l’ouverture nominale est grande et dont on n’a pas le besoin spécifique, pour l’utiliser à des valeurs comme f/5,6 ou f/8 ou encore f/11 ! A l’inverse, une optique dont l’ouverture nominale est à f/3,5 ou f/4 il sera judicieux de l’utiliser plutôt autour d’une valeur comme f/8 pour obtenir le meilleur contraste et netteté (quand c’est ça qui est recherché). Les optiques des années 1950 présentent toutes du vignettage à leur ouverture nominale (assombrissement des bords des photos). C’est très fréquent aussi sur des objectifs à grandes ouvertures plus récentes. Le très fort caractère de certaines optiques anciennes fait qu’il vaut mieux les choisir en fonction du sujet photographié et du rendu souhaité, plutôt que pour leurs performances pures. Les optiques récentes sont en général très contrastées et orienté netteté -piqué.

Le Super-Takumar 55 f1,8 – Asahi Pentax

Test et avis sur le Super-Takumar 55 mm f1.8 qui est un classique réputé pour être dans les meilleurs objectifs « vintage ». Il a été fabriqué au Japon entre 1958 et 1975 . Ils sont peu coûteux, solidement construits, beaux et offrent une qualité d’image avec un rendu de caractère. L’intérêt d’utiliser des anciens objectifs pourrait rappeler pourquoi on est tombé amoureux de la photographie en premier lieu en recherchant de la spécificité dans les images et pas uniquement de la super netteté. Cela permet de recycler et d’utiliser encore ces optiques à mise au point manuelle avec des bagues d’adaptation, en profitant de leur qualité et particularité sans dépenser beaucoup d’argent. On s’inscrit dans une démarche de photographier en mode lent (slow photography) qui procure une expérience photographique spécifique.

Cet objectif 55 mm à vis existait en plusieurs versions avec toutes le même schéma optique. A partir de la version 1965, au moins un des éléments vitrés est en verre légèrement radioactif qui jaunit avec le temps (Thorium, une terre rare). En cas de jaunissement une exposition longue au soleil devrait le faire disparaitre. Alors que le diagramme optique est resté inchangé, des ajustements à l’optique (courbure de surface, distance entre les éléments) ne peuvent pas être exclus lorsque Pentax a changé de type de verre, aussi il pourrait exister des disparités selon la date de fabrication des modèles.

Exemple de photos traitées

Quelques exemples pour voir ce qu’il est possible de faire avec cet objectif et se rendre compte du rendu après un post-traitement avec Capture One pro (boitier Fuji XT2). Le traitement relève d’un choix personnel, les photos brutes de capteur suivent.

exemple de photo bokek super Takumar Pentax

A f1,8 pour se rendre compte du rendu de l’arrière plan. Le flou arrive très vite dès l’éloignement du centre.

exemple de bokeh super Takumar

Extrait (crop)

exemple super Takumar 55mm à f1,8

à f1,8 paysage agricole – net au centre, bords flous. Peut être utile pour un sujet au centre, moins pour un sujet sur la ligne des tiers. Il est important de connaitre son optique avant de réaliser un reportage.

Paysage marais Chanat la Mouteyre Auvergne

Jeu de lignes et de contraste à l’heure dorée. La lumière met l’accent sur l’arbre au milieu des terres marécageuses.

exemple de flare recherché Pentax Super Takumar

Exemple de flare avec le soleil déclinant, de face. On peut utiliser ces halos.

Super Takumar 55mm bokeh

Un recadrage pour montrer le type de bokeh très crémeux à pleine ouverture, en semi contre jour.

Les photos brutes

Pour l’anecdote, dans cette gamme des 50mm, il y a les f1,4 Super-Takumar 50, certains avec du Thorium d’autres apparemment sans. 3 modèles : de 1965 à 1971 : le Super-Takumar à 7 lentilles en 6 groupes avec diaphragme à 6 lames pour 230 g. de 1971 à 1972 : le super-multi-coated Takumar à 7 lentilles en 6 groupes avec diaphragme à 8 lames pour 250 g, de 1972 à 1975 : le smc Takumar à 7 lentilles en 6 groupes avec diaphragme à 8 lames pour 252 g, avec un rendu différent concernant le bokeh, la caractérisation des flous d’arrière plan et des prix d’achat du 8 lames qui s’envolent. Sur ce dernier Pentax en a peu produit à cause d’un prix de revient très élevé et au final des ventes à perte…

Auto-Revuenon

C’est amusant ces anciennes optiques, à une époque elles étaient ignorées avec peu d’engouement, les gens préférant alors des marques connues. Par exemple maintenant la sous marque Auto-Revuenon équipait les appareils photos proposés par un magasin de vente sur catalogue (le catalogue Quelle), le 55 mm f1,4 Auto-Revuenon est redécouvert pour sa qualité du rendu des arrières plans. Le fabricant serait Cosina (verres Tomioka).

Leica Leitz Wetzlar Summaron 35mm f3.5

Le Leitz Summaron 35 mm f3.5 est un objectif minuscule d’une très belle fabrication. Il a été introduit en 1945 et fabriqué à la fois pour les appareils photo Leica à monture à vis et les appareils photo Leica M. Il a été fabriqué jusque dans les années 1960 et 120 000 unités ont été produites. Il s’agit d’une optique très intrigante qui convient très bien à la photographie noir et blanc et artistique. Il combine de nombreux aspects tels qu’un peu de vignettage, beaucoup de douceur avec du détail et des micro-contraste au centre utiles pour créer des images uniques.

On peut l’aimer et ne pas l’aimer à la fois. Les photos produites avec le Summaron sont plutôt spécifiques. Elles sont assez nettes au centre mais assez douces globalement. Certaines personnes vont adorer les résultats, ceux qui apprécient les objectifs typés qui souhaitent capturer des ambiances. Un photographe expérimenté trouvera avec lui du potentiel. Il y a des imperfections que l’on peut utiliser. Le Summaron vient d’une époque où la photographie en noir et blanc était encore le principal type de photographies, ce qui lui convient très bien grâce à la qualité des détails et de la gamme de gris. Tous ses « défauts » sont réunis pour créer des photos spéciales au rendu ancien. Ce n’est certainement pas le meilleur objectif 35 mm de Leica, les autres objectifs sont beaucoup plus nets et la plupart des gens diraient « mieux ». Il est totalement subjectif d’évaluer un objectif. Les gens ont des goûts différents. La beauté des lentilles réside dans le fait qu’il existe tellement de types que chacun peut trouver celui qui correspond à son style personnel. Si on recherche un look moderne et avec beaucoup de piqué, il n’est pas adapté. Le vignettage et la chute dans les coins sont assez perceptibles. Il peut être sensible au halo avec une source de lumière directe ou des lumières venant des côtés. On peut éviter cela en utilisant un pare-soleil. Dans l’ensemble, la netteté est bonne mais pas époustouflante. Les couleurs plutôt douces, pastel, pas très éclatantes. Il vient d’une autre époque, le revêtement et les éléments en verre ne sont pas au même niveau que les objectifs récents. Les résultats peuvent varier selon le niveau de conservation et le soin apporté à la lentille frontale car les traitements du verre sont assez fragiles, certains exemplaires peuvent ainsi avoir de la « brume » ce qui va favoriser le halo, tous les exemplaires ne sont pas concernés. Ainsi, il n’est pas l’objectif le plus facile à utiliser. D’une manière générale il faut une certaine expérience avec les anciens objectifs. Distance minimale de mise au point : 1 mètre, fabriqué en Allemagne, ouverture : 3,5 – f 22, 6 éléments en 4 groupes, 10 lames, monture à vis M39, poids : 200 g. Les 1ères versions vont jusqu’au numéro 1 423 140. Comme indiqué les résultats peuvent varier fortement selon l’état des lentilles. Certaines optiques ont subit les outrages du temps et peuvent avoir un voile ce qui va changer l’avis sur cette optique. Sur celle en ma possession le rendu est très bon mais l’objectif est à faire réparer car il y a un problème avec la mise au point qui se décroche du télémètre pour les vues rapprochées. Ce sont les aléas avec les objectifs anciens qui peuvent avoir besoin d’une réparation.

  • Avantages
    • Qualité générale de construction
    • Taille poids (il est minuscule)
    • Objectif artistique avec un rendu doux et spécifique
    • Net mais pas hyper piqué
    • Objectif de « caractère »
    • Très bon pour la photographie en noir et blanc
    • Très bon avec du contraste à f8
  • Défauts
    • Sensible au halo, au voile (variable selon l’état de l’exemplaire)
    • Un peu mou sur les bords à f3,5
    • A besoin d’un post-traitement logiciel pour exploiter son potentiel

Par temps ensoleillé, le résultat est probant, ici monté sur un Leica M8 à f3,5 et sans traitement.

Crop en augmentant le contraste et en baissant un peu les hautes lumières

Cet objectif craint un peu les contre-jour qui donne un voile. Il est bien net au centre à f 3,5 et plus flou sur les bords. Avec un traitement sur capture one pro il donne des résultats très intéressant typés que l’on nomme avec du « caractère », réalisé avec Leica M typ 240.

Recadrage au centre (photo traitée).

Voile avec soleil de face mais il se rattrape très bien avec un post-traitement.

Il prend sa pleine spécificité pour le noir et blanc avec un rendu particulier et effet « pop ».

En conclusion une optique très sympa quand on veut sortir léger avec un petit 35mm de caractère et qui a du « pop » particulièrement pour le noir et blanc.

Le revêtement jaune-orangé et la radioactivité

Certains objectifs anciens, notamment ceux de Leica, Canon, Kodak, Pentax et autres fabricants, contiennent des éléments radioactifs, principalement en raison de l’utilisation de thorium ou de lanthane dans le verre optique. Ces éléments étaient employés pour améliorer l’indice de réfraction du verre et réduire l’aberration chromatique.

  • L’effet jaunâtre que l’on peut observer sur certains anciens objectifs, comme le Summicron-R 50 mm f/2 ou encore des optiques Takumar et Canon FD, est souvent dû à l’oxydation du thorium contenu dans certaines lentilles.
  • Ce jaunissement est un signe de radioactivité légère, mais il reste très faible et ne présente pas de danger significatif pour l’utilisateur (à moins d’une exposition prolongée au contact direct des lentilles sur la peau ou de l’inhalation de particules en cas de bris).

Impact sur la colorimétrie des photos

  • Oui, ce revêtement altère légèrement la balance des couleurs, créant une dominante jaune sur les images. Cela peut affecter le rendu des tons chair et des blancs.
  • Toutefois, il est possible de corriger cette teinte avec une balance des blancs ajustée en post-traitement ou en utilisant un filtre UV/bleu pour neutraliser la dominante chaude.
  • Certains photographes apprécient ce rendu plus chaud et vintage, ce qui confère un aspect particulier à leurs photos, notamment en noir et blanc.

Comment atténuer le jaunissement de la lentille ?

  • Une méthode populaire pour réduire cet effet consiste à exposer l’objectif aux UV (lumière du soleil ou lampe UV) pendant quelques jours à plusieurs semaines. Cela aide à blanchir légèrement le verre en réduisant l’oxydation du thorium.
  • Cette méthode fonctionne bien sur des objectifs comme les Super-Takumar 50 mm f/1.4 qui sont connus pour jaunir avec le temps.

Les objectifs récents utilisent-ils encore du thorium ?

Les fabricants ont cessé d’utiliser du verre contenant du thorium depuis les années 1970-80 en raison des préoccupations de santé et d’environnement. Aujourd’hui, des matériaux alternatifs comme le verre au lanthane sont employés pour obtenir un effet similaire sans radioactivité notable.

Ce jaunissement a une légère incidence sur la colorimétrie, mais l’effet est minime et peut être corrigé. Si l’on apprécie le rendu « vintage », ce n’est pas un problème, sinon un traitement UV peut atténuer la teinte jaune.

Leica Summicron-R 50mm f/2

Certains disent que le Leica Summicron-R 50mm f/2 est l’un des meilleurs 50 mm jamais fabriqués, cela peut peut sembler un peu exagéré si l’on considère toutes les évolutions des objectifs 50 mm au fil du temps. Cependant, il y a des arguments forts en sa faveur, en particulier pour certains photographes et certains usages.

Version Période de production Lieu de fabrication Formule optique Revêtement Poids Avantages Inconvénients
1ère version 1964 – 1976 Allemagne 6 éléments en 4 groupes Simple 380 g Très beau rendu vintage, construction robuste Flare prononcé, bords mous à f/2
2e version (Canada) 1976 – 1986 Canada (« Leitz Canada ») 6 éléments en 5 groupes Meilleur traitement anti-reflet 290 g Plus homogène, bon contraste, meilleure résistance au flare Léger focus shift, un peu doux à f/2
2e version (Allemagne) 1986 – 1998 Allemagne (« Leica ») 6 éléments en 5 groupes Identique 290 g Identique à la version canadienne, mais sans mention « Canada » Pas de différence optique avec la version précédente
Dernière version (ROM) 1998 – 2009 Allemagne 6 éléments en 5 groupes Identique 290 g Compatibilité ROM pour Leica R modernes Pas d’amélioration optique, ROM inutile sur hybrides

Les exemplaires fabriqués au Canada (1976-1986) sont marqués « Leitz Canada ». Les exemplaires fabriqués en Allemagne après 1986 portent uniquement « Leica » sans mention sur la face avant de l’objectif. La version ROM (1998-2009) n’apporte rien optiquement, elle est équipée de contacts électroniques pour les Leica R8/R9.

Pourquoi certains le considèrent comme l’un des meilleurs 50 mm ?

Un rendu Leica classique et intemporel

  • Leica est reconnu pour sa signature optique unique : une transition douce entre les zones nettes et floues, des contrastes bien équilibrés et un bokeh naturel et harmonieux.
  • Le Summicron-R 50mm f/2 offre un très bon compromis entre piqué et douceur, évitant un rendu très « clinique » des objectifs modernes.

Excellente homogénéité

  • Dès f/2.8, l’image devient extrêmement homogène, avec une excellente résolution sur tout le champ.
  • Très faible aberration chromatique, même en numérique.

Robustesse et qualité de fabrication

  • Une construction 100 % métal, durable, avec une mise au point fluide et précise.
  • Un mécanisme de diaphragme particulièrement bien conçu.

Peu de distorsion et bon contrôle du flare

  • Contrairement à d’autres 50 mm de l’époque, il présente très peu de distorsion géométrique.
  • Son traitement anti-reflet est bon (surtout sur la version post-1976), ce qui lui permet de bien gérer les contre-jours.

Pourquoi ce n’est pas forcément « le meilleur » ?

Des alternatives plus récentes techniquement

  • Certains 50 mm modernes (comme le Zeiss Otus 55mm f/1.4, le Leica APO-Summicron-M 50mm f/2, ou même le Sigma 50mm f/1.4 Art) ont une résolution plus élevée et des aberrations encore mieux maîtrisées.
  • En monture R, le Leica Summilux-R 50mm f/1.4 est un cran au-dessus en termes de rendu et de polyvalence.

Un piqué perfectible à pleine ouverture

  • À f/2, il est un peu plus doux sur les bords qu’un Zeiss Planar 50mm f/2.
  • Il lui faut être fermé à f/2.8 ou f/4 pour donner son plein potentiel.
  1. L’absence d’autofocus
    • Pour un usage rapide ou en reportage, un 50mm autofocus moderne peut être plus efficace.
  2. L’adaptation numérique
    • Il fonctionne très bien sur les Sony Alpha, Nikon Z et Canon R, mais certaines alternatives conçues spécifiquement pour le numérique offrent un meilleur piqué dès f/2.

Légende ou réalité ?

Le Summicron-R 50mm f/2 est sans doute l’un des meilleurs 50 mm de son époque, et encore aujourd’hui, il rivalise avec des objectifs bien plus récents en termes de rendu artistique et naturel.

Cependant, pour une utilisation purement technique et ultra-résolutive, il est dépassé par certains modèles plus récents

Si l’on recherche du caractère et une signature Leica intemporelle, c’est un excellent choix.
Si l’on cherche le piqué absolu dès f/2 et une perfection technique, d’autres alternatives existent.

Pourquoi le Summicron-R 50mm f/2 est intéressant ?

Rendu organique et naturel

  • Contrairement aux objectifs récents ultra-résolvants, il garde une texture douce et détaillée, sans sur-accentuation des micro-contrastes.
  • Très approprié pour du portrait, du reportage et très adapté au noir et blanc, il aide à un rendu proche de l’argentique quand il est monté sur un boitier numérique.

Un bokeh naturel et fluide

  • Pas d’effets trop artificiels, avec une transition douce entre le sujet et l’arrière-plan.
  • À f/2, le bokeh est légèrement nerveux mais reste progressif et naturel, bien pour du portrait expressif.

Contraste bien équilibré

  • Pas aussi « dur » qu’un Zeiss, mais pas aussi « lisse » qu’un Canon.
  • Suffisamment de contraste pour donner de la profondeur aux images sans écraser les détails.

Bien pour une utilisation sur hybride

  • Sur un Sony A7R III, avec une bague d’adaptation, on obtient un rendu très organique, idéal en noir et blanc.
  • Sur un Leica SL ou un Panasonic S5, on reste en monture L et on conserve l’ergonomie Leica.

Comment optimiser son rendu sur un boîtier numérique ?

🔹 Mise au point manuelle précise

  • Utiliser la loupe de mise au point sur un Sony A7R III ou Leica M Typ 240 pour affiner la netteté à pleine ouverture.
  • En adaptant cet objectif sur un hybride, un focus peaking bien calibré est très utile.

🔹 Tirer parti du diaphragme

  • À f/2 → Rendu doux et atmosphérique, idéal pour du portrait intimiste.
  • À f/2.8 → Meilleur compromis entre piqué et douceur.
  • À f/4 – f/5.6 → Netteté optimale, parfait pour du paysage ou de l’architecture.

🔹 Post-traitement adapté pour un look Leica

  • Simuler une courbe de film argentique en intervenant sur les ombres et les hautes lumières.
  • Baisser légèrement la clarté et les micro-contrastes pour éviter un rendu trop numérique.
  • Si on utilise Lightroom, essayer les profils Kodak Portra 160 ou Tri-X 400 en N&B pour retrouver une esthétique Leica classique.

Alternatives Leica si on cherche encore plus de caractère

Si on veut aller plus loin dans la recherche d’une signature Leica spécifique, quelques objectifs peuvent compléter le Summicron-R 50mm f/2 :

🔸 Leica Summilux-R 50mm f/1.4 (version pré-ASPH)

  • Encore plus organique et plus doux à f/1.4, très artistique pour du portrait.
  • Plus volumineux et plus lourd, mais avec un bokeh plus crémeux.

🔸 Leica Summicron-M 50mm f/2 (Type IV ou V)

  • Version M plus compacte, avec un rendu encore plus subtil sur un Leica M numérique.
  • Moins adapté aux hybrides que le Summicron-R à cause du tirage mécanique.

🔸 Leica Noctilux-M 50mm f/1.0 ou f/1.2

  • Pour un rendu unique, ultra-crémeux avec du « glow » Leica – et le prix qui va avec 🙂

Le Leica Summilux-M 50mm f/1.4

Le Leica Summilux-M 50mm f/1.4 est un objectif mythique en monture M, réputé pour son rendu spécial, son bokeh crémeux et sa qualité de fabrication exceptionnelle. Il a connu plusieurs évolutions depuis son introduction en 1959, avec des améliorations optiques et mécaniques successives.

Les différentes versions du Summilux-M 50mm f/1.4

1ère version (1959 – 1961)

  • Formule optique : 7 éléments en 5 groupes.
  • Construction en laiton, mise au point fluide.
  • Bokeh très doux, mais un peu de glow à f/1.4 et un contraste plus faible.
  • Faible résistance au flare, sans traitement multicouche moderne.
  • Intérêt principal : Un rendu vintage magnifique, idéal pour un look cinéma.

2e version (1961 – 2004)

  • Même formule optique que la première version mais avec un revêtement amélioré.
  • Meilleur contraste et plus de netteté dès la pleine ouverture.
  • Encore sensible au flare, mais meilleur que la version originale.
  • Utilisé par de nombreux photographes de reportage et de rue.

3e version : Summilux-M 50mm f/1.4 ASPH (2004 – aujourd’hui)

  • Nouvelle formule optique avec un élément asphérique.
  • Beaucoup plus net dès f/1.4, sans le glow des versions précédentes.
  • Meilleure résistance au flare et meilleur contraste.
  • Bokeh plus doux et plus homogène sur tout le champ.
  • Un des meilleurs 50mm jamais conçus pour le reportage et le portrait.

Rendu optique et qualité d’image

Le Summilux-M 50mm f/1.4 est recherché pour son équilibre parfait entre netteté et douceur. Contrairement aux objectifs ultra-modernes qui privilégient uniquement le piqué, le Summilux garde une transition douce entre les zones nettes et floues, offrant un rendu très organique.

À f/1.4 :

  • Bokeh ultra-crémeux, idéal pour les portraits.
  • Un léger glow (sur les versions non ASPH), donnant un effet vintage.
  • Faible profondeur de champ, parfait pour isoler un sujet.

À f/2 – f/2.8 :

  • Meilleur contraste et netteté, sans perdre le caractère Leica.
  • Idéal pour du reportage ou de la photographie de rue.

À f/4 – f/8 :

  • Très grande homogénéité sur tout le cadre.
  • Piqué exceptionnel, parfait pour du paysage ou de l’architecture.

Edition limitée : Summilux-M 50mm f/1.4 Édition 11688, un objet d’exception

Le Summilux-M 50mm f/1.4 Edition 11688 est un hommage au Summilux classique de 1959, combinant une esthétique rétro avec une formule optique ultra-performante. C’est une pièce assez rare qui attire autant les collectionneurs que les amateurs de design vintage Leica.

Pourquoi cette version est-elle recherchée ?

Look vintage authentique : Contrairement aux Summilux modernes en aluminium, la version 11688 est en laiton massif et adopte un design rétro. Le métal se patine avec le temps, donnant un effet unique à chaque exemplaire.

Édition limitée et rareté : Produite en quantité très limitée, elle est difficile à trouver en occasion. Prix plus élevé que la version classique. Netteté exceptionnelle dès f/1.4. Bokeh magnifique et homogène. Excellente résistance au flare et aux aberrations chromatiques.

Qualités et défauts du Summilux-M 50mm f/1.4

Qualités

  • Rendu Leica unique, parfait pour du noir et blanc ou du portrait.
  • Bokeh exceptionnel, doux et progressif.
  • Compact et léger (surtout comparé à des 50mm f/1.4 récents comme le Sigma Art).
  • Mise au point fluide et agréable, optimisé pour un usage sur Leica M.
  • Version ASPH ultra-performante dès la pleine ouverture.

Défauts

  • Prix élevé, surtout pour la version ASPH.
  • Sensible au flare (anciennes versions sans traitement moderne).
  • Glow visible à f/1.4 sur les versions pré-ASPH (Le « glow » en photographie désigne un effet de halo lumineux doux autour des hautes lumières et des contours des sujets, donnant une impression de légère diffusion ou de flou lumineux. Cet effet est souvent recherché pour son rendu onirique, vintage et cinématographique.)
  • Mise au point manuelle uniquement, ce qui peut être un frein pour certains utilisateurs.

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