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Cartes CompactFlash

La carte CompactFlash (CF) est l’un des symboles les plus forts de l’ère des premiers reflex numériques. Des boîtiers comme Nikon D1, Olympus E-1, Canon 10D, Nikon D2H, Fuji S2 Pro, Kodak DCS n’auraient pas existé sous leur forme sans cette petite brique de mémoire, robuste et fiable. Aujourd’hui encore, la CF reste recherchée par les passionnés, les collectionneurs, les photographes qui redécouvrent les boîtiers professionnels du début des années 2000, et ceux qui veulent comprendre l’histoire matérielle derrière les photos. Sa naissance date de 1994 chez l’entreprise américaine SanDisk pionnière de la mémoire flash.
À cette époque, le stockage numérique est encore balbutiant avec les disquettes qui font 1,44 Mo, les Zip disques viennent d’arriver. La photographie numérique… n’existe quasiment pas. SanDisk crée la CF comme un compromis parfait, Compact car petite et robuste, sans mécanique interne. Flash, mémoire non volatile, très résistante aux chocs. Le format est immédiatement validé par l’industrie, notamment grâce et à sa capacité à évoluer avec les besoins, à son connecteur IDE 50 broches simple et fiable et à sa grande robustesse.

Adoptée pour la photo numérique

Dès 1999 les reflex pro l’adoptent massivement. La CF devient le standard professionnel avec l’arrivée des premiers reflex numériques sérieux par exemple Sony Alpha 700 et 900, Canon EOS-1D / 1Ds, Canon 10D / 20D, Nikon D1 / D1X / D2H / D2X/D200, Fuji S2 Pro / S3 Pro, Kodak DCS série 700 et 14n etc. La CF devient synonyme de fiabilité pro. Elle supporte les rafales en sport, les environnements hostiles (poussière, froid, humidité). Maintenant on sait qu’elle peut survivre + de 20 ans sans broncher, ce qui n’est pas le cas des cartes SD (contrairement à la CF, la SD n’a jamais été conçue pour durer).

Contrairement à d’autres formats, la CF est pratiquement un mini SSD IDE dans une coque renforcée.

Caractéristiques

  • Type I : 3,3 mm (le plus courant)
  • Type II : 5 mm (accueillait les Microdrives IBM/Hitachi)
  • Modes PIO / UDMA : permettent d’améliorer les débits
  • Aucune pièce mobile, taux de panne faible, résistance physique : température extrême, chocs, décharges statiques.
  • Interface : PATA = Parallel ATA. C’est l’ancienne interface des disques durs et supports mémoire avant le SATA, les cartes CompactFlash utilisent cette interface.

Les cartes sont à formater avec l’appareil photo, pas avec un ordinateur.

Les marques les + fiables

Nous parlons des CF pour les appareils anciens et « quasi- anciens ».

SanDisk — l’indétrônable : Inventeur du format → logiquement le leader. Contrôleurs internes fiables, très faible taux d’échec, excellente compatibilité.

Lexar Professional : Excellentes séries 80x – 300x – 400x mais certaines peuvent tomber en panne subitement…

Transcend : Très bonne fiabilité, bon rapport qualité/prix. La série 133x est un classique pour les boîtiers anciens.

Kingston : Bonne alternative. Il faut veiller à vérifier la compatibilité avec les boitiers anciens selon le modèle. C’est une marque très connue dans le domaine de la mémoire / cartes SD / SSD pour ordinateurs. Kingston standard (entrée de gamme) conçue pour les compacts ou stockage générique, souvent sans code couleur particulier et vitesse faible (4–6 Mo/s), prix bas. Kingston Elite Pro (quasi haut de gamme) compatibles sans souci avec E-1, E-300, E-500, Canon 20D, Nikon D200, etc. Mention « Elite Pro » souvent notées 45× / 50× / 133× (selon génération), vitesse autour de 20–45 Mo/s selon le modèle. Très bonne fiabilité (meilleure que Sandisk Ultra II dans certains tests de l’époque), robustes, contrôleurs de qualité. Kingston Ultimate (très haut de gamme), conçues pour les reflex pros (Canon 1D, Nikon D2X, etc.), vitesse élevée (90× → 266× → 600× selon année), contrôleurs plus récents, tests renforcés. Il existe des Kingston actuelles, fabriquées en Chine à bas coût et souvent OEMisées, de qualité variable. Les cartes “OEMisées” utilisent parfois des contrôleurs génériques. Des Kingston actuelles en CF circulant sur eBay ou Amazon Marketplace peuvent afficher une fausse capacité, ne sont pas toujours officiellement Kingston, peuvent être reflashées.

Toshiba, Pretec : Très correctes mais moins répandus.

PNY Optima : PNY dans ces années-là (2010–2014 environ) proposait des CF honnêtes, mémoire MLC correcte, contrôleur stable, taux d’échec très faible. Vitesse (10 MB/s). C’est une marque connue, qui était vendue en grande surface et chez les revendeurs photo. Ce n’est pas les plus solides (SanDisk Extreme > PNY Optima), mais elle fait le job dans les vieux boîtiers CCD.

A éviter : Les marques no name, les CF “neuves” d’occasion à 5 € sur des Marketplace, les marques inconnues. Il existe beaucoup de contrefaçons avec des noms ambigus comme par exemple « Extreme » avec des étiquettes qui imitent SanDisk, des étiquettes très brillantes ou mal imprimées. Acheter des cartes « fabriquées en Chine » ou de marques peu connues ne signifie pas automatiquement « mauvaise qualité », mais cela augmente le risque de recevoir des produits non conformes, mal testés ou contrefaits. Les retours recommandent de rester sur des marques reconnues, acheter en neuf auprès de revendeurs officiels et tester les cartes après réception.

Focus sur SanDisk

SanDisk est la marque la plus reconnue car elle a inventé la CompactFlash, elle maîtrise très bien les contrôleurs internes, la fiabilité est excellente même 20 ans après la fabrication de la carte.

A leur sortie les prix des cartes CF étaient très élevés : Ultra II 512 Mo 70–90 € pièce. ; 1 Go de 90 à 130 € ; 2 Go 150 à 200 € ; 4 Go de 250 à 300 €. Une carte 4 Go coûtait le prix d’un boîtier photo d’entrée de gamme. Pourquoi c’était si cher ? Technologie “pro” avec vitesse élevée (pour l’époque), endurance, mémoire triée (binning), garantie longue durée. Le public visé était les photographes professionnels, pour les reflex haut de gamme, photo de sport / rafales / RAW. Un marché étroit avec des coûts de fabrication énormes comparés à aujourd’hui.

SanDisk “Standard / Regular” de tout début des années 2000 jusque 2003 (design vagues bleues, bande rouge et ancien logo). C’est la série Standard, la plus basique chez SanDisk à l’époque. Vitesse très faible (autour de 1–3 MB/s en lecture, parfois moins). Elles sont très lentes pour un appareil pro, capacité faible pour un usage sérieux 512 Mb, utile seulement comme carte de secours ou pour conserver un “look d’époque” . Usage prévu : APN compacts 1–3 MP, Nikon Coolpix, Canon Powershot A et compacts de ce type.

Les SanDisk Ultra (2002–2008) : Gamme intermédiaire, destinée au grand public avancé. Deux grandes générations : Ultra II – première génération (2003–2004) autocollants bleu avec vague, logo SanDisk ancien, débit réel : 4–9 MB/s, très fiables, mais un peu lentes aujourd’hui, suffisante pour les boitiers photo anciens, reconnaissables à leur esthétique “early 2000”. Ultra II – seconde génération (2005–2007). Étiquette noire et rouge, nouveau logo, débit annoncé de 15 MB/s.

Les SanDisk Extreme (2003–2009) : Le haut de gamme. Extreme III (2004–2007) ESP Technology, 20 MB/s environ, robustesse, les plus populaires chez les pros. Extreme IV (2006–2008) 40–45 MB/s en UDMA. La CF la plus rapide de son époque.

Plus clairement la gamme :

Generation 1 — les SanDisk CompactFlash bleues (1999–2003) vitesse : 1–3 MB/s ; capacité de16 Mb à 1 GB, fiabilité très bonne, bien pour les appareils anciens, lente pour le RAW rafale, destinée aux appareils 1999–2002 (D1, D100, Olympus E-10/E-20).

Generation 2 — La série Ultra (2003–2004) : étiquette bleu ondulé + logo Ultra argenté. vitesse : 10 MB/s, 1er bond de performances, très fiable, pour RAW + JPEG sur les CCD

Generation 3 — Ultra II (2004–2007) : Existe en deux versions visuelles (vague bleue et fond noir + rouge). vitesse : 10–15 MB/s, excellente stabilité, parfaite pour Olympus E-1, Nikon D2Hs, Fuji S2 Pro, commencent à être recherchée en occasion car elles fonctionnent sur tous les boîtiers anciens, même les plus sensibles.

Generation 4 — SanDisk Extreme (2003–2004) : Version initiale avec peu de diffusion. vitesse : 20 MB/s. rare, fiable, collection.

Generation 5 — Extreme III (2005–2008) : Carte très réputée. Étiquette noire/rouge/gris, logo ESP Technology. version 20 MB/s (2005), version 30 MB/s (2006–2008), fiabilité exceptionnelle, vitesse idéale pour les anciens contrôleurs, reconnue parfaitement par tous les boîtiers 1999–2010. L’une des meilleures cartes CompactFlash jamais fabriquées.

Generation 6 — Extreme IV (2006–2010) : Série professionnelle. vitesse : 40 MB/s , stabilité proche du SSD, bien pour rafales RAW, compatible même avec les vieux contrôleurs lents (ils brident la vitesse, mais tout fonctionne).

Generation 7 — Extreme Pro (2009–2015) : Versions UDMA6 et UDMA7. vitesse : 90 → 160 MB/s, très modernes, parfois incompatibles avec les reflex 2000–2005, très bien pour Canon 5DII / Nikon D300s, Déconseillée pour les + anciens boitiers comme Olympus E-1, Nikon D1, D100, D2H, Fuji S2.

Comment reconnaître une vraie SanDisk ? Étiquette mate, pas brillante, couleurs propres et nettes, pas baveuses, mentions CE régulières, typo SanDisk correcte, numéros de série cohérents.

Acheter d’occasion

Pour les 2 gigas, 4 gigas et moins qui conviennent aux anciens appareils photos du début du numérique c’est mieux d’éviter les CF « neuves » douteuses qui utilisent des composants internes en réalité d’occasion (risque fort de contrefaçon). La production mondiale des bas gigas est quasi arrêtée (sauf les CF industrielles), 95% des « neuves » classiques sont des copies sauf anciens stocks récupérés. Préférer des vraies occasions en bon état, les cartes vendues par des photographes avec si possible boîtes en plastique d’origine ou des CF industrielles. Le fait d’acheter une carte d’occasion implique qu’on ne connaît pas son historique d’utilisation (cycles passés), il est donc très recommandé de les tester.

Tester la carte : avec H2testw sous Windows, vérifie l’uniformité de vitesse, vérifie l’absence de secteurs défectueux. ça teste chaque bloc avec un protocole lent, en mode écriture → vérification → écriture → vérification…Une fois que ce cycle est terminé, on n’a plus à le refaire, la carte sera “certifiée bonne”. C’est à faire une seule fois. Par exemple sur une Ultra II 1ère génération, il y a de bons signes en cours de test : Écriture : ~10 MB/s → normal pour une Ultra II. Vérification : ~11–12 MB/s → nickel ; (ne pas cocher « endless » car sinon le logiciel repart pour une vérification). H2testw est aussi efficace pour “effacer” les données avant revente d’une carte, aucune récupération classique des photos n’est possible avec des logiciels spécialisés car H2testw a écrit par dessus. Il remplit toute la carte bloc par bloc, les anciennes données ne sont pas seulement “supprimées”, elles sont physiquement remplacées.

  • “Test finished without errors.” → carte 100% saine
  • Capacité réelle : 1953 MB → conforme à une CF 2 Go
  • Lecture : 11.9 MB/s → dans les specs d’une Ultra II (10 MB/s)
  • Aucune corruption, aucun bloc défectueux

On a entre les mains une vraie CompactFlash Ultra II première génération en excellent état, ce qui est de plus en plus rare. 🙂

Une Ultra II 2ère génération :

Résultats du test : Writing speed : 14.4 MB/s ; Reading speed : 15.7 MB/s ; Test finished without errors ; 1953 MB testés → capacité parfaite ; Zéro corruption, exactement aussi dans les specs d’une Ultra II (10–15 MB/s).

Les Ultra II “seconde génération” étaient sorties avec un contrôleur plus rapide, ce qui explique l’écart, 1ère génération → ~10 MB/s écriture ; 2ème génération → ~14–15 MB/s écriture ; Lecture un peu plus rapide → ~15–16 MB/s. on voit exactement ces valeurs ok, ce qui confirme : Carte authentique ; contrôleur en excellent état ; aucune usure notable, en pleine forme, débits parfaits pour des CF « vintage ».

Reconnaitre une carte usagé ou de contrefaçon, par exemple une Ultra II sensée écrire à 10–15 MB/s → plafonne à 2–4 MB/s. Une Extreme III (30 MB/s) → plafonne qui à 6–8 MB/s. C’est souvent le signe n°1 d’une contrefaçon. Une capacité très inférieure à la capacité annoncée, CF marquée 32 Go → capacité réelle 4 ou 8 Go ; Test qui se bloque à 7,4 GB = carte fichue. Les fausses CF utilisent une bidouille du contrôleur pour déclarer une fausse taille. Design plastique approximatif, code-barres fantaisiste ou absence de numéro de série, étiquette mal centrée, couleurs ternes ou légèrement différentes des originales, police de caractères incorrectes. Certaines fausses CF sont ridiculement légères car elles n’ont pas le blindage interne. Symptômes en utilisation, impossible de formater dans l’appareil, photos corrompues (avec des bandes de couleurs), Messages ERR CF sur Canon, transfert qui s’arrête en plein milieu de la copie. Une carte CF usée ce n’est pas pareil qu’une contrefaçon. Il y a des erreurs dans H2testw, « X files corrupted », des secteurs illisibles, vitesses fluctuantes → 15 MB/s puis 2 MB/s puis 12 MB/s… Une carte CF usée ne descend pas toujours en vitesse moyenne, mais elle oscille fortement d’un instant à l’autre, elle est devenue instable, c’est le signe typique d’une NAND fatiguée. Écriture → 11 MB/s → 2 MB/s → 9 MB/s → 3 MB/s → etc. Présence d’erreurs sporadiques dans l’appareil photo, boîtier qui freeze, “Err 02 – card not accessible”, fichiers RAW impossible à ouvrir, perte de photos en rafale. Un temps de formatage plus long que la normale, cela signale que le contrôleur tente de remapper des blocs. Blocages lors de la copie des fichiers, symptômes souvent visibles sous Windows avec des fichiers corrompus, une copie qui s’arrête à 70–90 % avec “delayed write failed”. Il y a parfois des incidents mineures qui ne veulent pas dire usure, comme une petite différence de vitesse entre cartes du même modèle, c’est normal il y a une tolérance de variation par exemple entre 10 et 15 pour une 15 MB/s annoncée, une chauffe légère, certains lecteurs CF aussi sont limités à 20 MB/s, d’autres sont bridés par le chipset interne.

CONTREFAÇON = vitesses très basses, capacité erronée, look approximatif, comportement incohérent, erreurs immédiates.

CARTE USÉE = erreurs dans H2testw, vitesses qui oscillent, corruption aléatoire, messages d’erreur dans le boîtier.

CARTE SAINE = vitesse cohérente avec la génération (proche de celle annoncée), capacité exacte, zéro erreur, stabilité parfaite.

Prix réalistes en 2025 (occasion):

  • Ultra II 512Mo-1–2 Go : 5–10 €
  • Extreme III 2–4 Go : 10–20 €
  • Extreme IV 4 Go : 15–25 €
  • Transcend 133x neuve ancien stock : 10–15 €

Concernant les prix en occasion, il s’agit d’une fourchette raisonnable, toutefois ils sont variables. Une carte ancienne neuve dans son emballage d’origine non ouvert peut être plus chère. Une testée aussi peut se vendre un peu + chère. Les cartes CompactFlash représentent un moment très particulier de l’histoire de la photo numérique, celui où les premiers boîtiers professionnels exploraient un territoire nouveau, encore instable, plein de promesses. Ce format était surdimensionné, pensé pour durer, parfaitement adapté à des appareils numériques. C’est aussi l’un des rares composants du numérique qui vieillit bien, jusqu’à devenir presque un objet d’histoire.

Aujourd’hui, utiliser une CF dans un Olympus E-1 ou un Canon 10D, c’est renouer avec une époque où la photo numérique était encore jeune et déjà profondément professionnelle, un moment où chaque photo comptait, et où le matériel était conçu pour traverser les décennies.

Cartes CompactFlash encore fabriquées

Des cartes CF sont encore fabriquées. Par exemple Delkin affiche des séries CF industrielles encore en production. Le format CF est toujours listé parmi les supports Sandisk avec les spécifications CF qui existent encore (CF5.0, …) c’est un marché de niche, le gros du marché s’est déplacé vers SD, microSD, CFexpress, etc.. Beaucoup de cartes CF sont d’occasion et de stocks anciens. On trouve encore des cartes CF “classiques” sur des boutiques pro de composants-matériel industriel (RS France). Des cartes modernes ont souvent des capacités très grandes (32 Go, 64 Go, 128 Go), ce qui pose des risques de compatibilité avec les appareils photos anciens. Elles peuvent utiliser des contrôleurs ou firmwares qu’un boîtier de 2003 peut ne pas bien gérer ou tout simplement ne pas exploiter. Le rapport coût/propriétés pour cet usage reste moins favorable que d’anciennes CF authentiques.

Le paradoxe des boitiers anciens

Si on prend par exemple un Olympus E-1 (2003-2005) qui est en FAT16, iI n’est pas compatible avec les cartes rapides (UDMA). Les marques et modèles qui fonctionnent vraiment bien pour le E-1 qui a un contrôleur CF ancien (testées historiquement et par la communauté actuelle 4/3) : SanDisk Ultra II (512 Mo, 1 Go, 2 Go) c’est le modèle recommandé. SanDisk Extreme III (2 Go ou 4 Go) l’une des meilleures pour les boîtiers anciens en général, choisie pour sa fiabilité. Lexar 80x ou 133x (1–2 Go), Transcend 45x ou 80x (1–2 Go) peu chères et fiables. Le E-1 accepte les cartes juqu’à 8 Go. Aussi éviter les cartes 16–32–64 Go (FAT32). Les SanDisk Extreme Pro sont trop rapides et non compatibles. Les Kingston modernes sont non reconnues. Le mieux est de bien se renseigner sur les compatibilités quand on récupère un appareil photo ancien afin de ne pas perdre les photos réalisées à cause d’une carte qui se bloque.

Le E-1 ne profite pas des cartes trop rapides pour lui. Les UDMA 4/5/6 donnent des erreurs, corruptions, ou écriture bloquée. En fait le boitier écrit plus vite sur des cartes lentes (80x, 133x), c’est paradoxal mais vrai car elles sont adaptées. Les cartes anciennes donnent une meilleure stabilité du buffer. Avec une Extreme III, le boîtier tourne de manière fluide sans risques mais sans réel gain ressenti car c’est le buffer du boitier qui sature avant la vitesse de transfert max de la carte. Il vaut mieux avoir 2 cartes de 1 Go Ultra II qu’une seule de 4 Go Extreme IV plus rapide, cela fatigue moins le contrôleur avec moins de risque de perdre toutes les photos subitement.

Pour les appareils photos anciens (1999-2008)

C’est la période où les capteurs sont CCD (et CMOS primitifs). Les cartes CF sont standards → Ultra II, Extreme, 133×, 4Go max. Les menus, les rendus ont cette esthétique “pré-moderne”. Ce sont les boîtiers : E-1, Nikon D1/D2H/D200, Canon 10D/20D, Fuji S2/S3/S5 Pro, etc avec des fichiers RAW légers.

Sur un appareil ancien, une carte trop moderne et rapide entraîne des erreurs d’écriture, des blocages, des fichiers corrompus, la carte non reconnue, des ralentissements imprévisibles aléatoires. Le contrôleur de l’appareil photo est la limite, pas la carte.

Marque / Modèle CFCapacité pour boitiers anciensAtouts Limites / À vérifier
SanDisk Ultra 1-2–4 GoTrès bonne pour les anciens boîtiersLente mais adaptée aux boitiers numériques du début
SanDisk Ultra II1-2–4 GoTrès bonne pour les anciens boîtiersPlus rapide, pensée pour reflex expert
SanDisk Extreme III1-2–4 GoRéférence, très fiableUsage possiblement intensif gamme boitiers pro, à tester pour vérifier l’usure
SanDisk Extreme IV1-2–4 GoHaut de gammeAucun gain réel pour les boîtiers anciens
Transcend 133×1-2–4 GoExcellent rapport qualité/prixMoins “prestige” mais fiable, vérifier numéro de série
Kingston Elite Pro 1-2–4 GoBon niveau “avancé”, fiable pour l’ancien modèleS’assurer que ce soit bien une vrai Elite Pro d’origine
Lexar Professional 80×/133×1-2–4 GoBon pour boîtiers anciensRelativement rares
Marques génériques, noms inconnus, ou noms proches d’une marque connue, ou “OEM”1-2–4 GoTrès bon marchéFiabilité variable, forte probabilité de contrefaçon

Ensuite période “transition moderne” CF toujours, mais capteurs plus récents), 2008 – 2012. Apparition des capteurs photo CMOS généralisés (Canon 5D/5D II, Nikon D90/D300/D700/D3), RAW plus lourds, beaucoup de pixels, dynamique accrue, vidéo, il y a besoin de cartes rapides. Les CF montent jusqu’à UDMA 6 avec 16–32 Go- 64 Go et +. On peut les appeler cartes pour les “appareils semi-anciens”, mais plus vraiment “anciens”. Les cartes CF fiables sont les mêmes marques.

Astuce, les cartes CF industrielles

Ce sont les meilleures de toutes au niveau des composants électroniques, les + fiables avec en prime une sensation de qualité avec des plaques en métal à l’avant et à l’arrière, du sérieux. rigidité totale, zéro torsion à l’insertion, protection électromagnétique pensée industrielle, pas gadget, dissipation thermique passive, élégance. Une sensation en main outil, pas accessoire, un bel objet. Attention toutefois tous les appareils photos ne sont pas compatibles avec ce type de cartes. Elles sont très stables au niveau de l’écriture mais sont lentes entre 10 et 20 MByte/s, ce qui convient très bien aux reflex anciens de type Nikon D2H par exemple.

Elles sont conçues pour les automates, systèmes embarqués, terminaux Windows CE / Linux, machines-outils, équipements industriels 24/7. Leur force c’est qu’elles utilisent de la mémoire SLC qui est la meilleure, vitesse constante, ultra-faible taux d’erreur, durée de vie monstrueuse, stabilité parfaite, endurance dépassant 20 ans. Elles sont meilleures que les SanDisk classiques et encore vendues neuves à + de 70 € le 1 Go. Mais excellente fiabilité est différent de compatibilité universelle.

Certains appareils photo anciens exigent strictement un “mode CompactFlash photo” par exemple les Olympus E-1, Nikon D1/D100 et certaines générations de Fuji. La compatibilité des cartes CF industrial dépend du contrôleur de la carte et de la souplesse du boitier photo à ce niveau.

Carte CF Swissbit 1 GB

Les appareils numériques CCD du début des années 2000 ont un point commun, ils dépendent fortement de la fiabilité de la carte CompactFlash car il n’y en a qu’une (pas de double slot pour sécuriser les prises de vues). Les CF industrielles peuvent être très rassurantes, surtout quand on fait des photos importantes. Toutefois comme indiqué, ces cartes ne sont pas compatibles avec tous les appareils photos. Une CF industrial (Innodisk, Transcend Industrial, Delkin Industrial, Apacer Industrial, Swissbit, ATP…) est destinée à des environnements hypers exigeants, machines-outils, automates industriels, systèmes embarqués, matériel médical, aviation, militaire. Elles utilisent les meilleurs composants pour fonctionner 24 h/24 pendant 15 ans, en continu, tolérance -40°C à +85°C. Ce sont les plus résistantes de toutes les cartes CF et elles sont une bonne solution dès lors que les boitiers les acceptent.

Elles sont construites avec de la mémoire SLC ou pSLC, SLC = 100 000 cycles d’écriture (10× la durée de vie du MLC grand public), écriture très régulière, peu de de chauffe, très faible taux d’erreurs. Contrôleurs spécialisés, ECC matériel avancé, correction d’erreur renforcée, gestion d’usure, temps de réponse constant (pas de “lags”). Pas de « trucs marketing ». Les cartes grand public mettent en avant des vitesses max irréalistes. Les industrielles, elles, annoncent des vitesses garanties en continu. Le SLC (Single Level Cell) est le type de mémoire flash le plus robuste.

Nikon D2H / D2Hs, probabilité de compatibilité/marques de cartes CF industrielles > 90 %. Ces boîtiers utilisent un contrôleur ATA qui accepte les CF “type industriel”. Fuji S3 Pro : probabilité de compatibilité 80 %, Fuji S5 Pro Probabilité > 95 %, accepte presque toutes les cartes CF. Olympus E-300 / E-500 : impossible à prévoir, certains firmwares refusent les CF “strict industrial” et sur d’autres elles passent. Olympus E-1 non compatible.