Il y a parfois des besoins spécifiques où il n’est pas aisé de trouver un matériel polyvalent.
Ainsi, comment faire pour numériser d’une part une masse d’anciennes photos de famille dans un but de simple souvenir à conserver et d’autre part le besoin de réaliser des numérisations de haute qualité pour certaines de ses photographies artistiques ?
Il y a plusieurs solutions, les scanners à plat qui permettent la numérisation des photos déjà tirées sur papier ainsi que les négatifs et diapositives avec la possibilité d’obtenir des fichiers numériques au format TIFF ; les petits scanner à films négatifs et positifs pour usage familial qui ne propose que du format jpeg ; reprendre en photos avec un appareil photo numérique et un objectif macro des tirages et des films négatifs, positifs, pour obtenir un format raw donnant de grande possibilité ensuite de traitement numérique.
On peut se demander quel est le procédé le plus rapide ? comment combiner 2 usages avec un besoin d’une part de simple photos souvenirs à numériser et d’un besoin pour certaines photos d’une qualité de niveau professionnel avec possibilité de post-traitement par logiciel ?
Numérisation rapide pour des photos souvenirs :
- Scanner à plat de moyenne gamme (type l’ancien Epson V550-V600 ou équivalent) : Le plus recommandé pour numériser rapidement un grand nombre de photos déjà imprimées. On peut les scanner en qualité moyenne (300 dpi) et en JPEG pour économiser de l’espace. C’est une solution relativement rapide pour sauvegarder les souvenirs sans viser une qualité maximale. Toutefois comme il s’agit d’un marché de niche, il n’y a pas de scanners très récents qui permettent de combiner la numérisation à fois des tirages papier et des films négatifs et diapositives de différents formats, il faut se rabattre sur des anciens modèles.
- Smartphone avec une application dédiée (comme Google PhotoScan) : pour un volume élevé, cette solution est rapide et pratique, mais la qualité sera moindre.
- S’il y a uniquement des films négatifs et diapos à numériser et pas de tirages papier, les petits scanners familiaux, par exemple de type Kodak Slide N Scan ou équivalent, peuvent remplir cet usage.
Numérisation de haute qualité pour la post-production :
- Scanner à plat avec numérisation de négatifs/diapositives : comme les Epson V750, V800, V850 pro. il y a peu de différences entre ces 3 modèles, le V750 a une lampe Xénon qui nécessite un court temps de chauffage alors que le V850 a une lampe led et les passe vues pour les négatifs et dias ont un verre qui peut être utile pour des films gondolés mais cela ajoute un couche de verre. Le logiciel de scan fournit est aussi différent. Au niveau de la qualité d’image il n’y pas de différence. Ces scanner donnent des images en haute résolution permettant le format TIFF. Les scanners haut de gamme peuvent atteindre jusqu’à 6400 dpi, ce qui est suffisant pour des retouches ou agrandissements. Le TIFF offre plus de détails et de latitude pour le post-traitement. Comprendre la mise en oeuvre n’est pas forcément aisé.
- Utilisation d’un appareil photo numérique et objectif macro : c’est une solution flexible pour numériser des tirages ou des films. Avec un appareil photo reflex ou mirrorless et un objectif macro, on peut photographier les tirages au format brut RAW, donnant une excellente base pour des traitements ultérieurs en post-production. Cette méthode demande des connaissances techniques, toutefois elle offre une grande qualité, un contrôle créatif et elle peut être plus rapide qu’avec un scanner à plat quand on recherche une grande qualité.
Recommandation pour une combinaison efficace :
- Numérisation en masse des photos de famille : utilisation d’un scanner ou une application de smartphone pour les souvenirs assez rapides.
- Numérisation de haute qualité pour les photos artistiques : privilégier soit un scanner à plat haut de gamme, spécialisé pour les négatifs (en TIFF), soit l’approche avec un appareil photo numérique (en RAW). Si l’on n’a pas un banc de reproduction, il existe par exemple un kit avec des bagues adaptables sur une optique macro avec une petite boite lumineuse qui s’appelle Kit de numérisation de Film 35mm Valoi easy35 Noir.
Temps et efficacité :
- Le plus rapide pour les souvenirs : un scanner avec une option de chargement multiple ou un smartphone.
- Le plus rapide pour la haute qualité : Ici la rapidité est très relative car si on veut de la qualité, c’est très lent et très très très lent quand on est hyper exigeant. L’appareil photo numérique avec objectif macro semble plus rapide que le scanner pour des négatifs/diapositives si on est bien installé (avec une table de reproduction par exemple et la connaissance des logiciels). Pour utiliser un scanner haut de gamme si on n’a jamais utilisé un scanner auparavant, il faudra du temps pour réussir à maîtriser les réglages pour obtenir des photos numériques de qualité. Toutefois une fois les réglages bien calés l’usage peut être à peu près équivalent à la prise de vue directe, cela va dépendre aussi du niveau de post-traitement voulu ensuite. Le choix entre les deux techniques n’est pas évident, l’avantage de la prise de vue étant d’obtenir un format raw qui est le meilleur format pour la souplesse de traitement et le niveau de détails obtenu. Toutefois le format TIFF des scans pro est quasi équivalent. En fait il est possible d’utiliser les 2 techniques. Toutefois au niveau du piqué des photos un scanner en maintenant bien le film à plat peut être meilleur. Les deux techniques sont efficaces.
Après vient la question du prix car l’achat d’un scanner à plat haut de gamme proposant le format TIFF est assez onéreux, il faut vérifier en cas d’achat d’occasion qu’il soit compatible avec une version récente de Windows ou Mac, sinon prévoir d’installer un système d’exploitation plus ancien comme Windows XP par exemple dédié à cette tâche. Il y a aussi la possibilité d’achat d’un logiciel comme VueScan qui coûte quand même une centaine d’€ ou SilverFast SE 9 dont le prix débute à 49€ pour la version de base qui permet tout de même d’exporter en TIF avec un rendu des couleurs satisfaisant, il est assez simple d’usage alors que VueScan est très complexe au niveau du rendu couleur avec des difficultés pour les films sans masque orange d’obtenir un rendu cohérent pour l’ensemble des photos d’une même pellicule, pas simple du tout.
Concernant la prise de vues avec un appareil photo, cela dépend si on possède déjà un objectif macro ou s’il faut en acheter un. L’Epson Perfection V750 fonctionne avec Windows 11 en installant l’application sur le site de la marque et donne de bons résultats. Pour en trouver d’occasion il faut s’armer de patience car en général ils se vendent bien. Les prix varient entre 650 € et 800 €, la tendance étant plutôt à la hausse. Le V850Pro est vendu plus cher, la différence c’est qu’il a une lampe led qui évite un petit temps d’attente pour que la lampe néon chauffe (entre 30 à 60 secondes), les porte-films sont renforcés, la lentille traitée multi-couches est sensée donner un meilleur micro-contraste, mais en réalité il n’y a pas de différences vraiment flagrantes au niveau de la qualité d’image encore plus quand on post-traite ensuite. Si on bosse en TIFF 16 bits, que l’on fait ses propres ajustements de contraste, niveaux, courbe, on ne verra aucune différence d’image entre les deux. Cela a été confirmé par des comparatifs avancés sur DPReview, Photrio, YouTube, avec des tests sur mires avec des négatifs identiques sur les deux scanners. Il est possible d’acheter un V850 neuf autour de 1200€. Sinon pour ceux qui n’ont ou ne font que des négatifs et diapos au format 135 (24X36), sans scan de tirages papier ou de documents et sans utilisation du format de pellicules 120 donc, il y a le Reflecta RPS 10M Scanner de films et de diapos qui est bon au niveau de la qualité d’image, ce qui est intéressant c’est qu’il prend les films en bandes (non coupés). Le problème c’est qu’il cadre automatiquement sur l’image centrale du négatif, si l’on souhaite la totalité du film avec les perforations, elles sont systématiquement coupées. On ne peut pas obtenir un scan avec les bords des pellicules. C’est un scanner automatique à défilement, il détecte le cadre 24×36 et masque automatiquement tout ce qui dépasse (perfos, bords, numéros). Il ne scanne qu’une image à la fois, en s’alignant précisément sur la fenêtre de prise de vue. Le logiciel CyberView fournit avec ne propose pas de mode “plein film avec marges”. Il y a aussi en gamme en dessous les V550 et V600.
Le scanner Epson Perfection V750 Pro est équipé d’un capteur CCD (Charge-Coupled Device). Il utilise un capteur linéaire CCD couleur. Ce type de capteur est reconnu pour sa capacité à fournir des images de haute qualité avec une excellente précision des couleurs., ce qui est intéressant.
Bien entendu si on réalise des photos en argentique, il est possible de commander directement au laboratoire qui développera les films, une numérisation. En général ce type de laboratoire est équipé d’un scanner haut de gamme dont le coût d’achat n’est pas à la portée d’un simple particulier.
Bien définir aussi l’usage final des photos, si l’objectif est seulement le souvenir, de sauvegarder dans le cloud pour une la durabilité, le partage sur des réseaux sociaux ou sites internet en petit format, il n’y a pas forcément besoin d’une résolution importante et de possibilité d’un post-traitement avancé. Toutefois avec les scanner basiques, sur certaines diapos les couleurs peuvent partir parfois complément en vrille, ce qui n’est pas toujours rattrapable avec le format jpeg. Dans tous les cas quand il y a beaucoup de photos, cela va demander du temps pour en venir à bout. Son usage est à bien définir, ainsi que son niveau d’exigence, si c’est pour scanner uniquement pour les réseaux sociaux, sites internet un scanner de type Epson V600 assez bon marché en occasion, peut suffire avec ses limitations au niveau de la qualité d’image. Après quand on est exigent et que l’on a du mal avec les rendus très moyen, il faut casser sa tirelire. C’est un investissement, une fois que l’on a un matériel satisfaisant, il est durable et on ne se sont pas frustré …
Quand il y a à la fois des tirages papier et des films, pour éviter un investissement si le besoin est très ponctuel, il est possible de mixer avec un petit scanner familial pour négatifs et la prise de vues par appareil numérique pour les tirages imprimés et les photos nécessitant un post-traitement. Certains achètent aussi un scanner spécialisé photo de la gamme Epson V750 puis le revendent une fois les tâches terminées, s’il s’agit d’un besoin ponctuel.
Technique de post-traitement
Pour ceux qui retouchent leurs scans de négatifs, Negative Lab Pro propose une conversion des couleurs plus précise que Lightroom en natif. Cette extension est compatible avec Lightroom 6, Classic et CC. Lors de l’installation sur Mac ou PC, elle ajoute deux profils d’appareil photo à Lightroom : Negative Lab RAW et Vuescan (pour les utilisateurs de Vuescan il est capable de générer des fichiers TIF-RAW à partir des négatifs scannés).
Cette version intègre un moteur de traitement repensé, permettant d’effectuer toutes les étapes de conversion et d’ajustement directement sur le fichier numérique raw ou tif du négatif, évitant ainsi une dégradation de qualité, même après plusieurs corrections en fonction du type de film utilisé. Une autre amélioration concerne l’ajustement automatique des courbes ce qui garantit la préservation de la tonalité au fil des modifications. Grâce à ses 9 couches de traitement interne, Negative Lab Pro maintient la balance des couleurs et les teintes d’origine du film, évitant ainsi les dérives colorimétriques que l’on rencontre avec Lightroom seul lors des ajustements de contraste et de luminosité.
Parmi les nouvelles fonctionnalités, on retrouve un sélecteur de couleur, quatre contrôleurs de plage lumineuse, ainsi que des outils dédiés aux ajustements par famille de tons. Cette mise à jour est gratuite pour les détenteurs d’une licence existante et propose une version d’essai gratuite. Le prix d’achat d’une licence s’élève à 99 $ pour deux ordinateurs.
Pour les non abonnés à la nouvelle version de Lightroom, il est possible de retrouver la version en licence dite à vie Lightroom 6, à télécharger sur web.archives ICI , il faut pour cela avoir acheté la licence à l’époque avec un numéro de licence et avoir un compte sur Abode. Pour l’installation sur Windows 11, il faut faire clic droit sur l’application téléchargée et agir en tant qu’administrateur. Il est encore possible d’utiliser cette version de Lightroom 6 qui est compatible avec le logiciel Negative Lab Pro et peut être suffisante pour ce type d’usage. Quand on a Capture One pro il n’y a pas besoin d’acheter un logiciel complémentaire.
Attention aux réglages automatiques
Le rendu final d’un film argentique dépend énormément du processus de scan, et certains scans peuvent donner un rendu trop net, trop contrasté, trop numérique, au point de trahir l’aspect organique du film.
Type de scanner utilisé
- Scanners à plat (Epson V600/V850, Canon 9000F, etc.) : ils ont tendance à lisser les détails. Donc paradoxalement, c’est souvent avec des scanners pro que le rendu devient trop net… car ils extraient trop d’infos.
- Scanners Noritsu ou Frontier (minilabs) : donnent souvent un rendu plus doux, plus “film”, mais ça dépend des réglages de l’opérateur.
- Scanners de labo tambour ou Imacon : très haute définition, peuvent rendre le grain très visible, et accentuer le contraste et la netteté de manière un peu artificielle.
Logiciel et réglages lors du scan
- Beaucoup de logiciels appliquent par défaut un renforcement de netteté, voire du contraste, même si ce n’est pas demandé.
- Par exemple, VueScan ou SilverFast ont des courbes intégrées, ou activent la netteté (sharpening) sans prévenir, si on ne désactive pas tout. VueScan n’est pas simple à utiliser, de plus le rendu des couleurs en mode auto n’est pas très stable d’une photo à l’autre de la même pellicule, il est bon pour le noir et blanc, pour la gestion des pellicules couleurs SilverFast est plus stable et facile d’usage.
- Certains paramètres comme “auto levels”, “auto contrast”, ou “sharpening” doivent être désactivés, si on veut garder un look doux et filmique.
Résolution et sur-échantillonnage
- Scanner une pellicule à très haute résolution (ex : 6400 dpi) puis réduire la taille de l’image peut durcir le grain et donner une impression de trop grande netteté, surtout si le grain est très fin (comme sur de la Ektar 100 par exemple).
- Le grain naturel est un des éléments qui rend une photo argentique « organique ». Quand on le numérise trop finement et qu’on le « lisse » ou qu’on le renforce, on tombe dans un rendu très similaire au numérique.
Type de film utilisé
- Certains films couleur ont déjà un rendu très net et sec à la base ou réagissent fortement aux réglages automatiques :
- Kodak Ektar 100 : couleurs saturées, grain très fin → très proche du numérique.
- Fuji Pro 160NS : très neutre, doux, mais un scan mal géré peut le rendre « plat et net » comme du numérique.
- Les diapositives (Provia, Velvia, etc.) : couleurs très tranchées, donc un scan accentué peut vite donner un rendu de type « numérique HD ».
Objectif utilisé à la prise de vue
- L’utilisation un objectif moderne optimisé pour le numérique ou très piqué (ex : Zeiss, ou optiques pour moyen format très définies), va déjà capter beaucoup de micro-détails, et le scan peut en rajouter une couche.
- Au contraire, des objectifs plus anciens ou à rendu doux (genre Canon FD, Leica Summitar, etc.) donnent un rendu plus « rêveur », plus vaporeux, même scanné.
Que faire pour un rendu plus argentique et doux ?
- Désactiver toute netteté et ajustement auto dans le logiciel de scan.
- Travailler à partir de fichiers bruts neutres en TIFF, pas JPEG.
- Utiliser un logiciel de traitement neutre ou filmique (par ex Darktable avec modules manuels).
- intervenir sur la courbe tonale en S douce, et limiter de pousser les curseurs à l’extrême de netteté ou de contraste.
- Scanner légèrement sous-exposé et travailler ensuite en post-prod plutôt que de forcer le contraste directement au scan.
Astuce pour le scan de certains négatifs
Certains négatifs couleurs n’ont pas une couleur résiduelle du support orange, ce qui peut poser des difficultés à des scanners dans la restitution des couleurs Une astuce donnée parfois consiste à les scanner comme des diapositives. On obtient ainsi un négatif en numérique à inverser ensuite en positif avec un logiciel de post-traitement en inversant la courbe. Toutefois le résultat n’est pas toujours satisfaisant car le scanner dans ce mode attend un film très contrasté avec des noirs profonds et un gamma élevé. Il tente de « réhausser » artificiellement la courbe et on peut obtenir des artefacts, du bruit, et des couleurs faussées, avec des tâches brillantes d’instabilité chromatique sur certaines zones sombres. Donc ce n’est pas toujours une solution adéquate.
Photo réalisée en 1985 ! sur Kodachrome 64 iso pour avoir une idée de ce que ça donne avec un petit scanner familial (avec post-traitement léger).
