C’est un questionnement qui revient souvent, en fait l’achat du matériel photo, c’est comme un achat de voiture, c’est mieux d’identifier son besoin en fonction de son usage avec comme en automobile l’existence d’une partie désir, tentation, image représentative, envie de l’objet en tant qu’objet de désir.
Dans la grande foire du commerce où l’envie peut être fabriquée dans le concept du toujours plus, toujours mieux, il s’agit de ne pas trop se laisser influencer et d’éviter les achats impulsifs. Aussi en photographie les boitiers numériques dits un peu ancien ne sont pas à négliger.
Les fabricants veulent vendre et c’est tout à fait normal pour qu’ils perdurent. Il n’existe pas d’appareils photos avec une seule optique qui pourraient tout faire de manière qualitative, si on est très exigeant. Aussi quand des gens demandent je ne sais pas quel appareil acheter, il n’y a pas une réponse unique. C’est encore plus difficile quand les gens sont débutants en photographie et ne savent pas ce qu’ils veulent faire, du genre, je veux faire un peu de tout. Il y a énormément de critères subjectifs et d’éléments à connaitre, comme par exemple est-ce que le poids est un problème. Cela peut l’être quand on bouge beaucoup, que l’on a des problèmes physiques, des douleurs. Il faut aussi aussi comprendre la grande importance des optiques. Un zoom c’est un compromis, plus l’ouverture du diaphragme est grand plus il est difficile de fabriquer une optique de qualité. Concernant les écarts de focales, un zoom qui passe d’un très grand angle à un fort grossissement n’aura pas la qualité de chaque objectif fixe bien construit. Il y a aussi la question du budget, la qualité a un prix, l’exigence en matière de rendu coûte cher. Là aussi cela dépend où chacun met le curseur en terme de rendu. Il est intéressant de se plonger sur les motifs qui peuvent nous pousser parfois à des achats pas très raisonnables. Toutefois la photographie est l’un des domaines où l’irrationnel prend sa place.
Le débat autour de l’importance du matériel photo est aussi ancien que la photographie elle-même. Si le matériel joue un rôle dans la qualité technique d’une photographie, il est loin d’être le seul facteur déterminant. Les appareils photo numériques modernes (reflex, hybrides) offrent des capteurs de haute résolution et des optiques performantes. Ils permettent d’obtenir des photos détaillées, avec la possibilité d’une bonne gestion de la lumière, du contraste, et des couleurs. Les progrès sont particulièrement intervenus pour la faible lumière. Un appareil avec une bonne montée en ISO et avec un objectif lumineux (grande ouverture) sera avantageux quand la lumière manque. Pour des photos sportives ou animalières, un autofocus rapide et précis, peut faire la différence. Toutefois concernant les usages courants sans conditions extrêmes avec des conditions de lumière correctes, l’augmentation de la qualité d’image entre les appareil plus anciens et les derniers sortis est peu significative.
Un désir d’achat basé sur l’envie peut être compris à travers plusieurs aspects psychologiques et socioculturels.
La Nature du désir
Le désir est une émotion puissante qui peut être déclenchée par de nombreux facteurs, notamment les stimuli externes (publicité, réseaux sociaux, vitrines de magasins) et les stimuli internes (émotions, besoins psychologiques). Lorsqu’un individu désire un objet, ce désir peut occuper une place importante dans son esprit, créant une anticipation et une excitation à l’idée de posséder l’objet convoité.
L’occupation de la pensée par le désir
L’anticipation de l’achat peut être plus gratifiante que l’achat lui-même. Cela s’explique par plusieurs mécanismes :
- Dopamine et récompense : La dopamine est un neurotransmetteur associé au plaisir et à la récompense. Elle est libérée en grande quantité lorsque nous anticipons une récompense, comme l’achat d’un objet désiré. Cette libération de dopamine crée une sensation de plaisir et de motivation à atteindre l’objet.
- Rêverie et fantasme : En imaginant la possession de l’objet, l’individu peut s’engager dans des rêveries et des fantasmes où il associe l’objet à des améliorations de sa vie, de son image de soi ou d’une augmentation de ses capacités créatives. Ces pensées peuvent être très gratifiantes et renforcer le désir de l’objet.
La déception possible après l’achat
Une fois l’objet acquis, il arrive parfois que l’excitation diminue, voire qu’une déception apparaisse. Ce phénomène peut être expliqué par plusieurs raisons :
- Adaptation hédonique : Les êtres humains ont tendance à s’adapter rapidement aux nouvelles acquisitions. Ce qui était source de grande excitation avant l’achat devient rapidement banal une fois acquis.
- Disparité entre la réalité et les attentes : Souvent, les attentes construites autour de l’objet (influencées par la publicité et nos propres fantasmes) sont démesurées par rapport à la réalité de l’objet lui-même. Cela peut conduire à une déception lorsque l’objet ne répond pas à ces attentes élevées.
- Chute de la dopamine : Après l’achat, la libération de dopamine diminue, ce qui réduit la sensation de plaisir initialement associée à l’objet.
Le désintérêt post-acquisition
Le désintérêt après l’acquisition peut s’expliquer par des facteurs psychologiques :
- La recherche continue de nouveauté : Les individus ont une tendance naturelle à rechercher de nouvelles stimulations et de nouveaux désirs. Une fois qu’un désir est satisfait, l’attention peut rapidement se déplacer vers un nouvel objet de désir.
- Insatisfaction inhérente : Il existe une certaine insatisfaction inhérente à la nature humaine qui pousse les personnes à chercher constamment de nouvelles sources de satisfaction. Cette quête perpétuelle peut expliquer pourquoi l’intérêt pour un objet décroît après son acquisition.
Le désir d’achat basé sur l’envie est un phénomène complexe qui implique des aspects neurologiques, psychologiques et socioculturels. L’anticipation de l’achat peut fournir une gratification intense, mais souvent temporaire. La déception et le désintérêt qui suivent peuvent être vus comme une conséquence naturelle de l’adaptation hédonique et de la recherche continue de nouvelles sources de satisfaction. Comprendre ces dynamiques peut aider à gérer son désir de manière plus consciente et à éviter les pièges de la consommation impulsive poussée par le marketing et les forces de vente qui s’appuient sur les connaissances en matière de psychologie.
Une erreur courante est de croire qu’investir dans un matériel coûteux est une solution miracle. Sans une vision claire, comprise et une maîtrise des bases de la photographie, cet investissement ne produira pas les résultats escomptés.
Ce que le matériel ne peut pas faire
Composer une photographie
Une bonne composition (lignes directrices, équilibre des masses) dépend entièrement du photographe. Un matériel haut de gamme n’améliorera pas un cadrage mal pensé ou une scène dépourvue d’intérêt.
Créer une vision artistique
L’émotion provient de la vision artistique, du choix du moment décisif, de l’histoire racontée par l’image. Aucun matériel ne peut « fabriquer » cela.
Choisir les sujets
Trouver des sujets intéressants, comprendre leur valeur narrative ou esthétique, et les photographier sous un angle unique sont des compétences humaines, non mécaniques.
Faire de soi un meilleur photographe :
Si les bases, techniques (vitesse, ouverture, ISO), artistiques, en termes de culture photographiques, ne sont pas connues, un appareil coûteux ne compensera pas les lacunes.
La valeur ajoutée du photographe
Maîtrise technique
Comprendre les réglages fondamentaux permet d’exploiter pleinement même un matériel modeste. Un photographe expérimenté peut réaliser des bonnes photos avec du matériel ancien ou un appareil d’entrée de gamme.
Regard personnel
Le matériel ne permet pas d’apprendre à observer le monde avec sensibilité et créativité. Ce sont ces qualités qui font la différence entre une photo « parfaite » mais qui semble vide et une photo « imparfaite » qui peut être captivante.
Narration et choix de l’instant
Une photo réussie est souvent celle qui raconte quelque chose ou capte un moment éphémère significatif. Aucun appareil ne peut prédire quand un moment significatif va se produire et comment l’interpréter.
Le matériel n’est pas à négliger complètement
Il est important toutefois de reconnaître que le matériel peut faciliter la réalisation d’une vision artistique ou technique principalement au niveau du confort d’usage. Dans le cas d’une pratique professionnelle, le matériel entre plus en considération que pour un usage plaisir ou en dilettante
Confort d’usage et rapidité : Un matériel adapté à ses pratiques aide à gagner du temps et à travailler dans des conditions où des équipements moins performants échoueraient.
L’adaptation aux besoins : Si sa pratique photographique inclut des sujets spécifiques (sport, astrophoto, macro), un matériel spécialisé peut être nécessaire.
Fiabilité pour les professionnels : Pour des commandes (mariages, reportages, publicités), un matériel de qualité garantit une production sécurisée, constante et techniquement irréprochable.
à qui revient l’importance ?
Exploiter pleinement son matériel actuel : Explorer ses limites et identifier ce que l’on peut améliorer soi-même en tant que photographe avant d’investir dans un nouveau matériel.
Se concentrer sur l’apprentissage : Travailler son regard par une pratique régulière, en étudiant les œuvres de grands photographes, comprendre ce qui rend une photo puissante.
Expérimenter le plus possible en essayant différents styles, angles, lumières pour affiner son propre style.
Investir intelligemment : Si l’on ressent que son matériel limite ses ambitions (par exemple, on ne peut pas photographier en basse lumière), alors envisager une mise à niveau progressive. Cependant, ne pas confondre amélioration matérielle et amélioration artistique.
Développez sa propre vision : Se demander pourquoi on fait une photo, pas seulement se polariser sur le comment. Cela aidera à créer des images plus significatives, peu importe le matériel utilisé.
Apprendre à voir est plus important que d’investir dans du matériel dernier cri. C’est la créativité et une vision personnelle qui font la différence.