La pellicule 35 mm, issue du cinéma a été standardisée dans les années 1950 pour les usages photographiques. Ce format retenu de 24×36 mm (rapport 3:2) apporte une bonne surface pour la qualité d’image avec des appareils photos plus compacts que les moyen format. Rapidement adopté par Leica, Contax et la majorité des constructeurs, ce format devient une norme courante. L’inconvénient était les coûts de la pellicule et des tirages déjà onéreux. L’idée de « couper » ce format en deux parties pour obtenir + de photos sur une pellicule avait été expérimentée dans les années 1920 mais ce concept était resté très marginal. Dans les années 1950, quelques marques (comme Konica ou Ricoh) avaient tenté des demi-formats pour réduire les coûts d’utilisation des pellicules.
En 1959, Olympus confie au jeune ingénieur Maitani Yoshihisa la mission de créer un appareil photo simple et accessible. Sa vision a été de créer un boîtier compact et pratique comme un stylo, l’Olypmpus Pen.
Le succès fût immédiat au Japon avec un prix abordable, une petite taille, des optiques lumineuses et de qualité. Ce concept a démocratisé l’usage de la photo en la rendant plus accessible avec 72 vues sur une pellicule de 36 poses. .

Il faut savoir que le demi-format donne + de profondeur de champ que le 24X36 avec des réglages équivalents. C’est à prendre en compte pour les amateurs de bokeh très présent.
Olympus Pen historique
- 1959 – Olympus Pen premier modèle, par Maitani Yoshihisa
→ Petit boîtier, objectif fixe 28 mm f/3.5, demi-format à cadrage vertical, pas de cellule posemètre, mise au point par zones. Il y a un rapport de 1,5 donc nous obtenons une équivalence plein format de 42mm. Un appareil simple, compact, abordable, qui permettait 72 vues sur une pellicule 36 poses. → Idée : rendre la photo accessible à tous, en faisant un “stylo” photographique (d’où le nom Pen). - 1960 – 1962 – Olympus Pen S (optique f/2.8 ou f/3.5 noté 3 cm). Version améliorée, obturateur Copal plus rapide, pas de cellule, meilleure optique 30mm, finition plus soignée, logo “S” rouge. Dernier Pen 100 % mécanique avant que la série ne devienne semi-automatique.
- 1961 – Olympus Pen EE
→ La lettre “EE” = Electric Eye (exposition automatique avec cellule au sélénium). → Plus besoin de régler la vitesse ni l’ouverture → appareil grand public. Il suffit d’indiquer la sensibilité asa de la pellicule (de 10 et 200 asa max) - 1963 – 1973 : Olympus Pen EE-2 : → Amélioration du EE
- Toujours objectif fixe D.Zuiko 28 mm f/3.5.
- Exposition automatique – pellicules de 25 asa à 400 asa.
- Détecteur de lumière amélioré.
- Flash plus simple à utiliser (nouveau sabot, synchronisation).
- Mécanique fiabilisée.
→ C’est le modèle populaire par excellence des Pen : robuste, simple, massivement produit. Il faut noter qu’il n’y a pas de possibilité de réglages (on peut intervenir en trompant les asa si on veut surexposer par exemple en indiquant 200 asa pour du film négatif 400 asa). il n’y a pas de lecture du code DX des films, donc le réglage ISO sert directement à indiquer à la cellule quelle exposition adopter. Si on met une pellicule 400 ASA et que l’on règle l’appareil sur 200 ASA, on trompe la cellule. Elle croira que le film est deux fois moins sensible, cela donnera une surexposition (≈ +1 IL). C’est une astuce pour adoucir les contrastes en plein soleil, récupérer de la densité si la cellule est fatiguée (ce qui est fréquent sur les EE). Si, à l’inverse, on veut sous-exposer légèrement pour un rendu plus dense et contrasté, on peut régler 400 ASA pour une pellicule 200 ASA (le grain sera plus apparent). On peut se servir de ce réglage des asa comme d’un contrôle d’exposition indirect simple et efficace en connaissant bien comment réagit la cellule sur son propre appareil. Bien entendu ce n’est pas une mesure de la lumière hyper précise de type professionnelle avec l’usage d’un posemètre en lumière incidente 🙂 . Concernant les pellicules diapositives qui ont une faible latitude d’exposition, des essais seront nécessaires, en général il est plus sage de rester à l’indication asa native pour ce type de film. Il existe des modèles de transition de 1973 marqués EE-2 avec l’indicateur de manque de lumière appelé drapeau rouge et le sabot de flash. Olympus a eu cette habitude d’écouler les pièces déjà gravées “EE-2” tout en introduisant les améliorations prévues pour le futur EE-3. Quand le drapeau rouge fonctionne c’est un signe que la cellule va bien.
- 1963 – 1966 Olympus Pen EES le même que le EE-2 avec un objectif Zuiko 30 mm f/2.8 (équivalence 45 mm) et des zones de mise au point (symboles portrait / groupe / paysage); plage ASA à 25–400,
- 1968 – 1977 Olympus Pen EES-2 version « haut de gamme » du EE-2. Il garde le design du EE-2 avec une optique 30mm f/2.8 plus lumineuse en tout automatique. C’est le Pen le plus complet avant l’arrivée du Pen D, qui lui est plus “expert” en tout manuel.
- 1973 – 1983 Olympus PEN EE-3 : Même base technique que le EES-2: exposition entièrement automatique via cellule au sélénium (pas de pile). Plage ASA : 25 -400, comme le EE-2. Ajout systématique du sabot de flash. Certains détails de finition changent (gainage, entourage du déclencheur). Ajout d’un système de protection : impossible de déclencher si la lumière est trop faible (le viseur affiche un petit drapeau rouge).

Optiques D.Zuiko 28 mm f/3.5 (Pen EE, EE-2, EE-3) : Formule en 4 éléments / 3 groupes. Angle de champ équivalent env. 40 mm en plein format. Rendu : Très net au centre, un peu plus vignetté sur les bords. Contraste modéré, rendu doux. Légère distorsion en coussinet, surtout visible sur les lignes droites. Caractère rendu “vintage”, un peu plus « argentique » dans l’esprit/32mm. Avantage : piqué constant, très régulier, bon pour le N&B ou les scènes calmes.
D.Zuiko 32 mm f/2.8 ou 3.5 (Pen S, EE-S, EE-S2): Formule en 4 éléments / 3 groupes aussi, calcul révisé pour l’ouverture avec + de micro-contraste. Meilleure transition des tons moyens (plus de modelé). Bokeh plus doux à courte distance grâce à f/2.8. Un peu moins homogène sur les bords à pleine ouverture. Caractère : rendu plus “riche”, plus dessiné, certains disent qu’il “respire mieux”. Sur les films couleur modernes (Kodak Gold, Fuji C200…), la différence reste assez discrète — c’est plus une question de caractère. Avec le 28 mm f/3.5 → photo un peu plus régulière, classique ancien, un peu sage ; avec le 30 mm f/2.8 rendu avec un peu + nerveux, tranché, + de contraste de micro-texture.
Il y a aussi des Olympus Pen EED : année de sortie 1967 avec cellule CdS, objectif : G.Zuiko 32 mm f/1.7. Formule optique 6 éléments / 5 groupes. Priorité ouverture automatique (auto-exposure via cellule CdS). Pile mercure PX625. Mise au point manuelle, par estimation ou échelle de distances.
Ensuite, les Olympus Pen D (D, D2, D3) marquent une génération de Pen plus haut de gamme, avec une volonté de performance optique et de contrôle manuel. Ils sont en quelque sorte les “mini reflex de poche” avant l’heure tout en restant en format demi, avec des ambitions optiques et de contrôle comparables à celles des appareils pros de l’époque. Ils incarnent un moment clé dans l’histoire d’Olympus avec la volonté d’amener la qualité et le contrôle du reflex dans un appareil de poche demi-format. Ils ont des optiques fixes Zuiko 32 mm très lumineuses, f/1.9 sur les D et D2, f/1.7 sur le D3 (l’un des plus lumineux de tous les demi-formats). Ces optiques sont d’une qualité optique remarquable, rivalisant avec les 35 mm pro de l’époque. Très piquées, contraste doux, bokeh plaisant.
| Pen D | 1962 1964 | Zuiko 32 mm | f/1.9 | 1/500 | Sélénium | Tout manuel (vitesse + diaph). Cellule, optique 5 lentilles en 4 groupes, rendu « film ancien », doux, sélénium non couplée (indication dans le viseur) |
| Pen D2 | 1964 1967 | Zuiko 32 mm | f/1.9 | 1/500 | Sélénium (pas de piles) | Obturateur Copal SV improved, mécanisme plus fiable et déclencheur plus doux. Sélénium, mieux couplée (lecture plus intuitive) |
| Pen D3 | 1967 1969 | Zuiko 32 mm | f/1.7 | 1/500 | CdS (à pile) | Objectif encore plus lumineux (nouvelle formule à 6 lentilles), rendu + contrasté, micro-contraste supérieur (type « moderne »), cellule Cds plus précise, design modernisé |
- PEN S / D / D2 / D3 / FT → utilisables en manuel même avec cellule au sélénium hs (le composant chimique s’use avec le temps, garder le boitier non utilisé dans le noir).
- Les PEN EE / EE-2 / EE-3 → sont auto-expo dépendante de la cellule = inutilisable quand elle meurt (il reste le 1/30 ème de seconde utilisable seulement, bidouillage possible mais pas simple car faut le démonter pour le bloquer à 1/125ème).
Déclin : L’arrivée des compacts 24×36 abordables et des reflex d’entrée de gamme a progressivement mis fin au succès du demi-format. Cela est lié aussi à une baisse de la qualité d’image du demi-format par rapport au plein usage du format 24X36.
Le D3 est une réussite technique, toutefois, il a perdu un peu du charme rétro et du design élégant des premiers Pen avec la cellule autour de l’objectif. Le EE-2, garde cette simplicité irrésistible et un look très “pop” typique de la fin des années 60 avec un rendu des photos classique de cette époque que l’on peut qualifié de « vintage ». L’ennui c’est quand la cellule lâche, il devient quasi inutilisable, donc s’en servir tant qu’il fonctionne, après objet de déco ou démontage et tenter de caler une vitesse d’obturation de 1/125ème de seconde mais délicat à entreprendre.
- Aujourd’hui : → L’Olympus Pen 1ère génération a gardé une certaine aura avec sa cellule autour de l’objectif qui le fait ressembler à un bijou, tout en devenant rétro ; ils font maintenant l’objet de customisation. On redécouvre le plaisir d’obtenir 72 vues sur une pellicules 36 poses ; 48 vues sur un film de 24 poses dans un tout petit boitier mignon et tout automatique. Il peut s’inscrire dans une démarche de recherche du grain argentique, de publication de photos en format vertical ou carré sans la recherche d’une maximisation de la qualité d’image, de la netteté, dans une démarche axée sur le rendu un peu lo-fi, vintage, ancien, polarisée sur l’émotion et le ressenti et aussi profiter d’une expérience photographique spéciale. On peut reprocher le manque de contrôle au niveau de la mise au point, du choix du couple vitesse/diaph, on ne peut que « tricher » sur le réglage des asa. C’est un appareil automatique donc non orienté pour les prises de vues avec des compétences techniques mais vers de la photographie spontanée, la composition et le choix de l’instant, la transportabilité. Il ne s’agira pas d’un appareil principal pour un passionné, c’est un bel objet pour une pratique photo décontractée en argentique.

Pour différencier un appareil automatique d’un autre avec possibilité de réglages manuel, c’est qu’il y ait quelque part sur le boitier la possibilité de régler la fermeture du diaphragme de l’objectif (l’iris) et la vitesse d’obturation (1/30ème de seconde, 1/125ème etc).
La naissance du Pen F
En 1963, Maitani va encore plus loin avec le Pen F, le premier reflex demi-cadre au monde. Il s’agit aussi bien d’une prouesse technique qu’esthétique. Un prisme innovant, qui offre une visée claire sans la bosse proéminente typique des reflex ; un obturateur rotatif unique à 1/1000ème de seconde, une nouvelle monture Pen F avec objectifs interchangeables et une gamme complète d’optiques Zuiko spécifiques. La création du fameux logo “F” doré signature, calligraphié comme un blason, symbole d’élégance. Il n’existe pas en version noir. Le Pen F et ses successeurs : FT avec cellule de mesure de la lumière mais qui assombrie la visée, FV avec un retour sans cellule comme le Pen F, offrent ainsi une véritable expérience reflex en format réduit.
Le boîtier Pen F d’origine arbore un grand “F” gothique doré en façade, c’est le signe distinctif du modèle par rapport aux FT/FV ultérieurs où le blason n’a pas été reproduit.

Achat d’un Pen FT attention …
Les Olympus Pen, Pen F, FT, FV, ce sont des boitiers qui ont de l’âge. Le FT est une version de Pen F avec une cellule cds qui fonctionne en indiquant les EV (Exposure Value – indice de luminosité), nombre à reporter sur l’optique. Ce système assombrit le viseur. Bien qu’entièrement mécanique ils ont tous des pièces sujettes à l’usure avec de l’huile de graissage qui se fige avec le temps, il y a besoin d’un entretien, l’obturateur finit par se bloquer. Les vrais versions FT noires authentiques sont rares. On peut avoir l’idée d’acheter un FT noir directement au Japon sur un site bien connu. Ce sont plus que très souvent des versions chromées repeintes en noir avec même parfois une sous couche d’accroche de la peinture couleur cuivre …Il y a un article sur photothinking avec un Pen FT noir origine. Un noir authentique a une peinture semi-mate non brillante, des nuances couleur laiton (en fait c’est du zamak, un alliage zinc, cuivre) traces d’usage aux angles, le numéro de série gravé dans la masse pas repeint en blanc, un lettrage fin pas rempli de peinture blanche.

Quant aux annonces de vendeurs qui indiquent une révision complète (CLA – clean, Lubricate, Adjust : soit nettoyage, lubrification, réglages), il s’agit très souvent d’un simple nettoyage …

Le terme « CLA » est souvent utilisé — parfois abusivement — par des vendeurs.
Ce que devrait inclure un vrai CLA fait sérieusement, par un technicien compétent :
| Étapes | Description |
|---|---|
| 1. Nettoyage | Démontage du boîtier et nettoyage interne : miroir, rideaux, obturateur, prisme, lentilles du viseur, contacts électriques, molettes, etc. |
| 2. Lubrification | Application de graisses et huiles spécifiques sur les axes mécaniques (pas trop, et pas n’importe où). |
| 3. Réglages mécaniques | Réglage des vitesses d’obturation, de l’avance du film, du mécanisme de miroir, du levier d’armement, etc. |
| 4. Réglages optiques / mesure | Sur les modèles à cellule : recalibrage de l’exposition, nettoyage des capteurs CdS, vérification de la précision du viseur. |
| 5. Contrôle final | Test de toutes les vitesses, du déclencheur, du remontage, du compte-pose, de la synchro flash, etc. |

Au sujet des EV
L’EV (Exposure Value), ou indice de lumination, est un nombre unique qui résume la luminosité d’une scène dit autrement, la combinaison ouverture + vitesse nécessaire pour exposer correctement une photo à une sensibilité donnée. Plus l’EV est élevé plus la scène est lumineuse. Plus l’EV est bas, plus la scène est sombre.
Chaque “+1 EV” = deux fois plus de lumière (par exemple, passer de EV 10 à EV 11 = doubler la lumière). Chaque “–1 EV” = deux fois moins de lumière. C’est une unité logarithmique pour comparer des conditions d’éclairage.
| EV | Condition lumineuse typique | Exemple d’exposition (à 100 ISO) |
|---|---|---|
| 17 | Neige ou sable en plein soleil | f/16 – 1/500 s |
| 16 | Soleil très fort, ciel dégagé | f/16 – 1/125 s |
| 15 | Soleil normal, contraste marqué | f/11 – 1/125 s |
| 14 | Légèrement voilé ou ombre claire | f/8 – 1/125 s |
| 13 | Ciel voilé, ombre ou lumière douce | f/5.6 – 1/125 s |
| 12 | Intérieur bien éclairé ou extérieur gris | f/4 – 1/60 s |
| 11 | Intérieur lumineux ou fin de journée | f/4 – 1/30 s |
| 10 | Crépuscule, rues éclairées | f/2.8 – 1/15 s |
| 9 | Intérieur moyen, éclairage domestique | f/2.8 – 1/8 s |
| 8 | Intérieur faible lumière, vitrine | f/2 – 1/4 s |
| 7 | Scène nocturne éclairée localement | f/2 – 1/2 s |
| 6 | Nuit, lampadaire à distance | f/2 – 1 s |
| 5 | Nuit sans éclairage direct | f/1.4 – 2 s |
| 4 | Rue très sombre ou intérieur tamisé | f/1.4 – 4 s |
| 3 | Clair de lune | f/1.4 – 8 s |
| 2 | Nuit avec faible lumière diffuse | f/1.4 – 15 s |
| 1 | Nuit très noire, peu de sources | f/1.4 – 30 s |
Les limites des Pen F, FT, Fv : vitesse d’obturation maximale de 1/500 seulement (besoin d’un filtre ND en cas de forte luminosité avec pellicule sensible et exposition à ajuster), 1/1000ème sur le seul F sans posemètre intégré, très petit viseur, qualité d’image réduite par le demi-format, limitation de la taille d’agrandissement en tirage papier, pas de cellule posemètre sur les F et Fv, vieillissement des pièces mécaniques, obturateur rotatif semi-circulaire unique qui est fragile, sensibilité au flou de bougé, cellule CdS du FT et Pen qui vieillit mal avec dérive de l’exposition et panne fréquente, Pen FT avec un viseur sombre à cause du miroir semi-transparent ajouté pour la mesure, avec système EV qui n’est pas des plus pratique à utiliser, monture Pen F spécifique pas compatible avec d’autres montures (OM, M42) sans un adaptateur, petit boitier pas adapté aux longues focales.
Points forts des Olympus Pen F / FT/Fv : Design et ergonomie uniques, conçu par Yoshihisa Maitani, le designer des Olympus XA et OM-1. Les F, FT, Fv sont les seuls reflex demi-cadre produit en série au monde. Bel objet, boitier élégant, compact, symétrique, inspiré des télémétriques Leica. Commandes mécaniques précises (surtout sur le F). Très bonnes optiques Pen F Zuiko très compactes (38mm f/1.8, 40mm f/1.4, 60mm f/1.5…). Certaines ont un rendu proche des Zeiss, avec du caractère, du « pop » et des micro-contrastes riches avec une belle compatibilité via adaptateur sur hybrides récents (Sony, Fuji, etc en mode APSC.). Format demi-cadre créatif. 72 photos par film permettant une liberté d’expérimentation, narration séquentielle (paires d’images, diptyques). Format vertical par défaut pour les portraits et compositions modernes (écho aux smartphones actuels). Encourage une économie de geste et une approche méditative. Système d’obturateur original, disque rotatif au lieu de rideaux, très peu de vibrations au déclenchement, bruit sec et feutré à la fois, signature sonore unique. Construction fine avec châssis métallique intégralement usiné, une sensation de densité et de précision dans la main. Version noire particulièrement belle avec l’usure(patine un peu dorée naturelle). Rendu des films grâce aux optiques pour une photographie expressive ou narrative, avec ce côté “cinématographique vintage”. Charme émotionnel, c’est un objet sensoriel, pas seulement un outil. On ressent le mécanisme, le son, la précision du levier, ils incarnent une époque où la miniaturisation rimait avec élégance et intelligence.
Repère des numéros de série des Olympus Pen F, FT et FV — basé sur les relevés de collectionneurs et les registres japonais.
| Modèles | Plage approximative de numéros de série | Année(s) de production | Remarques |
|---|---|---|---|
| Pen F | 100 000 – 230 000 | 1963 – 1966 | Première version, sans cellule. Démarrage au numéro 100 000 sauf des versions de pré-production aux numéros inférieurs. Production totale estimée à environ 250 000 unités. Numéros 100 000 à ~ 130 000 année : 1963 |
| Pen FT | 230 000 – 520 000 | 1966 – 1972 | Ajout de la cellule CdS TTL et du miroir semi-transparent (visée un peu plus sombre). Série version noire dans la tranche haute mais pas exclusivement >330 000. Environ 180 000 unités produites en tout selon les estimations |
| Pen FV | 1200 00 à 140 000 | 1967 – 1970 | Version “simplifiée” sans cellule, visée plus lumineuse, mécaniquement très proche du FT. Le FV a repris une série distincte, probablement en parallèle de la production du FT, destinée à un autre segment de distribution. Pas de modèle en noir. Production estimée à moins de 60 000 unités, ce qui en fait le plus rare des trois. |
Il y en a même qui peuvent finir en pot de fleurs. 🙃

Point important au sujet des Pen EE-2 et autres appareils de ce type à objectif fixe
Ils ne sont pas destinés à faire des photos de très près (proxi photo). L’objectif est fixe, sans possibilité de mise au point ni manuelle ni automatique. C’est ce qui est appelé une mise au point par zone hyperfocale, à f/8 ou f/11, tout ce qui est entre ~1,5 m et l’infini est net. C’est un 28 mm f/3.5 (équivalent env. 40 mm en plein format). La cellule détermine le couple ouverture / vitesse. Le Pen EE-2 est entièrement automatique au niveau du choix diaph/vitesse. il choisit ouverture et vitesse à partir de la lumière mesurée par la cellule au sélénium. La vitesse varie entre 1/40 s et 1/200 et le diaphragme varie entre f/3.5 et f/22. On n’a aucun contrôle direct dessus. Quand la lumière devient faible, la cellule “ordonne” à l’obturateur d’ouvrir au maximum (f/3.5). S’il n’y a pas assez de lumière, alors le déclenchement est empêché, une petite fenêtre rouge apparaît dans le viseur. C’est le signal “trop sombre pour exposer correctement”.Il n’a aucun autofocus ni zone focus variable, il n’utilise pas la cellule au sélénium pour “faire la mise au point”, il gère seulement la lumière (exposition). On ne peut régler que les ASA.
Sur le Pen EE-2, tout ce qui est plus proche qu’environ 1,2 à 1,5 m devient flou. L’objectif est fixé à une distance hyperfocale pour que, à des ouvertures moyennes (f/8 à f/11), la netteté s’étende de ~1,5 m à l’infini. Il est utilisable pour la photo de rue, les voyages, paysages, bâtiments, les photos souvenirs, le documentaire, les portraits à distance moyenne, pas pour les gros plans ni les sujets à moins d’un mètre. En luminosité limite il peut se produire un flou de mouvement ou de bougé avec la vitesse d’obturation de 1/40 ème de seconde. C’est un petit appareil de type « point and shoot », vise et déclenche avec ses limites. Un usage facile destiné à la photo décontractée qui peut être détourné en artistique tendance lo-fi, grain argentique visible, recherche de caractère ancien. Le contraire d’une recherche d’hyper netteté. Point à connaitre pour ne pas être frustré quand on souhaite un contrôle total.
Les autres boitier demi-cadres
Canon Demi, Konica Recorder, Ricoh Auto Half, Fujica Half ce sont des compacts ludiques et souvent très design. Dans les années 1970 avec la démocratisation des appareils 135, le demi-cadre perd de son intérêt économique. Derniers feux années 80-90, avec le Yashica Samurai reflex demi-cadre en forme de caméscope. Le demi-cadre est perçu alors comme un format “cheap”. Toutefois certains artistes y voient un intérêt : double image séquentielle (2 vues côte à côte sur le négatif) qui permettent de faire des diptyques, rendu « vintage » et grain visible, expérimentation créative (narration, juxtapositions).
Héritage et renaissance
Aujourd’hui, les Pen F, Pen FT, Pen Fv, sont des appareils de collection. L’idée du demi-cadre est revenue chez Lomography (Diana Mini, etc.). En numérique, certaines esthétiques imitent le format vertical 3:4 hérité du demi-format (Fuji Half). Le demi-cadre reste un chapitre singulier de l’histoire de la photo, un compromis malin entre économie, compacité et créativité.
En 2024, Pentax a créé l’événement avec le Pentax 17, un nouvel appareil argentique demi-format neuf. Avec un look rétro, une finition soignée et une simplicité d’usage, il rend hommage à cette tradition en proposant à nouveau 72 vues sur une pellicule.

