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Pellicules en voie de disparition

Un recherche des chères disparues et en voie de disparation dans un safari exploratoire argentique, de l’archéologie de la pellicule oubliée, sans toutefois tomber dans la série « panique au labo », du style les pellicules qu’on ne reverra peut-être jamais. Aussi ça peut être « la chasse aux trésors périmés », « le bestiaire des films difficiles à trouver pour les chasseurs-cueilleurs argentiqueux « . Section réservé aux passionnés des pellicules qu’on stocke comme du bon vin. Histoire de remplir le frigo et le congélateur avec un joli stock, dans l’attente d’émotions congelées.

Pourquoi on a tendance à stocker ?

✔️ La peur rationnelle de la disparition : Si je ne le prends pas maintenant, quand j’en trouve, je ne le reverrai jamais… ou à un prix délirant. C’est justifié toutefois pour les films qui deviennent rares comme la ORWO N75, Fuji Pro 400H, etc. On a vu des bobines passer de 6 € à 45 € et bien plus encore… ou devenir introuvables en quelques mois. On est dans l’idée, je préfère acheter si j’en trouve en se disant au pire que « ça se revend », si je ne les utilise pas je les revendrai. Ouep mais il va falloir acheter un congélateur dédié. Toutefois, c’est souvent vrai, surtout pour les films bien stocké au frais et au au sec. Les petits lots de films disparus partent très très vite sur les groupes, forums, ou petites annonces. Il y a une vraie demande soutenue même s’il s’agit d’une niche.

✔️ La projection créative : fréquemment, c’est un jour je ferai un projet super précis avec ce film, j’ai déjà une petite idée. Ce n’est pas une simple envie d’accumuler, c’est une envie de ne pas rater une inspiration future et surtout de se constituer une palette personnelle avec des films de caractère, des films typés et de fait qui deviendront de plus en plus rares.

Précautions lors de l’achat car on est dans l’aléatoire

Les films argentiques, en particulier les expirés, ceux ayant dépassé leur date de péremption depuis longtemps, peuvent produire des résultats imprévisibles et très aléatoires jusqu’à n’obtenir avec aucune photo…. Les émulsions rapides (400 iso et plus) se dégradent beaucoup plus vite avec le temps. Les pertes de sensibilité, contraste anormal, apparition de voile sont fréquents et quasi automatique plus le temps passe, sauf conservation au congélateur.

Les conditions du stockage sont déterminantes, impossible à vérifier lorsqu’on achète un film d’occasion très ancien. Une pellicule conservée en frigo peut rester exploitable très longtemps et encore plus au congélateur. En revanche, si elle a été exposée à la chaleur ou à l’humidité, elle peut être totalement voilée ou complétement inutilisable. Ce sont les variations de températures et l’humidité qui dégradent les émulsions. Après il y a parfois des bonnes surprises, c’est ce qui fait l’intérêt de ce type de pratique photographique et pis ça apprend à accepter les déceptions.

Certains curieux ont pu dérouler des films pour voir comment ils sont ! puis les rembobiner Cette manipulation en pleine lumière les rend inutilisables. La sensibilité réelle peut chuter fortement, un film 400 iso périmé depuis 20 ans peut se comporter comme un 100 iso ou moins. Il n’y a toutefois pas une règle absolue, le mieux est de varier l’exposition pour voir ensuite, c’est pourquoi il est intéressant de trouver des lots, on teste un film et ça donne une idée à quelle iso exposer les autres qui ont été conservés dans les mêmes conditions. Certaines pellicules périmées peuvent donner du … rien du tout, ou seulement des traces de silhouettes fantomatiques. Aussi en général quand on fait de l’expérimental on double les prises de vues en numérique, ou avec un film sûr pour ne pas s’être déplacé pour rien …

Conseils pratiques
  • Attention aux prix très élevés de certaines pellicules anciennes surtout sans aucune connaissance fiable des conditions de conservation, encore plus quand elle est très ancienne. Concernant les périmés dans les 5 ans peu de risques. Les films noir et blanc encaissent mieux le vieillissement que les films couleurs. Toutefois s’attendre à ce qu’il y ait du voile et des pertes de densité dans les tons moyens ainsi qu’un grain très visible.
  • Acheter en connaissance de cause, pour tester, créer des effets artistiques, de l’expérimental, en pleine conscience que le risque fait partie intégrante de l’expérience. La photo expérimentale est une activité à coût de revient élevé.
  • Il est important de doubler les prises de vues, en numérique ou avec un film plus récent, sinon ce sera un découragement, de la déception et un sentiment d’avoir perdu son temps.
  • Prévoir des tests au développement aussi et ajuster l’exposition ou le traitement selon le résultat souhaité.

Un laborantin dit que les pellicules Fuji se conservent mieux dans la durée que les autres marques et que globalement les productions Fuji en argentique sont plus stables au niveau de la qualité stabilité avec une fabrication plus rigoureuse que d’autres…

Décongeler puis recongeler des pellicules (surtout périmées) n’est généralement pas recommandé, sauf si certaines précautions sont strictement respectées.

Il n’est pas conseillé de recongeler une pellicule décongelée

Condensation d’humidité : Lors de la décongélation, si la pellicule n’est pas bien protégée, de la condensation peut se former à l’intérieur de la cartouche ou sur l’émulsion. Cela augmente les risques de moisissures, de gélatine collante, ou d’altération chimique. Cycles de température : chaque passage de froid extrême à température ambiante puis retour au congélateur crée un stress physique et chimique. Cela peut accélérer la dégradation, surtout sur des films couleur sensibles ou anciens. Risque de gondolement ou de délamination : Les anciennes pellicules, en particulier celles déjà périmées, peuvent être déjà plus fragiles mécaniquement. Les variations de température répétées peuvent provoquer des dommages irréversibles (gondolement, craquelures, séparation des couches).

Si vraiment on doit recongeler, le faire avec précaution

Toujours stocker les pellicules dans un sachet hermétique (Ziplock ou sous vide) avec des sachets déshydratants (silice). Ne jamais ouvrir le sachet pendant la décongélation. → Laisser revenir le film à température ambiante pendant 12 à 24h AVANT de l’ouvrir. Si le film a été stocké au frais (réfrigérateur, pas congélateur), le recongeler une seule fois n’est pas dramatique, mais à éviter en série. En pratique : Si on décongèle une pellicule, il faut l’utiliser ou la garder au frigo. Ne recongeler que si elle est encore scellée hermétiquement et n’a pas été exposée à l’humidité. Les pellicules N&B tolèrent un peu mieux ces variations de température que les films couleur.

Les développements sont à faire par soi-même avec ces vieux films, ne pas aller ennuyer un labo pro avec ce type de films que peut-être il n’y aura rien dessus après développement.

Films noir et blanc en voie de disparition

Gevapan 30
  • Type : Film négatif noir et blanc panchromatique
  • Sensibilité : Environ 100 à 125 iso (comme souvent à l’époque, la norme ISO était encore en évolution)
  • Format : Disponible notamment en 120 (moyen format), mais aussi en 127 et 35 mm
  • Fabricant : Gevaert (Belgique), avant la fusion avec Agfa en 1964
  • Rendu : Grain fin, contraste doux.
  • Usage : Pour des rendus subtils au look ancien fin, portraits, natures mortes, photographie artistique. Tirages argentiques avec belle restitution des gris. Maintenant très fort risque d’émulsion dégradée et d’un voile conséquent ou possiblement complétement voilée.
Gevapan 33
  • Type : Film négatif noir et blanc panchromatique
  • Sensibilité : Environ 200 iso (selon les sources et conditions de développement)
  • Format : Disponible en 135 (35 mm), aussi en 120
  • Fabricant : Gevaert (Belgique), avant la fusion avec Agfa en 1964
  • Rendu : Grain moyen à visible, contraste soutenu,
  • Usage : Reportage, photo urbaine, sujets industriels. Films souvent utilisés à l’époque par des photojournalistes européens
  • Remarques : Devient rare, souvent confondu avec le Gevapan 30, réagit bien aux révélateurs à fort pouvoir de contraste (Rodinal, HC-110). Utilisation très risquée car film très ancien.
Kodak Royal-X Pan 1250
  • Type : Film négatif noir et blanc panchromatique
  • Sensibilité : 1250 iso (pouvait être poussée à 3200+)
  • Format : 135 et moyen format. Fabricant : Kodak
  • Rendu : Grain très visible, Contraste élevé
  • Usage : à l’origine pour les reportages, concerts, photo de nuit expressive. à utiliser maintenant en expérimental, pour les scènes urbaines ou sombres, ou usage décalé quand on veut du vieux gros grain classique.
Kodak Verichrome Pan
  • Type : Film noir et blanc panchromatique
  • Sensibilité : 125 iso
  • Format : 120, 620 – Fabricant : Kodak
  • Rendu : Grain doux, très large plage de gris
  • Usage : Paysage, portrait, scènes rurales. Film très tolérant, apprécié pour les développements maison.
Fuji Neopan 400 Presto
  • Type : Film négatif noir et blanc panchromatique
  • Sensibilité : 400 iso
  • Format : 135 – Fabricant : Fujifilm (Japon)
  • Rendu : Grain très fin pour un 400 iso, contraste modéré.
  • Usage : Portraits, reportage, scènes quotidiennes. Très apprécié pour la numérisation.
ORWO N75
  • Type : Film négatif noir et blanc panchromatique
  • Sensibilité : 400 iso (parfois noté 320 iso)
  • Format : 135 et parfois 120 (reconditionné)
  • Fabricant : ORWO (Allemagne /ex RDA)
  • Rendu : Grain très marqué typique (du gros grain de type ancien), contraste soutenu selon le type de développement.
  • Usage : Portraits expressifs, scènes sociales, paysages dramatiques, Pour des ambiances sombres, rétro, abandon, ancien, classique.
  • Remarque : Utilisé historiquement dans les productions cinématographiques est-européennes. Film très typé, à ne pas confondre avec le N74 (plus fin, cinéma pro). Se retrouve sous d’autres noms sans indication de l’origine comme la KIKI Pan 320.

(à suivre car il y en a d’autres)

Films couleur en voie de disparition

⚠️ Attention plus de chimie pour les Kodacolor II et Kodacolor-X
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : Varie selon version (souvent autour de 100 ISO)
  • Procédé de développement : C-22, on peut tenter un C41, s’il y a des photos les couleurs seront aléatoires.
  • Année de lancement : 1972 .
  • Remplacé par : Kodacolor VR, puis Gold, avec passage au procédé C-41 à partir de 1974–75
Plus de chimie pour développer les Kodachrome 25 et 64 iso, the end …
Konica Centuria
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : ISO 100 / 200 / 400
  • Format : 135 – Fabricant : Konica (Japon)
  • Rendu : Couleurs douces et chaleureuses, tons chair flatteurs, dominante rosée.
  • Usage : Portraits, scènes de tous les jours, lumière naturelle. Film au rendu subtil qui était très apprécié pour les souvenirs familiaux. A tester pour les périmés car l’émulsion peut être bien dégradée.
Konica SRG
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : ISO 100 / 200
  • Format : 135 – Fabricant : Konica (Japon)
  • Rendu : Tons chair doux, dominante native légèrement magenta, couleurs chaudes, aspect rétro marqué.
  • Usage : Portraits, photo de rue vintage, ambiances nostalgiques. Très apprécié maintenant pour son rendu distinctif de type années 80–90 si le film a été bien conservé (ça peut être moche aussi).
ScotchColor 100
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : ISO 100
  • Format : 135
  • Fabricant : 3M (États-Unis)
  • Rendu : Colorimétrie instable, très expressive on va dire pour être sympa. Couleurs aléatoires qui peuvent être intenses, contrastes élevés selon l’état de conservation.
  • Usage : Projets expérimentaux. Film à utiliser pour des rendus alternatifs, toutefois très aléatoire car film qui se conserve mal. . . En allumant un cierge peut-être on obtiendra une photo.
  • Particularité point d’attention : Produit par 3M, un industriel plus connu pour ses cassettes VHS que pour ses films photo, vendue parfois sous d’autres marques de distributeurs (génériques, magasins, etc.). Achat risqué car émulsion très sensible aux conditions de stockage, peut encore donner des résultats peut-être, éventuellement intéressants … si on a de la chance. Les films 3M utilisaient une chimie différente de Kodak ou Fuji, plus sensible aux UV et à l’humidité, l’émulsion est instable, la couche de base est en plastique fin plus sujet aux torsions et à l’ondulation avec le temps. Certains lots avaient des qualités déjà très inégales dès leur sortie de l’usine à cause de variabilité dans la fabrication. Dégradations typiques : Dominantes colorées aléatoires (rose, magenta, bleu, vert ou un peu tout à la fois), faible contraste ou au contraire contraste très exagéré, perte de saturation des couleurs, apparition de taches et d’un voile marqué, grain devenu grossier voire granuleux à l’extrême.
ScotchColor 200
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : ISO 200
  • Format : 135
  • Fabricant : 3M (États-Unis)
  • Rendu : Couleurs audacieuses parfois inattendues. Contraste marqué, rendu spécial..
  • Usage : Projets expérimentaux, effets hasardeux. Film très instable au rendu aléatoire encore + en étant périmé.

Scotch Color EXL Plus

  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : ISO 100 / 200 / 400 selon version
  • Format : 135 (35 mm)
  • Fabricant : 3M (États-Unis), années 1980-90
  • Rendu : Couleurs saturées, parfois déroutantes, dominantes imprévisibles selon le vieillissement, faut croiser les doigts.
  • Usage : Projets expérimentaux si on cherche un look rétro vintage non reproductible.
Fuji Press 800
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : 800 iso
  • Format : 135
  • Fabricant : Fujifilm (Japon)
  • Rendu : Couleurs froides légèrement désaturées. Bon comportement en basse lumière
  • Usage : Street photo nocturne, ambiance urbaine vintage, atmosphères mélancoliques, recherche de grain.
Agfa Vista 100 (ancienne version)
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : ISO 100
  • Format : 135
  • Fabricant : Agfa (Allemagne) notée Made in Germany
  • Rendu : Couleurs saturées mais équilibrées, dominante légèrement chaude.
  • Usage : à l’époque conseillée pour les voyage, paysages, maintenant photo de rue en journée. Appréciée pour son rendu vif sans excès, si bien conservée …

⚠️ Attention avec les Agfa, vers la fin de la production Agfa originale, la marque est reprise par une société indépendante après la faillite de l’activité photo grand public en 2004 sous dénomination AgfaPhoto. Les pellicules Vista ont ensuite été fabriquées par Fuji, sous emballage AgfaPhoto. Le fournisseur de l’émulsion a pu varier selon les périodes et les formats (35 mm, 120, etc.). Par exemple la Vista Plus 200 d’après 2004 (date de péremption au delà) était en réalité de la Fuji C200 rebadgé. Pour s’y retrouver les dates de péremption notées sur les boites sont en général 24 à 36 mois après la date de fabrication.

Agfa Vista 200

Type : Film négatif couleur
Sensibilité : ISO 200 – Format : 135
Fabricant : Agfa (Allemagne) jusqu’en 2004, puis sous-traitée (Fuji) pour AgfaPhoto – Particularité : À ne pas confondre avec la version rebadgée par Fujifilm. La version « originale » est plus expressive avec un rendu spécifique différent que les films Fuji. Couleurs assez saturées mais équilibrées, dominante légèrement chaude, bon contraste, grain assez marqué pour une pellicule de 200 iso, surtout visible dans les aplats et le ciel, cela fait partie de son charme, ce n’est pas un film réputé pour sa finesse. Tons chair agréables, verts naturels, rouges un peu denses. Version Fuji un peu plus froide que l’originale Agfa. Usage : à l’époque recommandée pour les voyages, paysages, scènes de vacances. Aujourd’hui : utilisée en photo de rue, ambiance urbaine, cadrages colorés, expérimental. Appréciée pour son rendu vif sans excès, à condition d’avoir été bien conservée, recherchée aujourd’hui pour son rendu nostalgique, très distinct des Kodak et Fuji. La version post-2005 est très proche de la Fuji C200. La version originale Agfa (pré-2004 jusque 2007 environ selon date de péremption en général de 3 ans), devient rare, elle a un rendu un peu plus chaud et doux avec un grain visible.💡 On reconnaît les origines via le code DX et les inscriptions sur la cartouche et la boite d’emballage : Made in Germany ou marquées « Made in Japan » ou pas de mention pour les Fuji. AgfaPhoto de noté et non uniquement Agfa pour la version Agfa-Gevaert.

Ferrania Solaris
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : ISO 100 / 200 / 400
  • Format : 135
  • Fabricant : Ferrania (Italie)
  • Rendu : Colorimétrie très originale, souvent imprévisible. Tons chauds avec une certaine dominante rouge.
  • Usage : Projets créatifs, photographie expérimentale. Ambiances ludiques ou vintage assumées.
Fuji Super G 100 / 200
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : ISO 100 / 200
  • Format : 135
  • Fabricant : Fujifilm (Japon)
  • Rendu : Couleurs nettes et naturelles à l’origine. Bonne saturation, tons chair agréables
  • Usage : à l’époque pour la photographie de vacances, de la vie quotidienne. Très bonne stabilité à l’exposition. Dominantes magenta/vert en général pour les films Fuji périmés.
Kodak Ektar 1000
  • Type : Film négatif couleur haute sensibilité
  • Sensibilité : ISO 1000, Format : 135, Rendu : Saturation intense, contraste fort
  • Usage : Conditions de lumière faible, urbain décalé de jour, scènes apocalyptiques, photographie de nuit, scène en intérieur. A très probablement perdu beaucoup de sa sensibilité native, s’attendre à un grain conséquent et des couleurs qui ont vrillées. Très rare aujourd’hui. Film capricieux au scan, style très typé années 80–90, utilisé parfois pour des projets à l’esthétique “néon” ou pour recréer un look type cassette VHS.
AGFA COLOR CNS 80
  • Type : Film négatif couleur
  • Sensibilité : 80 iso (ou 80 asa selon l’ancienne norme)
  • Format : 120 (moyen format)
  • Procédé de développement : processus Agfa CNS ancien, aujourd’hui éteint. Se tente au C41. Dans les années 60–70, Agfa utilisait des procédés couleur maison (CNS, CN-17, etc.), À partir de la fin des années 70, début des années 80, Agfa a progressivement adopté le procédé C-41 pour ses « nouveaux » films négatifs couleur. Il y a eu une période de transition, et certains films anciens ont été vendus encore quelques années même après que C-41 soit devenu le standard.
  • Fabricant : Agfa-Gevaert (Allemagne)

Concernant les anciens films Agfa en négatif Agfacolor (pas les CNS diapo) : Couleurs douces, un peu pastel, faible saturation, pour des scènes calmes avec un effet rétro, grain fin, belle finesse avec un rendu typé années 70, contraste généralement modéré. Va probablement virer au magenta ou au jaune avec l’âge (selon conservation). Précautions : Ce film est extrêmement périmé aujourd’hui : il date souvent des années 70 ou début 80. Le développement moderne type C-41 peut fonctionner, mais avec un fort risque de décoloration ou de teinte avec dominante. L’émulsion peut avoir perdu beaucoup de sa sensibilité à exposer à 50iso, 25 iso et 12 iso pour trouver la bonne exposition. À utiliser pour : Expérimentation, projets vintage, effets visuels. ex Périmée en 1982 — ce qu’il faut savoir : si bien conservée (peu probable), rendu très doux et pastel, recherché dans certaines approches esthétiques. Format 120 soit belle surface de négatif, donc scannabilité et détails supérieurs au 135. Risques forts : Couche couleur probablement très abîmée, virages chromatiques, perte de contraste, teinte dominante (magenta ou verdâtre jaune fréquents), Sensibilité fortement réduite, grain accentué, support potentiellement déformé. Développement en C-41, avec résultat imprévisible. A scanner en négatif noir et blanc si les couches couleurs sont trop altérées. Pour minimiser la déception, faire des photos simples, à la lumière douce pour tester, les scènes trop sombres ou trop contrastées sont à éviter.

Faire un développement long en C41 à 20 degrés (comme en noir et blanc stand dev) ne semble pas une bonne idée car cela risque de détruire les couleurs. En C-41, l’essentiel de la réaction sur les couches couleur, se joue très tôt dans le révélateur couleur, et à une température précise. La couleur dépend de réactions couplées (révélateur + coupleurs de colorants), ces réactions sont température-dépendantes et calibrées pour 38 °C, si on rate la fenêtre de réaction (température trop basse / cinétique trop lente), les colorants ne se forment pas correctement. À 20 °C + long temps cela donnera du quasi N&B à cause des couches couleurs incomplètes, la majorité du contraste utile se met en place dans les premières minutes à 38 °C.

Kodak Supra 400
  • Type : Film négatif couleur professionnel, Sensibilité : ISO 400, Format : 135 et 120, Rendu : Tons chair très flatteurs, rendu doux sans excès de saturation, grain fin pour un 400 ISO, encore plus en moyen format, palette chaleureuse assez fidèle à la réalité, colorimétrie pensée pour le portrait et les scènes humaines. Usage : Portraits, mariages, photo sociale, très apprécié par les photographes pros de studio et reportage à l’époque. Particularités : Ancêtre direct des Kodak Portra 400 NC (Neutral Color). Aujourd’hui très recherché.
Kodak Supra 800

Particularité : Disparu au début des années 2000, très apprécié des photographes de mariage à l’époque pour sa bonne gestion des basses lumières sans virer au jaune. Type : Film négatif couleur professionnel Sensibilité : ISO 800 Format : 135 Rendu : Tons chair très naturels (ancêtre de la Portra), couleurs équilibrées, pas aussi saturées que les Gold ou Ekta, grain fin pour une 800 ISO, notamment en lumière douce. Couleurs plus neutres que les films grand public haute sensibilité. Très légère dominante chaude, moins qu’un Gold 800. Usage : Portraits en lumière ambiante, scènes de soirée, photo sociale. Reportage en basse lumière, scènes de rue nocturnes, événements intérieurs. Particularités : devient rare. Un excellent film pro pour une colorimétrie sobre et fiable à l’origine, à voir en périmé depuis longtemps…

Il y a des pellicules très intéressantes, très typées, pour des photos expressives dans une démarche photographique expérimentale.

Les films au caractère très marqué

Cette partie met en avant les films qui ont un rendu très typé, loin de la neutralité technique comme des couleurs le plus juste possible, peu de grain, de la stabilité dans le rendu (anciens ou pas forcément encore disparus car reconditionnés à partir de bobines de films spécialisés, à production limitée) . Leur intérêt tient à leur personnalité visuelle, souvent recherchée pour des travaux artistiques particuliers.

Tasma Aerial Type 42L
  • Type : Film noir et blanc de surveillance aérienne
  • Sensibilité nominale : ISO 1300 (norme GOST soviétique, soit environ 1600iso)
  • Sensibilité photo recommandée : 200 ou 400 iso ou 800 iso (selon le rendu recherché)
  • Format : Film en vrac 35 mm vendu reconditionné en cartouches 135 ou 120
  • Fabricant : Tasma (Russie)

Rendu & caractéristiques : Grain très-fin, comparable aux films microfilm, contraste très élevé si développé en mode classique, faible latitude d’exposition, émulsion très fine pas facile à mettre en spire (attention au traitement mécanique ou aux rayures). (Il y en a en ce moment chez Marinette)Développement : Rodinal dilué Stand Dev 1+100 – 1h00 – 20°C, Perceptol, Studional. Usage : Graphisme urbain, ambiance « affiche », haut contraste. Peut produire un look surréaliste ou gothique si bien contrôlé. Film pour photographe expérimenté ou expérimentateur.

ORWO N75
  • Type : Négatif N&B panchromatique, 400 iso parfois noté 320 iso.
  • Caractère : Grain marqué, contraste fort, rendu dramatique, nostalgique, ancien.
  • Notes : Film cinéma de l’ex-RDA, utilisé dans des productions est-européennes. Très reconnaissable par son grain très typique et son aspect ancienne école au rendu brut.
Kodak Ektar 1000
  • Type : Couleur négatif, 1000 iso
  • Caractère : Saturation vive, contraste élevé, grain visible et très marqué.
  • Notes : Pour scènes urbaines à fort impact visuel. Très périmé de nos jours donc rendu très aléatoire, prévoir qu’il y ait un voile important et du grain bien visible …
Ferrania Solaris
  • Type : Couleur négatif, ISO variable
  • Caractère : Tons rouge-orangé, rendu ludique voire étrange
  • Notes : Excellent pour les créations alternatives ou les projets DIY
Fuji Press 800
  • Type : Couleur négatif, ISO 800
  • Caractère : Ambiances bleutées froides, grain brut, rendu nostalgique
  • Notes : Pour la rue ou les scènes nocturnes en lumière mixte.

Comment développer des films dont la chimie a disparu ?

⚠️ = développement maison sans garantie du résultat qui peut être aléatoire.

Processus C22 à remplacer par le C41 en kit

Le processus C22 a été utilisé jusque vers 1974, principalement pour les pellicules Kodacolor, Verichrome, Agfa couleur et d’autres marques de distributeurs avec une température de développement de 23°C. Il est normalement incompatible avec le processus C-41 qui est à 38°C car la gélatine des films C-22 fond à température élevée, les couplants chimiques ne sont pas faits pour les bains C41. Certains photographes tentent un développement « de la dernière chance » avec du C-41 à basse température, notamment à 20°C, avec un temps long (20 à 30 minutes) pour obtenir des photos en mode dégradé, pour les scanner ensuite.

Résultats : généralement un fort voile magenta, vert ou rouge avec une perte de contraste, des couleurs très délavées, parfois irréalistes, parfois absentes (noir et blanc), des photos apparentes très faibles, nécessitant un scan avec beaucoup de post-traitement, Possible aussi qu’il n’y ait rien, si le film est trop dégradé.

ÉtapesProduit (C-41)TempératureDurée recommandéeRemarques
Pré-bain (optionnel)Eau 20 °C1 à 5 minutesPour éviter un choc thermique, surtout sur film très vieux
Développement couleurDéveloppeur C-4120 °C20 à 30 minAgitation douce. Image très faible, à scanner. Inversion des couleurs possible.
Rinçage intermédiaireEau 20 °C1 minFacultatif mais conseillé
Blix (ou Blanchisseur + Fixateur)Blix C-4120 °C10 min (ou plus)Vérifier que les photos sont visibles, prolonger si nécessaire
Rinçage finalEau tiède 20–25 °C2 à 3 minÉvite les traces
Stabilisation (si incluse, selon le type de kit)Bain stabilisant C-4120 °C1 minPour archivage
SéchageAir sec, à l’ombre1à 2 hNe surtout pas chauffer car émulsion fragile
Cas des Kodachrome

Qui sont une catégorie très particulière de films diapos au procédé spécial K-14 abandonné. Un développement en noir et blanc est possible… mais avec de fortes limites car on n’obtient que l’image noire et blanche du négatif d’argent non coloré. Les films Kodachrome n’ont aucun colorant dans l’émulsion, les couleurs étaient formées chimiquement lors du développement, via des bains successifs dans des colorants couplés. Donc quand on développe en noir et blanc, on n’obtient que la photo argentique uniquement en niveaux de gris, issue du premier développement, non prévu pour être visible seul. Résultat :photo très faible, très plate, car les couches de Kodachrome bloquent la lumière au scan, contraste très faible, surtout si le film est périmé mal stocké. Il faut réhausser très fortement numériquement. Il y aura possiblement des traces colorées résiduelles de la couche de l’émulsion (jaune/orange) qui perturbent la lisibilité.

ÉtapesProduitDurée / TempératureRemarques
DéveloppementRévélateur B&W à expérimenter, il y a 2 écoles soit du Rodinal 1+100, D-76 1+1 ou des révélateurs énergique de type Microphen ou Rodinal 1+2520°C / 15 à 20 minAgitation douce
RinçageEau2 min
FixateurFixateur standard B&W5 à 10 minPour éliminer les sels d’argent non révélés
Lavage final + agent mouillantEau + liquide vaisselle une goutte5 à 10 minSéchage sans trace

Kodachrome n’a pas été conçu pour être développé en noir et blanc. Il possède 3 couches très denses, très épaisses, chacune sensible à une couleur primaire et aussi une structure anti-halo assez opaque, des couches colorées de l’émulsion même après développement, qui peuvent voiler les photos. Donc, il faut un compromis soit un révélateur assez énergique pour traverser les couches et créer des photos exploitables, mais pas trop brutal non plus, sinon on obtient une bouillie argentique sans détail.

RévélateurDilutionAvantagesInconvénients
MicrophenStock ou 1+1Révélateur énergique mais doux, normalement donne un bon contraste, bon pour films lentsPeut manquer un peu de punch sur film très vieux
Rodinal1+25Très énergique, fort contraste, donne une bonne séparation des détailsGrain dur et photo très type « sauvée », peu nuancée
Rodinal1+100Rendu possiblement plus douxRisque de photos très faibles avec trop peu de densité
Ilford ID-111+1 ou 1+0Polyvalent, a priori bon contraste et densitéPlus classique, sans caractère spécifique
HC-110Dilution BTrès utilisé pour sauver des films très anciensPeut manquer de finesse, risque de photos plates (grises)

Pour un Kodachrome forcément périmé :

  • Rodinal 1+25 : bonne idée si on veut « forcer l’image » surtout si elle est très faible → mais du grain, des bords durs, un rendu de type sauvetage, c’est souvent mieux que rien du tout …
  • Microphen : Choix de compromis si on veut maximiser les tons moyens tout en gardant du contraste.
  • Rodinal 1+100 : à réserver si on sait que la pellicule a été stockée au frais — sinon fort risque de ne rien voir car développement trop faible.

Il n’y a plus qu’à expérimenter sans garantie de résultat probant, car cela va dépendre du comment le film a été stocké.

Quelques marques – repères historiques

Gevaert

  • Fabricant belge historique, actif depuis le XIXe siècle. A fusionné avec Agfa en 1964 pour former Agfa-Gevaert. Produisait des films N&B comme les Gevapan 30 et Gevapan 33, reconnus à leur époque pour leur subtilité des tons et leur finesse.
AGFA
ÉpoqueÉvénementsDétails
1867Création d’AgfaSociété chimique allemande
1936Agfacolor Neu1er film couleur moderne
1964Fusion avec GevaertDevient Agfa-Gevaert (Belgique)
1964Création d’ORWOWolfen devient entité est-allemande
Années 80-90Vista, Optima, UltraFilms couleur populaires
2004Fin d’Agfa Agfa cesse la photo grand public
2004+AgfaPhoto (marque)Films rebadgés Fuji / autres fabricants
Aujourd’huiAgfa-GevaertAxée sur l’imagerie pro, pas de films

Origine : Agfa (Aktien-Gesellschaft für Anilinfabrikation) est fondée en 1867 à Berlin comme entreprise chimique, puis se spécialise dans les matériaux photographiques au début du XXe siècle. À partir des années 1930, Agfa devient l’un des grands noms de la photographie, à l’instar de Kodak ou Fuji.

Fusion avec Gevaert : En 1964, Agfa fusionne avec la société belge Gevaert Photo-Producten N.V., spécialisée dans les produits photographiques. Cela donne naissance à Agfa-Gevaert, basé en Belgique, avec une production conjointe de films photo, papiers, chimies, etc. Cette fusion permet à Agfa de renforcer sa présence en Europe et de concurrencer Kodak plus efficacement.

Films emblématiques d’Agfa : Agfacolor films couleur négatif ou inversible introduits dès les années 1930-40. Agfacolor Neu (1936) est le premier film couleur moderne. Agfa Optima série de pellicules couleur négatifs pour usage quotidien, concurrente de la Kodak Gold. Agfa Ultra film couleur très saturé, rivalisant avec la Fuji Velvia sur le segment « couleur punchy ». Apprécié pour des effets créatifs, rare aujourd’hui. Agfa Vista série très populaire dans les années 1990-2000. Versions : Vista, Vista Plus, Vista 100, Vista 200, Vista 400, destinée au grand public (supermarchés, marques distributeurs). Appréciées pour ses couleurs neutres et naturelles. Changement de fabrication de la Vista : Vers la fin de la production Agfa originale, la marque AgfaPhoto est reprise par une société indépendante après la faillite de l’activité photo grand public en 2004. Les pellicules Vista ont ensuite été fabriquées par Fuji, sous emballage AgfaPhoto.

Crise et transformation d’Agfa : 2004 : Agfa-Gevaert cesse sa production de pellicules photo grand public. Création de AgfaPhoto GmbH, marque exploitée séparément pour le marché de masse, via des sous-traitants (Fuji, parfois Ferrania pour certains lots). Agfa-Gevaert se recentre sur l’imagerie médicale, l’impression industrielle et les technologies numériques.

Orwo et la « seconde Agfa » d’Allemagne de l’Est : Après la Seconde Guerre mondiale, Agfa est scindée à cause de la division de l’Allemagne : Agfa Leverkusen en Allemagne de l’Ouest. Agfa Wolfen en Allemagne de l’Est, qui devient ORWO (pour « Original Wolfen »). Orwo (VEB Filmfabrik Wolfen) : Marque indépendante dès 1964, produisant ses propres pellicules noir et blanc et couleur. Techniques initialement basées sur celles d’Agfa d’avant-guerre, puisque l’usine de Wolfen était l’origine du film Agfacolor Neu. Orwo n’est pas un sous-traitant d’Agfa, mais plutôt une scission issue de l’histoire partagée de l’usine de Wolfen. On peut parler de « branche est-allemande historique », mais Orwo est une entité distincte depuis les années 60.

Marque Agfa aujourd’hui : Agfa-Gevaert continue d’exister, mais ne produit plus de pellicules photo. La marque AgfaPhoto a été rachetée par d’autres sociétés pour du rebranding : Certains films récents estampillés AgfaPhoto sont en réalité produits par d’autres fabricants (Fuji, parfois Lucky ou même reconditionnés à partir de stocks divers).

Ferrania

  • Marque emblématique italienne. Produisait des films couleur négatifs et diapositives (Solaris, Ferraniacolor). Relancée récemment sous forme artisanale avec des stocks limités et des difficultés de fonctionnement.

ORWO

  • Marque est-allemande issue de la scission d’Agfa après la Seconde Guerre mondiale. Très utilisée dans le cinéma d’Europe de l’Est. Films comme les N74 et N75 encore trouvables sous forme reconditionnée.

Konica (Japon)

  • Très populaire dans les années 80–90 avec des films couleur typés comme le Konica SRG. Fusionnée avec Minolta puis absorbée dans le groupe Sony. Plus de production argentique depuis.

3M / ScotchColor (USA)

  • A produit brièvement des films couleur dans les années 80. Réputés pour leur rendu très particulier et pas très… stable, aujourd’hui recherchés pour les rendus expérimentaux.

Efke (Croatie, ex-Yougoslavie)

  • Spécialiste des films noir et blanc à l’ancienne (type ADOX). Fins, doux, grande gamme tonale mais sensibles au traitement. Fermée dans les années 2010.

Forte (Hongrie)

  • Fournisseur de films noir et blanc économiques au rendu classique. Grande variété de papiers barytés également. Disparue dans les années 2000.

Films ex soviétiques (Svema, Tasma…)

  • Rendus très typés, souvent granuleux et contrastés. Films périmés encore en circulation, très utilisés dans les démarches alternatives ou lomographiques.


2 commentaires sur “Pellicules en voie de disparition”

  1. Retour de ping : Point noir, point banc courbe des tonalités – pratique.photo

  2. Retour de ping : Utiliser des films périmés – pratique.photo

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