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Tous influencés ?

L’influence des tendances actuelles en matière de photographie est omniprésente de part la diffusion massive. Elle peut subtilement guider les choix esthétiques, techniques, et conceptuels des photographes, même pour ceux qui cherchent à préserver une démarche artistique personnelle. Ces tendances peuvent impacter leur travail et celui des autres, souvent de manière inconsciente.

Les tendances esthétiques populaires

Les modes visuelles changent rapidement en photographie. Des effets comme le minimalisme, les tons pastel, l’esthétique « vintage » ou l’usage de filtres rétro sont régulièrement en vogue. Sans s’en rendre compte, beaucoup de photographes s’alignent sur ces styles parce qu’ils sont omniprésents sur les réseaux sociaux, dans les magazines ou les expositions. Lorsque l’on voit ces tendances fréquemment, elles finissent par influencer les choix créatifs, notamment dans la composition, l’éclairage, ou les couleurs.

L’influence des médias

Instagram, Pinterest, et les autres réseaux sociaux servent de vitrines pour certaines pratiques photographiques contemporaines. Les photos avec le plus de succès tendent à établir des normes visuelles que de nombreux photographes suivent inconsciemment pour attirer des « j’aime », des « followers » ou des commandes. La recherche de validation et de reconnaissance sociales peut pousser à reproduire des photos qui correspondent aux attentes actuelles, plutôt que d’explorer des visions plus personnelles ou innovantes et au final de tomber dans une forme de conformisme de ce qui plait facilement et rapidement. On peut tout à fait pratiquer la photographie sans être sur des réseaux sociaux spécifiques, enfermés dans une contrainte de publier quasi tous les jours dans un jeu d’apparence et une course sans fin à une performance basée sur la production massive avec parfois un ressenti comme de faire ça pour clamer t’as vu comme je suis bon car j’ai des likes, mais ces likes ne se transforment pas en achat, ni forcément en reconnaissance artistique. Cela peut même mener à une addiction de course aux « j’aime », en oubliant le travail de recul et de recherches personnelles dans son pourquoi photographier, en tombant dans une forme de logorrhée photographique.

Effet de mimétisme avec les photographes reconnus

Les photographes célèbres ou influents, qu’ils soient des artistes ou des professionnels commerciaux, fixent des standards. Leurs styles, méthodes de post-production, le choix de sujets, créent des modèles que d’autres suivent pour se rapprocher de cette reconnaissance ou de ce succès. Ce mimétisme, souvent inconscient, peut étouffer l’originalité et renforcer les conventions visuelles du moment.

L’influence des tendances techniques

Les innovations technologiques (nouveaux objectifs, appareils photo haute résolution, drones, logiciels de retouche) peuvent influencer la manière dont les photographes travaillent. Par exemple, l’engouement pour les photos réalisées avec des drones ou des prises de vues ultra grand-angle a fortement marqué la photographie ces dernières années. L’accès à ces technologies peut orienter les photographes à explorer certains types d’images simplement parce qu’elles sont techniquement possibles et populaires.

Les concepts en vogue dans l’art et la culture

Les courants sociaux, politiques et culturels impactent également la photographie. Par exemple, les mouvements de décolonisation, féminisme, écologie, inclusivité, influencent les thèmes abordés par de nombreux photographes aujourd’hui. Si ces idées sont récurrentes, leur popularité peut pousser les photographes à les intégrer, parfois par conformisme ou pour répondre aux attentes du marché, sans pour autant que cela corresponde à leur véritable vision.

La pression des attentes commerciales

Dans la photographie commerciale (mode, publicité, mariage, etc.), les clients suivent souvent les tendances visuelles populaires. Ils ont envie d’un style déjà vu auparavant. En conséquence, les photographes peuvent se sentir obligés de répondre à ces attentes pour être choisis. Cette pression peut pousser à reproduire des styles en vogue pour s’assurer que leur travail soit « vendable », au détriment d’une forte originalité potentiellement plus risquée.

Le rôle des écoles et des institutions artistiques

Les écoles de photographie, les festivals et les galeries peuvent aussi jouer un rôle dans la diffusion des tendances. En mettant en avant certaines esthétiques, techniques ou artistes, ils participent à la création de normes que les photographes en début de carrière ou en quête de légitimité suivent souvent pour être acceptés dans ces circuits.

L’influence des algorithmes

Sur les réseaux sociaux, les algorithmes favorisent les contenus qui obtiennent le plus d’interactions. Cela peut créer un cercle vicieux où les photographes ajustent leur production pour correspondre aux types d’images qui « fonctionnent » et sont populaires, reproduisant ainsi les tendances dominantes. En conséquence, les photographes peuvent être poussés à créer pour les algorithmes plutôt que pour leur vision artistique.

Comment reconnaître et se libérer de ces influences ?

Même en étant conscient de ces influences, il est difficile de s’en défaire complètement, quelques pistes existent pour y parvenir en gardant une certaine authenticité dans son travail :

  • Prendre du recul sur les tendances : Se questionner régulièrement sur ce qui guide ses choix photographiques. Est-ce que ce style, ce thème ou cette technique me correspond réellement, ou est-ce simplement ce que je vois partout autour de toi ? Analyser sa production est une solution pour tenter de se détacher de ce que font les autres pour explorer ce qui résonne vraiment avec son soi.
  • Développer une voie photographique unique : Cultiver son propre style demande du temps et une réflexion constante pour se détacher des tendances en expérimentant avec différentes approches jusqu’à trouver une voie personnelle. L’authenticité et l’originalité émergent souvent d’une démarche de recherche singulière plutôt que de la conformité à ce qui est facilement populaire.
  • Réduire son exposition aux réseaux sociaux : Limiter le temps passé à consommer des images en ligne peut aider à se distancer des influences visuelles des autres. Aussi se laisser plutôt inspirer par d’autres formes d’art (peinture, cinéma, littérature) ou des expériences personnelles pour nourrir son travail au lieu de se conformer aux tendances du moment.
  • Faire en dehors des attentes commerciales : Si possible, prendre le temps de travailler sur des projets personnels, sans les contraintes des attentes commerciales ou des modes actuelles. Cela permet d’explorer sa créativité de manière plus authentique.

En étant conscient des influences, il est possible de trouver un équilibre entre s’inspirer des tendances (qui peuvent être stimulantes) et préserver une identité photographique distincte.

Au niveau des achats, sommes nous tous influencé ?

A des degrés divers, nous sommes tous influencés par la publicité et le marketing. Ces deux domaines sont conçus pour capter notre attention, éveiller nos émotions, orienter nos comportements, souvent de manière subtile et inconsciente. Comment et pourquoi cette influence se manifeste ?

– L’appel aux émotions

Les publicités utilisent souvent des émotions (peur, nostalgie, désir, joie) pour créer une connexion avec le public. Par exemple, les marques associent leurs produits à des sentiments positifs (comme le bonheur ou l’accomplissement) ou rassurants pour inciter les consommateurs à acheter. Même si l’on est conscient de cette stratégie, nos émotions peuvent quand même nous guider vers ces produits.

– Le recours aux biais cognitifs

Les publicités et le marketing exploitent souvent des biais cognitifs, comme le biais de confirmation (chercher des informations qui confirment nos croyances) ou l’effet de rareté (penser qu’un produit est plus désirable lorsqu’il est en édition limitée) ou bénéficie d’une soudaine baisse de prix. Ces biais peuvent nous pousser à acheter des produits ou à adopter des comportements sans réflexion critique approfondie.

– L’influence subtile des marques dans le quotidien

Les stratégies de branding (création d’une image de marque positive) cherchent à ancrer une marque dans la vie quotidienne des gens, à travers des logos, des slogans mémorisables, des jingles répétés. Avec le temps, cela peut entraîner une préférence subconsciente, même si l’on ne s’en rend pas compte.

– La publicité omniprésente

La publicité est partout : à la télévision, sur internet, dans les rues, et même dans les contenus que nous consommons via les réseaux sociaux ou les films. Cette exposition constante nous rend plus réceptifs aux messages publicitaires, même lorsque nous ne sommes pas en mode « acheteur ». Par exemple, nous pouvons finir par choisir un produit en magasin simplement parce que nous avons vu sa publicité plusieurs fois, sans réfléchir à pourquoi nous le faisons car il a déclenché un désir et une connaissance du nom du produit.

– Le ciblage personnalisé et les données comportementales

Grâce aux algorithmes et aux données collectées en ligne, la publicité est de plus en plus personnalisée. En fonction de nos recherches, achats, interactions sur internet, des publicités spécifiques nous sont proposées, parfois au moment même où nous en avons besoin ou simplement envie. Cela renforce la probabilité que nous soyons influencés, car ces publicités semblent répondre exactement à nos attentes du moment.

– La pression sociale et l’influence des tendances

Le marketing tire également parti de la pression sociale et des tendances. Voir nos pairs utiliser un produit ou suivre une mode peut nous inciter à faire de même pour éviter de « rater » quelque chose, dans l’envie d’avoir ce qui se fait de mieux, ou pour s’intégrer dans un groupe par mimétisme. Cela est particulièrement vrai sur les réseaux sociaux, où les influenceurs jouent un rôle de relais marketing puissant.

– La création de besoins

Le marketing sait très bien créer des besoins ou des désirs là où il n’y en avait pas initialement. Par exemple, des produits que nous ne pensions pas nécessaires peuvent soudainement sembler indispensables après avoir été exposés à une publicité convaincante et répétitive, qui en vante les bénéfices ou crée un sentiment d’urgence.

– L’effet d’habituation et de normalisation

En voyant sans cesse certains types de publicité, nous finissons par normaliser certaines idées, modes de vie ou comportements, même si nous n’y adhérions pas forcément au départ. Cela peut influencer nos choix d’achat ou nos opinions sur des produits et services.

Comment réduire l’influence de la publicité ?

Bien qu’il soit difficile d’échapper totalement à l’influence de la publicité, il est possible de prendre des mesures pour la minimiser :

  • Prendre conscience des techniques de marketing : En comprenant comment les publicités jouent sur nos émotions et nos biais, il est plus facile de prendre du recul.
  • Limiter l’exposition : Réduire son temps passé à regarder les télévisions, sur les réseaux sociaux, installer des bloqueurs de publicités, choisir soi-même une variété de contenus à regarder et à lire.
  • Pratiquer la réflexion critique : Se poser des questions avant d’acheter un produit, comme « Ai-je vraiment besoin de cela ? » ou alors « est-ce que je suis influencé par la marque ou les tendances ? », « Est-ce un réel besoin ou un simple désir passager ? ».
  • S’informer sur les produits et prendre son temps : Comparer plusieurs options, lire des avis avant d’acheter permet de faire des choix plus éclairés. Attendre le lendemain ou quelques jours avant de lancer un achat avec un coût important.

Même si nous sommes tous influencés par la publicité et le marketing, la clé réside dans la conscience et à mettre en action son esprit critique pour faire face à ces influences.

Comment se rendre compte du niveau d’influence ?

De manière générale, reconnaître que l’on est influencé peut être difficile, car ces influences sont souvent intégrées dans nos habitudes de pensée et de comportement. Pour identifier si l’on est sous l’influence d’une idée, d’une personne ou d’une tendance extérieure il existe des signes :

  • Changement soudain d’opinion ou de comportement : Si l’on remarque que notre opinion ou comportement a radicalement changé sans raison claire ou profonde, il est possible qu’il s’agisse d’influence. Parfois, ces changements peuvent être causés par des personnes ou des campagnes d’influence répétées plutôt que par une réflexion personnelle profonde et active.
  • Absence de réflexion critique : Si l’on adopte des idées ou des points de vue sans vraiment les questionner, les évaluer, cela peut indiquer une influence extérieure. Comme par exemple se conformer et utiliser le langage de médias dominants ou céder à des arguments d’autorité pour se conformer passivement. Si l’on suit un groupe ou des figures d’autorité sans jamais remettre en question, analyser, évaluer les idées répétées en boucle, cela peut signaler une influence non consciente.
  • Pression sociale ou émotionnelle : Lorsque l’on se sens poussé à agir d’une certaine manière pour plaire aux autres, éviter le rejet, se conformer à une norme sociale, répondre par des actes à des arguments d’autorité, nous pouvons être sous influence. Cette pression peut être subtile ou forte, par exemple dans les tendances de consommation, les choix de vie, les opinions sur des sujets sociaux. Un signe d’alerte peut être l’identification de la mise en oeuvre d’une culpabilisation qui est un des signes fort de manipulation.
  • Incohérence avec ses valeurs profondes : Si l’on se rend compte que certaines de ses propres actions ou décisions récentes ne correspondent pas à ses valeurs ou croyances habituelles, il est fort possible d’être sous influence extérieure, pouvant même mener à être en conflit de loyauté envers soi-même.
  • Influence des médias : Porter attention à l’impact des contenus que l’on consomme. Les médias, les télévisions, sont des sources puissantes d’influence. Si l’on réalise que ses goûts, opinions, décisions, achats, sont fortement impactés par ce que l’on voit et entend, c’est un signe majeur.
  • Sentiment de conformisme ou de désir d’appartenance : Si l’on cherche à se conformer ou à appartenir à un groupe en adoptant ses pratiques ou croyances, on peut être sous influence parfois de manière inconsciente. Ce désir d’appartenance peut parfois amener à faire des compromis sur ses propres opinions et choix personnels et même entrer en contradiction avec ses propres valeurs dans l’existence.
  • Analyse de ses motivations profondes : En se posant la question « Pourquoi ai-je pris cette décision ? Pourquoi est-ce que je pense ainsi maintenant alors que j’avais une opinion différente ? », l’on peut remonter à la source de certaines influences et découvrir si elles sont internes (basées sur ses propres réflexions) ou externes (basées sur des pressions et la répétition de messages).

Se rendre compte que l’on est influencé demande souvent un retour sur soi, une auto-analyse honnête, sincère, un questionnement régulier sur ses motivations et ses choix en s’accordant du temps pour faire cette analyse et en apprenant à prendre du recul.