Alors que de nombreux passionnés redécouvrent le charme de la pellicule (film), la question se pose de savoir qui produit encore de la pellicule aujourd’hui ? surtout, quels sont les acteurs qui croient vraiment en cette technologie pour l’avenir ?
Ce que l’on observe en 2025, c’est un paysage divisé : concernant les 2 anciens géants du domaine, l’un augmente régulièrement ses prix, ce qui pousse les utilisateurs à trouver des alternatives, l’autre semble se désintéresser de la photographie argentique classique en se repliant par étapes. Des acteurs indépendants – souvent plus agiles et passionnés – s’installent comme des moteurs et des défenseurs de la pratique de la photographie argentique actuelle. Pendant ce temps, la Chine s’organise en souhaitant devenir un acteur qui compte, à la fois peut-être par opportunisme commercial et par stratégie de souveraineté technologique. En termes de prix des pellicules, les hausses régulières ralentissent l’engouement de la pratique récréative, découverte, expérimentation de type « pour voir ce que c’est », et un certain battage médiatique (effet de mode), pour revenir à une pratique par les réels passionnés prêts à engager les dépenses nécessaires ou qui savent trouver des films à tarif plus raisonnable (rembobinage, constitution de stock lors de promos de films qui arrivent à date ou à date dépassée, concentration sur le noir et blanc plus accessible que les films couleur, achats pour des projets biens définis). Il y a un risque réel de baisse d’activités, sauf si certains acteurs arrivent à produire des films couleur qualitatifs à prix plus abordables car on est arrivé à un stade où certains acteurs vendent des films noir et blanc pourtant plus facile à fabriquer, au tarif de films couleur. Quant aux films notés « professionnels » les tarifs ont été x3 en quelques années … A chacun de voir à quel seuil un achat devient déraisonnable, mais le seuil critique de prix du c’est « vraiment trop onéreux » est généralement d’environ 9 € pour le noir et blanc et moins de 15 € pour un film couleur, au delà les prix sembles vraiment plus difficilement acceptables, sauf pellicule spéciale, exceptionnelle et rare.
Un ralentissement des modes découvertes et nostalgiques ?
L’engouement pour l’argentique s’est un peu calmé depuis le pic de la « hype », engouement, autour de 2020–2022, où l’on voyait un vrai emballement, notamment chez les jeunes générations sur Instagram et TikTok.
La nostalgie
Chez les trentenaires et plus c’était un retour à un médium connu dans l’enfance, en pensant aux albums photo des parents, à une époque perçue comme plus simple, plus « vraie ». Chez les plus jeunes (18–25 ans) : la nostalgie d’un temps qu’ils n’ont pas vécu, qu’ils idéalisent, les années 90, les photos de vacances floues, les couleurs désaturées, les marges blanches du labo… On parle parfois de « faux-vintage » émotionnel, très proche de la nostalgie musicale des cassettes, vinyles, VHS. Les boîtiers argentiques deviennent des objets fétiches avec leur design rétro, la construction mécanique, les clics sonores… presque une extension d’un style de vie. Chez les nouveaux retraités il y a un désir de retrouver un geste connu, un plaisir mémorisé, beaucoup avaient laissé tomber la photo au profit du travail et de la vie de famille, ils retrouvent enfin le temps pour s’y consacrer. Ils ont souvent appris la photo avec un reflex argentique (Minolta, Canon AE-1, Olympus OM, Pentax K1000, Nikon FM…). Ils se remettent à la pellicule pour réactiver une mémoire sensorielle avec le bruit de l’obturateur, le levier d’armement, l’odeur des produits de développement… Le numérique paraît trop « dans l’écran », trop immatériel, l’argentique redevient alors un refuge tangible, où l’on comprend ce que l’on fait, où chaque photo a du poids, où on est relié au réel de la matérialité. Aussi parfois un souhait de transmission, l’idée d’un temps de qualité partagé autour d’une pellicule développée ensemble revient souvent avec lors des prises de vues le fait de prendre le temps de composer, d’attendre, de développer… Cela devient un rituel méditatif dans une forme de pleine conscience. La photo comme anti-âge mental, en quelque sorte. Certains veulent montrer à leurs enfants ou petits-enfants comment on faisait « avant » et créer du lien par la photo. Certains se fixent des projets photographiques personnels, rejoignent des clubs ou forums spécialisés La photo devient une source de motivation quotidienne, de stimulation et de projection.
La curiosité (expérimentation, défi, alternative au tout-numérique)
Beaucoup voulaient essayer “pour voir” ce que ça change comme attendre le résultat, composer plus lentement, accepter les défauts. Le développement maison ou les pellicules exotiques (films ex-soviétiques, pellicules aériennes, noir et blanc artisanal…) ont renforcé l’aspect expérimental et alchimique. L’argentique a servi de contre-culture face au flux constant des images numériques lisses et nettes, faire « moins et mieux», ou « moins mais différent ».
Un usage parfois performatif
Dans certains cas, l’usage de l’argentique était davantage un geste social ou esthétique qu’un vrai besoin photographique. Montrer son appareil argentique dans la rue ou sur les réseaux sociaux. Utiliser la pellicule pour donner une aura artistique à des photos au final assez banales. Cette phase performative s’est essoufflée avec la hausse des coûts et la lassitude face aux contraintes.
Ce qu’il reste après l’engouement
Ceux qui trouvent un vrai plaisir dans le processus, pas seulement dans le résultat final. Ceux qui ont adopté une pratique plus méditative, souvent hybride (argentique + numérique). Ceux qui utilisent l’argentique comme outil artistique ou documentaire, avec un vrai projet derrière. Pour beaucoup l’argentique était un objet de style, passé l’effet “cool” des premières pellicules, la difficulté à obtenir des bons résultats rapidement et la frustration du coût ont freiné l’élan, certains ont adopté un style « argentique like » en numérique grâce aux presets, LUTs et boîtiers vintage numériques. Toutefois l’argentique reste vivant, mais + dans une pratique de niche. Les passionnés purs continuent et continueront, parfois en réduisant leur consommation, en trouvant des alternatives (films en promo à date, développement maison…). Même des formats reviennent discrètement comme le Super 8, la diapo, l’utilisation de nouvelles marques basées sur du reconditionnement (Film Washi, dubblefilm, etc.). La tendance probable pour les années à venir sera l’aspect développement personnel autour de l’argentique (lenteur, rituel, rendu spécifique). Moins de « hype » soudaine et passagère, avec l’existence d’une communauté plus mature, plus expérimentée et expérimentale, qui explore de manière plus artistique et méthodique. Les alternatives low-cost, comme les films, à date, périmés ou les pellicules industrielles rembobinées, pourraient devenir encore plus populaires.
Panorama des acteurs
Alors que les mastodontes de l’argentique réduisent la voilure ou réorientent complétement leur stratégie en semblant considérer l’argentique comme un secteur du luxe, une nouvelle carte de la pellicule est en train de se dessiner. Entre indépendants passionnés et montée en puissance de la Chine, qui fabrique encore réellement du film aujourd’hui avec la structure adéquate ?
🇬🇧 Ilford / Harman Technology
Le pilier reconnu du noir et blanc, en plus de sa gamme phare Ilford (HP5, FP4, Delta) et Kentemere (version films classiques à tarif contenu), Harman a surpris en lançant en 2023 un film couleur, le Harman Phoenix 200, une pellicule couleur unique désormais disponible en format 120 après le 135. → Fabricant avec machines, savoir-faire, et innovations.
🇺🇸 CineStill
Spécialiste des pellicules 35 mm couleur reconditionnés à partir des films cinéma Kodak Vision3. Très populaire chez les jeunes photographes, CineStill propose aussi des chimies, des accessoires et et du matériel labo, mais n’est pas un fabricant d’émulsion. → Fort potentiel communautaire et modernité d’approche.
🇨🇿 Foma Bohemia
Entreprise historique en République tchèque avec sa gamme de films noir & blanc classiques (grains cubiques) Fomapan 100/400, et sa 200 iso à grain tabulaire plus moderne. Pellicules prisées pour ses prix corrects et sa régularité en termes de production, pas forcément toujours parfaite au niveau de la qualité avec parfois des tâches sur l’émulsion. → Fabrication 100 % en interne, avec papiers et chimies également.
🇮🇹 Ferrania
Relancée avec ambition en 2014, elle produit le Ferrania P30 film N&B, mais reste freinée par des problèmes internes, notamment dans son ambition de proposer une pellicule couleur. → Situation incertaine et peu claire, mais le savoir-faire est toujours là.
🇩🇪 ORWO / FilmoTec / InovisCoat
Rachetés par Seal 1818 GmbH, ces entités allemandes s’appuyant sur la marque historique reconnue ORWO (ex branche Agfa-Gevaert en Allemagne de l’Est lors de la scission), tentent de lancer la production de films couleur avec le Wolfen NC500 et NC400, malgré des difficultés financières, sous procédures d’insolvabilité en 2022. → Situation financière critique mais projets actifs dans l’espoir de la réussite des ventes du Wolfen NC500.

🇩🇪 ADOX / Fotoimpex
Installé entre l’Allemagne et la Suisse, ADOX est l’un des rares fabricants à maîtriser toute la chaîne de fabrication argentique en interne, en particulier sur le noir et blanc. Avec sa fameuse Machine E installée à Marly (Suisse) — héritée d’Ilford Imaging — l’entreprise produit des films originaux comme le CMS 20 II (ultra-fin), le CHS 100 II (look vintage), le HR-50 issu d’un film scientifique Agfa, ou encore des émulsions inversibles noir & blanc comme le Scala 50. En 2022, elle a lancé Color Mission 200, un film couleur C-41 en série très limitée, conçu pour soutenir le financement d’un futur film couleur. → Fabricant indépendant très actif en noir & blanc, petites séries artisanales, projet de film couleur en préparation.
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🟥 La Chine arrive
Lucky Film : L’industriel China Lucky Group Corporation fabrique des films N&B Lucky SHD100 et Lucky SHD 400 et prépare un film couleur avec pour objectif de le proposer à un prix très compétitif d’environ 5,60 $/rouleau … → Candidat très sérieux pour la conquête du segment entrée de gamme. Lucky Film, basé à Baoding dans la province du Hebei en Chine, prévoit de lancer un nouveau film négatif couleur 35 mm de 200 iso en 2025. Ce film, compatible avec le procédé C-41, est décrit comme une création entièrement nouvelle, développée sans dépendance aux matériaux brevetés par Kodak, grâce aux efforts de rétro-ingénierie de leur équipe de chimistes. Des échantillons ont été envoyés à des testeurs, mais aucune photo officielle n’a encore été publiée. La date de sortie exacte de mi 2025, n’a pas été confirmée. Pour suivre la sortie sur le distributeur Reflx Lab ici et sur le site de Lucky.
Point au 20 juillet 2025 : Quelques rouleaux ont été produit comme version non définitive, 300 rouleaux ont été vendus au compte goutte, lors du salon photo à Shanghai « PHOTO & IMAGING SHANGHAI 2025 » du 17 au 19 juillet. Il s’agit d’un film couleur de 200 iso, au nom provisoire de Lucky Color 200, avec un rendu d’après des dires de légèrement cyan, plutôt frais et doux, avec grain et contraste assez modéré, dans la veine des films dits « grand public ». Le prix en Chine est de plus de 7 dollars soit plus qu’initialement indiqué. Il n’y a pas de retours précis sur le rendu pour le moment.
Light Lens Lab : Connue pour ses copies d’optiques Leica anciennes de très bonne qualité, l’entreprise LLL prépare un film N&B à grains tabulaires à la façon Kodak T-Max. Il s’agit d’un projet ambitieux avec la technologie en test. → En développement. Le film sera commercialisé sous une nouvelle marque, distincte de Light Lens Lab. Des informations supplémentaires seront communiquées ultérieurement concernant le nom de la marque et les canaux de distribution. Light Lens Lab. Pour suivre ici.
🇯🇵 Fujifilm : vers un désintérêt ou pas ?
Fujifilm maintient encore un catalogue de films argentique tout en ayant arrêté la fabrication de son meilleur film haut de gamme à 4 couches, le FUJI Pro 400 H et des rumeurs indiquent que Fuji ne fabriquerait plus la totalité de sa gamme lui même. La photo ne représente qu’une branche mineure de ses activités centrées sur la santé, la chimie et le numérique. Les dernières Fuji C200/400 affichent désormais un “Made in USA” sur la boite, une indication (ou pas) que Kodak serait derrière la fabrication, via ses installations aux États-Unis (?) (l’entreprise ne communique pas à ce sujet donc ce n’est pas certain, cela peut être uniquement du bobinage d’une base Fuji en rouleau). Des rumeurs suggèrent qu’une partie de la production est probablement externalisée notamment pour les films en négatif couleur, les bobines mères seraient fournies par Kodak (ce peut être aussi du Fuji en longues bobines mises en cartouches aux USA qui est le plus important marché de vente de pellicules donc une question de logistique), les emballages sous marque Fuji, réalisés avec un partenariat avec l’entreprise Yes!Star en Chine pour la découpe des films et la distribution. Selon certains, les Fujicolor notés unique Fuji 200 et Fuji 400 actuelles seraient très proches des Kodak Gold 200 (mêmes rendu, même base chimique). Rumeur non vérifié en pratique car un achat récent de Fuji notés toutefois « C200 » donne bien un rendu classique Fuji avec des verts aux tons citronnés et pas de dominante chaude. Fujifilm possède toujours une usine au Japon, l’entreprise a annoncé en septembre 2023 un investissement de 4,5 milliards de yens pour renforcer les installations de production de films INSTAX (films instantanés et appareils photo instantanés) sur son site d’Ashigara, dans l’usine de Kanagawa. Cette initiative vise à augmenter la capacité de production d’environ 20 % afin de répondre à la demande mondiale croissante pour la série INSTAX. Bien que la production de ses films diapositives (Velvia, Provia) ait été temporairement interrompue en raison de problèmes d’approvisionnement, Fujifilm semble avoir repris la fabrication de certains de ses produits et continue d’investir dans ses installations de production au Japon. Les informations spécifiques concernant les usines dédiées à la production des films Velvia et Provia sont très limitées. Fujifilm n’a pas officiellement annoncé l’arrêt définitif de la production des Velvia et Provia. Ces films sont toujours listés sur son site officiel, suggérant qu’ils restent en production. Cependant, leur disponibilité est variable, avec des interruptions temporaires et des difficultés d’approvisionnement qui affecte leur disponibilité. En mars 2023, Fujifilm Japon avait annoncé une suspension temporaire des commandes pour certains films couleur, y compris Velvia et Provia, en raison de difficultés d’approvisionnement en certaines matières premières. Aussi le positionnement de FujiFilm sur le marché du négatif n’est à ce stade pas très limpide et engendre des questionnements. Toutefois il est par moment assez facile de se procurer des films Fuji C200 qui ont bien encore le rendu typique Fuji.
🇺🇦 Astrum (ex-Svema)
Basée à Shostka en Ukraine , Astrum utilise encore les équipements de l’usine Svema pour produire du film N&B (Foto-100, 200, 400). → Fabricant à petite échelle, très fragile.
🇷🇺 Tasma
Ancienne usine soviétique toujours active à Kazan. Produit du film N&B et couleur, ainsi que d’autres produits industriels. → Très peu exporté et victime du blocus commercial, toujours en activité locale.
🇦🇹 Lomography
Propose des films couleur (Lomo 400, 800), N&B, expérimentaux (Metropolis, Purple…) fabriqués par d’autres entreprises (Ferrania, Foma, Orwo, Kodak). Marque orientée expérimentation, esthétique vintage, photographie récréative.
🇫🇷 Bergger
Entreprise française réputée pour ses papiers photographiques de haute qualité et ses produits de développement des pellicules, propose aussi le film noir et blanc Pancro 400, fabriqué en Allemagne, apprécié pour sa large gamme de gris et sa flexibilité en post-traitement . La marque maintient une présence solide sur le marché comme défenseur de l’argentique.
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🏭 Entreprises de l’argentique photo, avec possibilité ou pas de production
| Producteur | Pays | Chaîne d’enduction | Conditionnement | Type de films produits | Activité/Engagement |
|---|---|---|---|---|---|
| Kodak | États-Unis | ✅ Oui | ✅ Oui | Couleur + N&B | ✅ Active |
| Fujifilm | Japon | ✅ Oui | ✅ Oui (partie sous-traitée) | Couleur + N&B | ⚠️ peu clair, irrégularité sur les films diapos. Polarisation actuelle sur l’Instax |
| Ilford / Harman | Royaume-Uni | ✅ Oui | ✅ Oui | N&B + Harman Phoenix | ✅ Active |
| Foma Bohemia | République Tchèque | ✅ Oui | ✅ Oui | N&B | ✅ Active |
| CineStill | États-Unis | ❌ Non (Kodak rebrand) | ✅ Oui | N&B + couleur (Films cinéma) | ✅ Active |
| Lucky Film | Chine | ✅ Oui | ✅ Oui | N&B + couleur (en projet) | 🔄 En expansion |
| Light Lens Lab | Chine | ⚙️ En développement | 🔬 En test | N&B (T-Grain en dev.) | 🔧 Phase test avancée |
| ORWO / InovisCoat | Allemagne | ✅ Oui (avec instabilité) | ✅ Oui | Couleur (Wolfen) et N&B | ⚠️ Sous redressement judiciaire |
| ADOX | Allemagne | ✅ Oui (Machine E – Marly) | ✅ Oui |
N&B Couleur : Color Mission 200 (édition très limitée) |
✅ Active (petites séries haut de gamme) |
| Ferrania | Italie | ✅ Oui (à petite échelle) | ✅ Oui | N&B (P30) | ⚠️ Fragile |
| Astrum (ex-Svema) | Ukraine | ✅ Oui instable (à très petite échelle) | ✅ Oui | N&B | ⚠️ Production très Limitée |
| Tasma | Russie | ✅ Oui | ✅ Oui | N&B + couleur | 🧭 Production locale |
| Lomography | Autriche | ❌ Non (sous-traitance) | ✅ Oui | Couleur, N&B, créatifs (Purple, Metropolis…) | ✅ Active (marque créative) |
| Bergger | France | ❌ Non (émulsion innovante sous-traitée) | ✅ Oui (bobinage & distribution) | N&B (Pancro 400), papiers barytés, chimie photo | ✅ Active (petite entreprise) |
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Très peu d’acteurs possèdent des chaînes d’enduction complètes productives et stables, principalement Kodak, Harman/Ilford, Orwo, Foma, Lucky. Concernant Fuji la volonté de continuer à fabriquer lui même sa gamme classique n’est pas clairement exprimée. L’entreprise semble se concentrer sur son produit Instax similaire aux films Polaroid en s’allégeant de l’argentique classique par la voie d’une sous-traitance . Lucky prépare un film couleur à tarif abordable. Light Lens Lab avance pour proposer des pellicules NetB modernes à grains tabulaires.