Les disques durs SSD pour ordinateurs ne sont pas à utiliser pour le stockage de photos et de données en étant débranchés stockés, pendant une période longue. Il est nécessaire de les relier à un ordinateur au bout de moins d’un an. Il y a un grand risque de perte des données entre 1 et 3 ans pour les modèles classiques bien remplis et utilisés. Concernant un quasi neuf et peu utilisé, la durée des données peut être de 5 à 10 ans dans le meilleur des cas si les composants sont de qualité. Si un SSD est stocké au chaud (grenier, voiture, été) les pertes possibles peuvent arriver entre quelques mois à 1 an.
La perte n’est pas forcément visible immédiatement. Il peut y avoir des fichiers lisibles mais corrompus, des RAW partiellement abîmés, même des erreurs silencieuses. le fichier peut exister, s’ouvrir, avoir le bon nom, la taille semble normale mais son contenu est partiellement dégradé, sans message d’erreur. Sur un RAW, un TIFF, un JPEG peut exister une micro-corruption invisible à l’œil nu, une bande étrange dans la photo, un bloc de pixels décalé, une zone grise ou colorée, parfois un détail manquant.
Un SSD stocke les données sous forme de charges électriques piégées dans des cellules mémoire (NAND). Avec le temps, ces charges fuient. Plus le temps passe sans alimentation, plus le risque augmente. Contrairement à une idée répandue, un SSD n’est pas conçu comme un support d’archivage passif longue durée.
Priorité à ne pas oublier de faire, rebrancher chaque SSD stocké ou mieux copier les données vers un HDD externe (disque à platines) ou 2 HDD distincts. Soit ne surtout pas oublier d’alimenter les SSD a minima une fois par an, brancher 1 heure suffit à les réactiver.
SSD = travail / vitesse / confort
HDD CMR = mémoire / archive / tranquillité
Comment sauvegarder : Copies multiples, supports différents. De temps en temps ouvrir les fichiers importants surtout les plus anciens.
Pour ce qui doit survivre au temps, le HDD 3 ,5 pouces est un bon outil. En choisir des lents (5400 tours/minutes pas obligatoirement 7200 tours), ce n’est pas la performance qui compte pour archiver, c’est la sécurité passive. La durée de conservation des données est a priori de 20 à 30 ans. les HDD 2,5″ pour ordis portables sont plus fragiles, plus serrés, les HDD à grands plateaux sont à privilégier.
Type de disque pour l’archivage passif (sans être branché régulièrement) : CMR (Conventional Magnetic Recording) uniquement (aussi appelée PMR). C’est le point plus important, plus que la marque, écriture classique, données bien séparées, ils sont conçus pour être très stables dans le temps. Ce sont des disques faits pour NAS, usages pro, entreprises. Attention que le disque acheté soit bien un SATA 3,5 pour pouvoir le lire en usb sur un ordi car il y en a aussi avec une interface SAS uniquement pour les NAS (serveur de stockage en réseau), un câble SATA ne sera pas compatible.
La construction CMR n’est pas toujours mentionnée dans les caractéristiques. Certaines gammes sont CMR par conception comme Toshiba MG (Enterprise), WD Red Plus, WD Red Pro, WD Gold, Seagate IronWolf, Seagate IronWolf Pro, Toshiba N300 etc. Les fabricants publient parfois des tableaux CMR / SMR ou des PDFs techniques. Il existe des listes communautaires sur NAScompares, ServeTheHome, forums NAS.
Les SMR (Shingled) ont des données “chevauchées”, des réécritures complexes, c’est moins adapté pour l’archivage, parfois source de corruptions lors de copies massives.
Si un disque est « pas cher », de grande capacité, et annoncé silencieux = méfiance, c’est très probablement un SMR. Souvent SMR (à éviter pour archives) les disques “Green / Eco », WD Blue (certaines capacités), WD Red sans le “Plus”, Seagate Barracuda (selon capacités).
Si ce n’est pas clairement une gamme “Plus / Pro / NAS / Enterprise), méfiance. Les CMR sont généralement à prix + élevés que les autres …
Les CCTV pour systèmes de surveillance ne sont pas destinés à l’archivage. Ce sont des disques conçus pour les systèmes de vidéosurveillance, pour un fonctionnement 24h/24 – 7j/7, pour des caméras qui écrivent en continu. Ils peuvent attirer car Ils sont souvent moins chers et de grande capacité mais il ne conviennent pas pour conserver des photos en mode passif.
Les cartes SD, Compact Flash aussi ne sont pas destinés à un archivage long. Elles utilisent de la mémoire flash, comme les SSD. Elles sont conçues pour le transfert et le stockage temporaire, pas pour l’archivage à long terme. Avec le temps, surtout si elles ont été très utilisées ou stockées sans être alimentées pendant longtemps, les données peuvent se dégrader lentement, parfois aussi de manière silencieuse (fichiers qui s’ouvrent mais sont partiellement corrompus). Une carte rangée dans un tiroir pendant plusieurs années n’est pas une garantie de sécurité pour les données. Considérer ces cartes comme un support de transit, copier rapidement les photos vers un disque dur HDD CMR (idéalement avec une seconde copie), puis réutiliser ou reformater la carte.
Le cloud est utile, mais pas suffisant seul, utile pour la redondance géographique (incendie, vol, dégât des eaux), la disponibilité permanente, pas de panne matérielle normalement. Le destiner aux photos vraiment importantes, une sélection finale, des projets en cours importants ou aboutis. C’est un filet de sécurité. Ce n’est toutefois pas une archive “figée”, on dépend d’un abonnement, d’une entreprise externe, de conditions qui peuvent changer, d’erreurs humaines possibles avec suppression, un écrasement de versions. Avoir tous ses RAW en cloud serait trop cher, lent, et inutile.