ça alors 🙂 C’était parti sur un essai de la Kiki Pan, on continue avec quelques pellicules découvertes regroupées, pas forcément très connues, ça va plutôt dans le sens des gros coups de coeur, espérons que cela perdure dans les belles surprises.
KIKI PAN 320 : Le chat perché sur une bobine d’ORWO ?
Dans le monde parfois brumeux des pellicules reconditionnées, certains films ont débarqué avec plus de mystère qu’un chat noir perché sur un toit de zinc un soir de pleine lune. La KIKI PAN 320, special limited edition by Camera Film Photo, c’est ça. Une pellicule noir et blanc de 320 iso, habillée d’un packaging qui nous miaule : « Contraste fort ! douceur de Portra à l’atmosphère Bergger ! »
A y regarder de plus près, rien, absolument rien ne dit qui a fabriqué cette émulsion proposé par une entreprise basée à Hong Kong nommée Camera Film Photo avec une émulsion made in UE indiquée sur un très joli emballage chat . Le fabricant ? motus, le pays d’origine en cherchant le descriptif, nous dit Allemagne, en gage de mystère, intriguant.
Quelques photographes au nez fin comme un chat de gouttière, en examinant le look de cette pellicule, commencent à flairer quelque chose de plus profond, et si cette pellicule était une ORWO N75 qui a changé de fourrure car elle y ressemble comme un chat noir qui ressemble à un autre chat noir ?
Il est présenté ainsi, « Le KIKI PAN 320 est un film noir et blanc traditionnel. Négatif fabriqué en Allemagne transformé au Royaume-Uni avec un emballage conçu à Hong Kong. Il s’agit d’un film en rouleau neuf, et non d’un film rembobiné avec étiquette autocollante. Il offre un rendu panchromatique haute sensibilité classique. Il est compatible avec la plupart des révélateurs noir et blanc standard tels que Rodinal, Berspeed, HC-110, etc. Il est également compatible avec les monobains. »
Il en reste en vente sur labo-argentique (plus pour très longtemps) : ici
Les indices qui grattouillent
- 320 iso ? Une valeur aussi rare qu’un chat qui aime l’eau. ORWO N75, c’est 400 iso, mais nombreux la shootaient à 320 pour optimiser contraste et finesse et c’est à 320 iso qu’ils obtenaient les meilleurs résultats.
- Temps de développement ? Presque identiques à ceux du N75, que ce soit en D-76, ID-11, ou Rodinal. Coïncidence ?
- Fabriqué en Allemagne ? Comme ORWO.
- Grain présent et contraste fort ? Exactement les caractéristiques attribuées au N75.

Le test au poil
Un rouleau. Un boîtier. Un développeur. Et c’est parti pour un face-à-face entre le marketing « chatoyant » et le terrain. Rendu des ombres ? Check. Rendu des hautes lumières ? Check. Tonalité des gris et examen du grain bien présent ? Bingo, ça sent le Orwo à plein nez. Et si ce n’est pas le cas ? On a quand même du bon gros grain et des dessins de chat sur la cartouche et ça c’est fantastique.
Le business des pellicules perchées
La KIKI PAN 320 n’est pas la seule avec un nom amusant. D’autres films au nom mignon peuplent les étagères des boutiques en ligne.
- CATLABS X-FILM 100 Color, la pellicule qui ronronne en moyen format
- Street Candy MTN100, le bonbon noir et blanc qui décolle la rétine
- Bubblegum Dubble Film
- Rollei Blackbird
- Santa Color …
Certains reconditionnent des stocks plus ou moins anciens, leur mettent un joli nom, une étiquette qui claque, et parfois… de vraies surprises et pépites se cachent dessous. Certains vendent des chats dans des sacs, d’autres, de véritables trésors oubliés. Le photographe qui sait lire entre les lignes, ronronne quand il déroule finalement une bonne bobine.
En promo, parfois des pépites !
Ces pellicules « mystère » peuvent être d’excellentes affaires, quand elles apparaissent en promo dès lors qu’elles approchent de leur date de pleine maturité. Comme c’est le cas par exemple pour la Street Candy MTN100, dérivée d’un film cinéma encore du Orwo ? très probablement de l’ORWO UN54 et aussi de la Kiki pan 320 très probablement une re fabrication du film cinéma Orwo N75. C’est parfois l’occasion de découvrir des émulsions assez uniques pour un tarif bien en dessous de leurs valeurs réelles surtout pour les émulsions d’origine disparues sous leur nom de la marque fondatrice par le fabricant. Alors oui, le marketing miaule parfois un peu fort avec de jolis emballages, toutefois si on sait tendre l’oreille et renifler entre les lignes, on peut tomber sur de véritables petits bijoux qui feront miauler le scanner de plaisir.
Test pratique de la Kiki Pan 320
Kiki c’est le chat de l’entrepreneur, Pan comme panchromatique (sensibilité à toutes les couleurs du spectre visible par l’oeil humain), 320 veut dire à exposer à 320 iso.

Exposée à 320 iso, développement au Rodinal 1+25, 11 minutes à 20 degrés, agitation 10s toutes les minutes (le prochain je tente à 13 minutes car je veux plus de contraste et aussi je tenterai à dilution 1+50 pour voir, normalement le grain sera un peu moins apparent), bain d’arrêt eau + acide citrique, fixateur Bellini Foto FX5 Fixateur avec durcisseur, post-traitement avec Capture One pro sans ajout de netteté, sans réduction du bruit, ajustement du contraste et actions locales légères. Scanner Epson V750 pro. Prise de vue par un temps très gris sans soleil dans un endroit avec pas un chat ! Le négatif est assez rigide et ne gondole pas au scannage, ce qui est appréciable …
meow = miaow = miaou = miaulement

Que signifie le code 5042 ?
Le code 5042 est le numéro de stock d’un film ORWO, plus précisément le ORWO N75 – Film négatif noir et blanc, 400 iso nominal mais souvent référencé autour de 320 selon les conditions. Est-ce qu’on a mis la mis la patte 🐾 sur une preuve directe ? ce code est gravé lors de la fabrication de l’émulsion de la pellicule mère. Ce marquage 5042 est typique des pellicules ORWO. Le Kiki Pan 320 est donc plus que très probablement un reconditionnement du ORWO N75 (discontinué), ce qui explique son rendu brut, son contraste particulier et son grain marqué. L’inscription CFP KIKIPAN 320 – Meow! peut être ajoutée après, lors du reconditionnement et du rechargement dans les bobines par CFP Camera Film Photo.
Les caractéristiques du film Orwo N75
Le ORWO N75 est une pellicule au caractère bien trempé, son histoire est profondément liée à l’esthétique du cinéma est-européen, parfois utilisé pour du documentaire engagé.
Caractéristiques techniques :
| Propriété | Détail |
|---|---|
| Type | Négatif noir et blanc |
| ISO nominal | 400 (souvent référencé à 320 ISO pour sa latitude) |
| Fabricant | ORWO (Original Wolfen), Allemagne |
| Sensibilité spectrale | Panchromatique (large spectre) |
| Grain | Assez marqué, mais régulier et « esthétique » |
| Contraste | Élevé (surtout dans les révélateurs standards) |
| Résolution | Bonne, sans excès de finesse |
| Latitude d’exposition | Assez souple, peut être exposé entre 200 et 640 selon le rendu recherché |
| Développement | Compatible avec tous les révélateurs N&B classiques (Rodinal, D76, Xtol, etc.) |
| Base | Triacétate |
| Formats disponibles à l’époque | 35 mm / 16 mm / 8 mm / 65 mm cinéma (à l’époque) |
Il a été utilisé dans des films documentaires (particulièrement en RDA et Europe de l’Est), des productions de télévision éducative, des films expérimentaux et d’auteur, par des étudiants en cinéma en Allemagne, Europe centrale et Russie. Dans les années 70 à 90, ORWO était une alternative plus abordable à Kodak et Ilford, avec une production massive en Europe de l’Est. Comme beaucoup de pellicules de ce genre, le N75 a rarement été crédité directement au générique des films. Toutefois on sait qu’il a servi et il est encore utilisé dans le cinéma expérimental et la photo d’auteur par des artistes qui recherchent un look brut, à l’ancienne comme c’était le cas avec de nombreux courts-métrages étudiants en Allemagne de l’Est et dans certains films documentaires du DEFA Studio (studio de cinéma national de l’ex RDA). Il a été utilisé aussi par des cinéastes indépendants en Pologne, Bulgarie, Hongrie.
Pourquoi utiliser du ORWO N75 est intéressant ? Pour son rendu vintage et expressif, pour son grain marqué qui donne une texture à l’image, pour son contraste dynamique, intéressant en urbex ou pour des scènes dramatiques, parce qu’il résiste bien à la poussée (jusqu’à 640 ISO) avec une esthétique toujours solide, pour son histoire : utiliser un film chargé d’un passé visuel puissant, souvent engagé.
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Le grain de la Kiki pan 320, du beau grain cubique classique.


Sans ajout de contraste appuyé en post-traitement, on obtient un rendu doux et granuleux, ce qui est assez surprenant quand on s’attendait à un fort contraste. L’effet acutance (netteté des bords) du Rodinal est efficace surtout dès lors que les photos ont été réalisées durant un temps très nuageux et gris.

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Donne ta langue au chat : quelques éléments dénichés auprès d’utilisateurs, identiques à ce que j’ai également constaté toutefois à la dilution Rodinal 1+25, à cette dilution le temps de développement de 11 minutes à 20 degrés n’était pas suffisant alors que le vendeur indique lui 8 minutes 30. Il devrait être porté à 13 ou 14 minutes pour moins compenser le contraste en post-traitement après scannage. Il faudra néanmoins être prudent car le Rodinal habituellement fait vite monter le contraste, c’est ce qui est surprenant avec ce film. La question reste de savoir si cela vaut vraiment la peine de passer du temps pour tester à 1+50, pour la curiosité d’examiner le rendu du grain, peut-être, car si on utilise ce film, c’est pour son grain. Si on recherche un grain fin et discret ce n’est pas la bonne pâtée. Pour l’expérimentation, cela peut se faire, parfois il faut forcer un peu sa patience devant la cuve, au vu des témoignages ce n’est pas hyper probant. Chat va être un peu compliqué pour trouver le bon temps à 1+50. C’est pourquoi il y a cette quête de témoignages, partir sur une base de 17 – 18 minutes, ce qui semble peu au vu de la réaction au 1+25. Le risque c’est qu’il monte trop subitement.
Kiki Pan 320 – ORWO N75 : Quel rendu en Rodinal 1+50 ?
Des témoignages d’utilisateurs au sujet du contraste et tonalité en Rodinal 1+50 : Les deux films présentent un contraste modéré et une plage tonale relativement restreinte lorsqu’ils sont développés dans du Rodinal dilué 1+50. Kiki Pan 320 produit des images à contraste moyen, avec des hautes lumières et ombres qui atteignent vite les extrêmes : les blancs peuvent se bloquer et les noirs se bouchent facilement. Autrement dit, sa latitude d’exposition est plus faible que celle de films modernes comme Ilford HP5+, ce qui lui donne un rendu plus « dur » aux limites du spectre. ORWO N75 (nominalement un film 400 ISO souvent exposé à 320 ISO) affiche un comportement similaire. Si on suit des temps de développement standards, le négatif ORWO peut sembler très plat et gris en sortie de bain : un photographe note qu’avec 13 min à 1+50, le film était « très peu contrasté, avec une base grisâtre », rappelant l’aspect du Foma Retropan 320 (un film au look volontairement rétro spécial, lui à grain fin, avec une bonne résolution et une netteté des contours, caractérisé par une large gamme de demi-tons et un rendu doux). Pour obtenir un contraste normal, de nombreux utilisateurs recommandent d’allonger sensiblement le temps dans le Rodinal. Par exemple, Lomography (qui commercialise ORWO N75 sous le nom Berlin Kino 400) préconise ~17 min 30 s à 20 °C en 1+50 – un temps qui améliore nettement la densité des négatifs. Une fois bien développé, l’ORWO N75 offre un contraste correct tout en conservant une bonne part de détails dans les hautes lumières. Globalement, Kiki 320 et ORWO N75 tendent vers un rendu un peu moins riche en demi-teintes que les émulsions récentes ; c’est un rendu typique ancien, brut, rugueux, texturé, qui fait partie de leur caractère. C’est un rendu similaire aux pellicules des années 1950 – 1980.
Grain et netteté
Le révélateur Rodinal est réputé accentuer la netteté des contours et aussi mettre en avant le grain de l’émulsion. Sur ce point, Kiki Pan 320 et ORWO N75 affichent un grain très prononcé. Le grain est de type classique (argentique cubique), assez gros, ce qui donne une texture marquée aux photos. Avec Kiki Pan 320, un utilisateur décrit le grain dans le Rodinal comme ayant un aspect « papier de verre » dans les zones sombres. Les parties sous-exposées peuvent paraître crunchy (très granuleuses), tandis que dans les zones bien exposées ou éclairées de façon uniforme, la granulation s’adoucit un peu, donnant presque un aspect de dessin au crayon aux textures. De son côté, l’ORWO N75 est également très granuleux : plusieurs photographes notent qu’il est plus grainé que tous les autres films 400 ISO actuels. Son rendu évoque des pellicules classiques comme la Kodak Tri-X ou le négatif cinéma Kodak Double-X (Un membre de forum indique que l’ORWO N75 a « un look “Kodak” », un peu comme du Double-X ou du Tri-X». Le grain de l’ORWO apparaît souvent irrégulier, avec un motif aléatoire et «poivre et sel», rappelant là aussi certaines émulsions rétro. En contrepartie, la netteté perçue est bonne grâce à l’effet acutance du Rodinal : les images paraissent détaillées et croustillantes sur les bords des sujets. Il faut s’attendre à des scans bien piqués, mais très texturés. Ce grain omniprésent fait vraiment partie du caractère de ces films ; il peut sublimer des sujets adaptés, mais pourra sembler excessif à qui cherche un rendu doux et très fin.
Un rendu du milieu du XXème siècle au caractère « vintage »
En termes de look des photos, les deux films offrent un rendu volontier « vintage », ce qui est justement recherché par de nombreux utilisateurs. Le contraste modéré (contrairement à ce qui est fréquemment déclaré su sujet de N75), combiné à la forte granulation et à une sensibilité réelle un peu inférieure aux standards modernes (inférieure à 400iso, plus proche de 320iso), donne des photos à l’aspect typique « ancien ». Avec un développement Rodinal 1+50, on obtient souvent des négatifs doux (après scan, il faut rehausser le contraste), ce qui rappelle les clichés argentiques du milieu du XXᵉ siècle. D’ailleurs, un testeur ayant essayé le Berlin Kino 400 (ORWO) note que son faible contraste et son grain très présent lui confèrent une esthétique bien distincte, qui pourrait remplacer avantageusement le Foma Retropan 320 Soft pour ceux qui aiment les rendus rétro avec du grain visible. Contrairement au Retropan, cependant, l’ORWO/Kiki possède une couche anti-halo efficace : il ne génère pas ou peu de halo de lumière autour des hautes lumières. Cela évite l’effet de brume ou de glow que l’on voit sur certaines pellicules anciennes, tout en gardant une certaine dureté de type « documentaire » dans l’image. Plusieurs photographes parlent d’une esthétique « cinématographique » en évoquant ORWO N74/N75, ce qui s’explique par son origine de film cinéma : on pense aux vieux films noirs filmés en 35 mm. Le Kiki Pan 320, lancé en 2022 par un distributeur hongkongais, est présenté comme fournissant un « résultat panchromatique classique » – ce qui se vérifie dans les faits. Son atmosphère visuelle est souvent décrite comme étant à la fois contrastée et brute, avec un charme désuet. En somme, les deux émulsions produisent des images au goût d’antan très marqué : on y retrouve le contraste imparfait, le grain généreux et la texture argentique qui évoquent la photographie de rue ou de reportage d’une autre époque. Ce rendu rétro peut magnifier des scènes urbaines, des portraits au style ancien, ou toute situation où l’on souhaite une ambiance nostalgique.
Développement : retours d’expérience
Sur le plan de la facilité de développement, Kiki Pan 320 et ORWO N75, les utilisateurs trouvent qu’ils se traitent globalement comme n’importe quel film noir et blanc, sans exigences particulières. Il n’y a pas de couche remjet à retirer (contrairement à certains films cinéma couleurs), et ils peuvent être développés dans les révélateurs classiques. Le Rodinal est d’ailleurs souvent recommandé pour accentuer leur caractère (grain et acutance). La principale difficulté rapportée concerne le choix du temps de développement approprié. En l’absence de fiche technique complète pour Kiki Pan 320, les photographes ont dû tâtonner ou se fier au tableau fourni par le vendeur. Beaucoup ont constaté que les temps « standard » pour un film 400 ISO étaient insuffisants, donnant des négatifs sous développés. Il a fallu augmenter sensiblement la durée ou l’agitation pour arriver à un contraste satisfaisant. Par exemple, un utilisateur mentionne qu’après 13 min à 1+50 il a cru le film sous-fixé tant la base était laiteuse, alors qu’il était bien traité : signe d’un sous-développement. En prolongeant le bain, la courbe tonale se déplace et l’image gagne en densité. En pratique, exposer l’ORWO N75 plutôt à 320 (voire 250) et développer un peu plus longtemps est une recette qui revient souvent pour obtenir le meilleur de ce film. Mis à part ce réglage du temps, le processus de développement ne présente pas de piège : un bain d’arrêt et fixateur classiques conviennent. À noter que le Kiki Pan fort probablement identique à l’ORWO N75 de dernière génération a l’avantage de sécher très à plat, sans curling notable. Ceci facilite grandement la numérisation des négatifs par rapport à certains films cinéma en rouleaux qui ont tendance à s’enrouler. Aucun problème majeur de qualité n’a été signalé (pas de défaut d’émulsion, pas de sensibilité anormale aux rayures durant le développement). En somme, hormis l’ajustement du temps de développement pour obtenir le rendu désiré, développer ces films avec du Rodinal 1+50 ne pose pas de difficulté particulière : ils se comportent comme des pellicules NB traditionnelles, ce qui est logique compte tenu de leur conception « old school ».
(Sources : retours d’utilisateurs sur les forums, blogs et fiches techniques Rodinal. Extraits cités de Analog.Cafe, Photo-Analogue, toivonenphoto, ballardfilm, Photrio, Reddit…)
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Test de la Kiki Pan 320 au Rodinal 1+ 50
Test Fait à la dilution à 1+50 soit 6ml pour la cuve Paterson pour un seul film, développement de 19 minutes 30 à 20 degrés, agitation 10 secondes par minute, en tapotant 4 fois pour les bulles. Le négatif est beaucoup plus contrasté. Expérimenter soit même il n’y a que comme ça que l’on peut se caler sur un développement. Au final avec 19 minutes 30 il y a un contraste plus fort, il faut rester autour de cette base de 17 minutes 30 – 19 minutes 30 pas plus, avec Rodinal à la dilution 1+50 à 20 degrés. Le Kiki Pan est toujours grainé, un petit peu moins qu’à 1+25. C’est un film avec un grain très présent nativement, surtout développé au Rodinal. Il faut l’utiliser pour son grain.
Un chien avec une pellicule chat au Rodinal 1+50. L’acutance effet Rodinal, est bien présente avec la netteté des bords, en plus de l’utilisation d’un très bon objectif Leica Summicron R 50mm/2, qui donne ce pop, décollement du sujet du fond, avec la combinaison à la fois de la netteté et du grain.


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Conclusion sur la KIKI PAN

C’est un film très intéressant pour qui cherche du grain, un rendu ancien typique classique argentique. Un développement au Rodinal 1+50 atténue un peu la présence marquée visible du grain par rapport à la dilution 1+25. Il ne faut pas tenir compte du temps indiqué par le revendeur et le développer plus longtemps que ce qui est mentionné. Il serait intéressant de le développer en mode lent à 1+100. Ce sera intéressant de le faire, utile quand on utilise un seul révélateur comme le Rodinal, pour voir comment il agit précisément sur le grain et le contraste pour ce film en particulier qui est granuleux. Toutefois cette dilution donne habituellement plus de grain visible, surtout sur des films rapides (400iso et +). La Kiki Pan est une pellicule à choisir pour son rendu spécifique adapté à certaines thématiques et sujets, quand on apprécie ce type de look granuleux tout en donnant une sensation de netteté. Avec du recul on se dit le rendu est juste … beau (si on aime le grain visible). A tester aussi avec du Microphen qui est un révélateur énergique mais qui resste doux pour le grain. La Kiki, c’est un chat pas forcément facile à dompter au niveau du temps de développement, avec en tout cas son caractère bien trempé. 🙂
Kiki Pan exposé à 320 iso, développement Rodinal 1+50 à 20 degrés en phase avec un look de type ancien, rétro. Prochain essai à faire le développer au Microphen car c’est un révélateur énergique qui reste doux. Il devrait pas mal convenir intuitivement. Il y a aussi le Studional de Bergger …

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Ne pas confondre : ORWO N74+ et N75
Même si elles viennent du même fabricant et sont toutes deux des pellicules noir et blanc 400 iso d’origine cinématographique, les ORWO N74+ et ORWO N75 sont très différentes en pratique.
| Caractéristique | ORWO N74 | ORWO N75 (ex : Kiki Pan 320) |
|---|---|---|
| Type | Négatif N&B cinéma | Négatif N&B cinéma |
| ISO nominal | 400 | 400 (en réalité proche 320 iso) |
| Grain | Fin à modéré, assez discret | Marqué, nerveux, très visible |
| Contraste | Modéré, étagé, doux | Élevé, plus sec, très graphique |
| Latitude | Excellente (200 à 800 ISO) | Bonne, mais moins tolérante à la surexposition |
| Tonalité | Cinéma doux, poétique, progressif | Brut, dramatique, rugueux |
| Meilleurs usages | Portraits, ambiance douce, photo posée | Urbex, scènes du quotidien, graphisme fort |
| Révélateurs conseillés | D76, XTOL, ID-11 pour douceur | Rodinal, HC-110 pour caractère |
🧪 Astuce de lecture du grain pour les reconnaitre : le N75 montre immédiatement un grain visible même à l’écran ou sur tirage moyen format, tandis que le grain de la N74+ reste souple et élégant, même en poussée légère.
- ➕ Pour un rendu doux, nuancé, argentique mais sobre : choisir N74+ (ou Lomography Berlin Kino 400).
- ➕ Si on veut un film avec un fort caractère, du grain et un visuel particulier : le N75/Kiki Pan 320
A noter que la N75 n’est plus fabriquée actuellement. C’est une émulsion ancienne qui a été largement utilisée jusqu’aux années 2010, qui n’existe aujourd’hui que via des stocks résiduels ou des reconditionnements limités (comme le Kiki Pan 320 ou d’autres marques en petite série). Elle n’apparaît plus dans le catalogue officiel ORWO actuel. Elle n’est plus produite de manière industrielle en bobines pour le cinéma. Certains revendeurs spécialisés parlent de restes de stock cinéma ou de bobines militaires/industrielles reconditionnées. Le code “5042” gravé sur la pellicule (comme sur la Kiki Pan) confirme qu’il s’agit bien d’un ancien lot de N75. La plupart de ces films restant sont à date expirée ou très proche de la date limite, même s’ils encore parfaitement utilisables.
La suite bientôt …
Ensuite il y aura la CATLABS X-FILM 100 Color, ce sera au 6X6 en revanche car je l’ai en 120, elle existe en 135, et aussi la Santa color en 135 (très probablement du film Kodak Aerocolor IV, initialement conçu pour la photographie aérienne et scientifique, ces deux là) et la Street Candy MTN100 (très probablement de l’Orwo N54 elle)
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Santa Color 100 waouh !
La vache !!! la définition et les couleurs vibrantes ! telle fût ma 1ère impression avec cette pellicule. On aurait pu craindre un rendu tendant trop vers le numérique, au niveau de la finesse et de la netteté, un peu mais pas tant que ça. Au niveau des couleurs alors là c’est le premier film qui m’a fait cet effet avec des blancs purs, des noirs profonds et une vibrance qui vient comme de l’intérieur, impressionnant. A la base il s’agit d’un film pour l’aérien donc il fallait de la haute résolution. Il a des couleurs nettes sans dérive, pas de dominante forte légèrement chaude toutefois, aucun vert fluo, saturation modérée, bon contraste, les noirs sont présents sans être bouchés, les blancs sont très équilibrés, peu de grain apparent, un rendu de type diapositives douces avec du contraste mais qui reste doux, c’est vraiment surprenant. Il est rare de tomber sur un film moderne, fidèle et beau au niveau des couleurs et artistique à la fois … Test réalisé avec une pellicule au format 135, mûre avec une date indiquée de »péremption » de septembre 2025. Bien que ce ne soit pas détaillé par le rembobineur, il s’agit d’un film Kodak AerocolorIV Negative Film 2460 initialement destiné à la photographie aérienne (reconnaissance, cartographie), un film pour usage militaire et scientifique très haut de gamme, conçu pour capturer des villes entières vues du ciel. Le support est en polyester sans masque orange classique en négatif couleur (donc attention pour le scannage), très fin, très stable, grain très fin, conçu pour des agrandissements géants, très large latitude d’exposition (tolérant aux hautes lumières), rendu peu saturé à la base, format d’origine en bobines larges sans perforation. On comprend mieux le résultat obtenu. Site de l’entreprise Santa 1000
Un gros gros coup de coeur pour ce film, approuvé et adopté ! Il reste à faire des portraits avec pour découvrir ce qu’il donne dans cette spécialité. C’est un film qui procure de l’émotion quand on est passionné de photo. Il donne ce rayonnement, cette lumière organique qui vibre, ce blanc pur qui respire sans brûler trop vite, ce sont des éléments qu’un capteur numérique ne sait pas donner avec autant de « vie ». Sur le site les photo sont compressées, elles sont bien mieux sans l’effet compression pour le web.
Sur la photo ci-dessous pourquoi le rendu est différent qu’en numérique ? Les ombres ne sont pas complètement lisses, elles gardent une certaine « matière ». La transparence des couleurs qui est vibrante, les verts des herbes et les beiges du mur, les bleus, ne sont pas aussi denses qu’en capteur, ils ont ce côté plus diffus, lumineux, on dit organique qui est un caractère de l’argentique. Le gris est un peu mauve, c’est un développement C41 maison avec le blix qui commence à être fatigué peut-être, ou une question de balance des blanc à la numérisation. Je vais le scanner en mode positif pour voir.
Exemples de rendu photo pellicule Santa Color 100


On en profite pour parler définition et résolution car souvent on utilise le même mot pour ces deux notions. Pour faire simple, Définition = Nombre total de pixels dans une image. Résolution= densité de pixels par pouce (ppi/dpi), utilisée pour l’impression.
La définition (numérique) désigne le nombre total de pixels un capteur numérique. Elle s’exprime généralement en pixels (ex. : 6000 x 4000 px) ou en mégapixels (MP). Exemple un capteur de 6000 x 4000 pixels soit 24 mégapixels. Plus la définition est élevée, plus l’image contient d’informations, ce qui permet de recadrer sans trop perdre de détails, imprimer en grand format sans perte visible de qualité. En argentique, la définition correspond à la quantité de détails que le film peut enregistrer. Elle dépend de la précision du développement (stabilité, agitation, température…), du type de film (négatif, diapo, noir & blanc, couleur…), de la finesse du grain (plus le grain est fin, plus la définition est élevée), de la qualité de l’optique. Un film moyen format scanné peut facilement dépasser 50, voire 100 millions de pixels.
La résolution : désigne la densité de pixels sur une surface physique. Elle s’exprime en ppp (points par pouce ou dpi en anglais = dots per inch). Par exemple une photo de 300 ppp signifie qu’il y a 300 pixels alignés sur une longueur d’un pouce (2,54 cm). La résolution est utile pour imprimer. La résolution en argentique désigne la capacité du film (et de l’objectif) à séparer deux détails proches. Elle se mesure en paires de lignes par millimètre (lp/mm), une paire de lignes = une ligne noire + une ligne blanche. C’est une mesure plus précise que la simple « définition ». En réalité on dit les deux l’un pour l’autre et inversement, en termes usuels car on mélange toujours ces deux sens.
| Concept | Numérique | Argentique |
|---|---|---|
| Définition | Nombre total de pixels | Détail capturable, dépend du grain et du format film |
| Résolution | ppp/dpi (densité de pixels) | lp/mm (capacité à séparer deux lignes proches) |
Il est même possible de profiter de la latitude d’exposition et de la bonne gestion des hautes lumières pour faire du noir et blanc avec ce film couleur. C’est une perle pour la photographie artistique et expérimentale. Il y a de nombreuses possibilités d’expérimentations avec ce film car il peut aussi se développer en E6 processus diapositive car il n’a pas de masque orange cela donne dans ce cas un rendu assez bleu, un ajout d’un filtre jaune/orangé à la prise de vue peut réchauffer le rendu. Il est aussi possible de l’exposer à 400 ou 800 iso et de le sur-développer, de le scanner en positif et de l’inverser etc.
Il y a plusieurs entreprises qui proposent ce film en cartouche, on le retrouve notamment sous la marque Catlabs en format 135 et 120 (CatLABS X Film 100), Elektra 100, aux USA sous les noms Popho Luminar 100, SFL Aerocolor125 en format 120, Aerolab Color 100 de Lab:Lab au Brésil, pas forcément toutes disponibles en Europe. Le film Kodak Aerocolor IV 2460 est vendu par Kodak exclusivement en très grandes bobines destinées à un usage professionnel comme par exemple des rouleaux de 7,6 cm de large x 76 mètres non perforés, spécifiquement conçus pour la photographie aérienne. Des entreprises spécialisées achètent ces grandes bobines et les reconditionnent en cartouches 135 standard et en bobines au format 120. Ces entreprises coupent les larges bobines en bandes de 35 mm de large, puis, elles ajoutent les perforations standard 135, ce qui nécessite un matériel spécialisé (machine de perforation). Ensuite, elles enroulent et conditionnent le film dans des cartouches 35 mm (avec ou sans code DX).

Pixels ho pixel, c’est marrant de faire du pixel avec de l’argentique.



La SantaColor 100 est conditionnée par Santacolor Inc. en Finlande, à partir d’un film aérien Kodak adapté au procédé C-41. Ce type de film aérien couleur possède une courbe caractéristique plus douce que les films amateurs classiques. Elle accepte très bien une surexposition (jusqu’à +2 IL sans problème), avec des hautes lumières qui se dégradent en douceur. En revanche, les ombres, si sous-exposées, deviennent vite denses et verdâtres, la latitude descendante (−1 IL) est plus limitée. On peut dire que sa latitude totale atteint ~3 IL, mais est efficace sur +2 / −1, ce qui la place entre moyenne et grande latitude. En usage réel, elle paraît “souple” car elle pardonne la surexposition (ce que les photographes font souvent pour préserver les ombres), d’où cette impression d’une latitude généreuse. La dominante magenta dans les ombres de la SantaColor 100 que l’on peut observer après le scan ne vient pas de la pellicule elle-même, mais de la chaîne de numérisation et de balance des blancs. La SantaColor 100 a une courbe spectrale différente d’un film classique. Elle a une sensibilité moindre dans le bleu et une réponse un peu “plate” dans les couches rouges/vertes. Résultat : le négatif est souvent un peu plus dense dans les couches cyan et verte, ce qui demande une correction colorimétrique fine au scan. Si le logiciel ou le scanner compense mal cette densité, il inversera trop fortement le canal vert ce qui donnera une dominante magenta. Les logiciels VueScan, SilverFast ou Negative Lab Pro (NLP) utilisent des profils “Kodak Gold”, “Portra”, etc. Ces profils ne correspondent pas bien à la courbe de la SantaColor, donc la conversion inverse souvent la dominante naturelle. Le point noir automatique mal calibré accentue aussi les dérives dans les ombres. Une balance des blancs prise sur une zone claire peut fausser le rendu global, donnant un magenta ou rougeâtre dans les basses lumières. Pour corriger ce type de dérive, faire la balance des blancs sur une zone neutre moyenne (pas une haute lumière), ou neutraliser manuellement les trois canaux sur les tons moyens. Si on fait un tirage argentique à partir du négatif SantaColor les ombres tireraient légèrement vert-olive, le contraste global resterait doux et équilibré. La pellicule n’a pas un rendu magenta en soi, c’est bien lié à une interprétation du scanner.