Nous faisons un peu d’archéologie numérique dans le chercher pourquoi utiliser des vieux trucs, des vieux machins, surtout parce quand on en a assez de l’hyper réalisme, l’hyper net + net que net, parce qu’on a envie de matière, de couleurs, de noir et blanc texturé. Parce que l’on veut faire des photos en s’échappant de la recherche de la perfection. Parce qu’on a l’envie de bidouiller des fichiers légers, parce qu’on se dit en 1999, en 2003 les gens faisait bien de la photo numérique avec ce qui existait. On peut même aller très loin et profiter de la puissance des logiciels de post-traitement actuel pour titiller les limites de ces capteurs ccd, travailler à fond les couleurs, que même ça peut faire un style. Ces boitiers, c’est retour vers des petits fichiers. Si on est ouvert cela peut être très instructif quand on n’a jamais pratiqué les débuts de la photo numérique. Ce qu’il est possible de faire c’est de les utiliser pour ce qu’ils sont censés ne pas bien faire, les hauts iso pour obtenir du bruit numérique et le transformer en grain. Cela peut même être quasi thérapeutique pour les perfectionnistes.
Parce qu’on en a assez de l’hyper-net tout lisse : L’obsession pour le piqué, la résolution et la perfection technique finit par atténuer l’émotion. Les vieux capteurs, les vieilles optiques, les “défauts” deviennent comme une respiration. On ne cherche pas à prouver quelque chose, on cherche à ressentir quelque chose. A vivre une expérience décontractée loin de la performance.
Parce que la matière photographique manque : Les photos sont souvent trop propres, elles glissent, elles sont lisses, on finit par s’embêter à les regarder et à les faire. Les appareils plus anciens ramènent de la texture, du grain, du bruit organique, des imperfections et c’est la vie. Le CCD, a sa façon de rendre les couleurs et les hautes lumières. Il donne une matière et une texture qui peut manquer au numérique moderne.
Parce qu’on veut des couleurs « imparfaites », sensibles, texturées : Les anciens CCD ont une signature colorimétrique impossible à reproduire exactement, des verts un peu étranges, des rouges épais, des bleus granuleux, des jaunes parfois un peu verdâtres. Ce sont des couleurs qui racontent quelque chose. Le rendu devient un style en soi, plutôt qu’un objectif ISO 9001.
Parce que le noir et blanc texturé manque dans le monde ultra-défini : Le noir et blanc issu de capteurs anciens a une forme d’inexactitude. Les ombres s’effilochent, les hautes lumières claquent, le grain numérique devient un outil de la granularité, pas un défaut.
Parce que la perfection technique fatigue : On a passé 20 ans à vouloir la meilleure netteté, la meilleure dynamique, l’absence de bruit, toussa toussa du plus mieux que le plus mieux. Le résultat ? Des photos quasi parfaites, mais parfois… vides. Utiliser du matériel ancien permet de s’autoriser librement l’imperfection, tu es autorisé et ça fait du bien. De toute façon d’emblée tu ne seras pas dans la perfection avec eux, donc ne cherche même pas.
Parce que ça fait du bien au perfectionniste en nous : Travailler avec des limites, c’est presque thérapeutique. Le boîtier te dit : « tu ne pourras pas monter plus haut en iso , fais avec ». On compose, on s’adapte, on rate, on accepte. Ben c’est pas moi c’est le matos qui ne suit pas donc on est tranquille, on ne doute pas de soi. On fait, au lieu de culpabiliser avec des mots négatifs qui tournent dans la tête. On ne cherche pas le plus net que net.
Parce que les fichiers légers sont maintenant un luxe : Retrouver des RAW à 4 ou 6 Mpix, c’est comme enlever un sac à dos de 50 kilos. On ne post-traite pas plus +, on expérimente, on tire tout le potentiel des fichiers sans aller trop loin car de toute façon ils ne sont pas assez gros pour pousser le traitement. Cela remet la créativité devant la technique, là où elle doit être. ça ne veut pas dire que c’est mieux qu’un capteur récent, ce n’est pas plus confortable en termes d’usage, au contraire, c’est + difficile.
Parce qu’en 1999 ou 2003, les gens faisaient des photos magnifiques : Les photographes n’attendaient pas 100 millions de pixels pour créer. Ils faisaient avec ce qu’ils avaient, et ça ne les empêchait pas du tout de produire des photos fortes. Aujourd’hui, avec la puissance des logiciels, on peut pousser ces vieux capteurs beaucoup plus loin qu’avant et vraiment les utiliser à leur maximum.
Parce qu’on peut exploiter les limites pour en faire une force : Monter volontairement les ISO pour créer un grain numérique qui ressemble à de l’argentique. Sous-exposer, pousser, tirer, casser les couleurs, étirer les courbes, transformer les défauts en style. Les limites deviennent une esthétique, une signature.
Parce que le rendu “vieux numérique” est un terrain en construction : Beaucoup de monde essaie de copier le film argentique. Personne n’essaie vraiment de sublimer les rendus “early digital”. C’est un champ esthétique inexploré, avec un énorme potentiel. Un terrain où on peut réellement inventer quelque chose en terrain inconnu de nos jours.
Parce que cela reconnecte à l’essence de la photographie : Bien voir plutôt que bien calibrer. Composer plutôt que mesurer. Ressentir plutôt que comparer.
Parce que c’est fun : Parce que ça change. Parce qu’on se donne ainsi le droit d’expérimenter sans prise de tête. Parce que la photographie, c’est aussi ça choisir volontairement un outil imparfait pour mieux révéler quelque chose de sensible.
Le capteur CCD a disparu de la photo numérique « classique » récente car il consomme beaucoup, chauffe, coûte plus cher à fabriquer que le CMOS, demande un étalement lent (limite pour vidéo rapide), nécessite des drivers complexes. Toutefois des capteurs CCD sont encore fabriqués et utilisés pour, l’astronomie, l’imagerie scientifique et médicale, la vision industrielle, la capture scientifique spatiale, la numérisation professionnelle -art-archives et sont appréciés pour leur qualité …
Le CCD a un bruit de lecture très faible, le bruit électronique généré quand on lit la charge de chaque pixel. Sur un CCD le bruit électronique est faible et très prévisible ramené au pixel, la lecture se fait en colonne unique, toute la colonne passe par un amplificateur commun stable avec très peu de variations aléatoires, c’est pour cela qu’ils sont utilisés dans certains domaines. En photographie le bruit “visible” d’un CCD est pourtant plus présent mais avec très peu de bruit chromatique (bruit coloré). On parle au niveau du signal brut, pas de ce que l’œil voit dans l’image finale. Un CCD peut avoir peu de bruit aléatoire, une lecture très stable en conséquence peu de bruit chromatique et produire un bruit visible en luminance. En effet le CCD génère surtout un bruit de luminance sans pixels verts/magenta dégradés, ce qui donne un bruit gris structuré. Il produit souvent du bruit de colonne, des motifs légèrement répétitifs, un bruit cohérent spatialement. Le cerveau repère immédiatement une structure, contrairement à un bruit CMOS plus “chaotique”, mieux masqué. Les CCD anciens ont souvent une réponse tonale abrupte, moins de compression des basses lumières, pas de réduction du bruit logiciel, il apparaît plus tôt et plus franchement qu’avec les CMOS, les ombres ne sont pas lissées, le bruit est laissé tel quel. Ce bruit respecte les contours, n’écrase pas les détails fins, il rappelle une granulation de type argentique. Au niveau des couleurs il y a des différences en jpeg mais en raw c’est plus discutable car la couleur est reconstruite par le logiciel de post-traitement. Un fichier RAW ce sont des données linéaires, issues d’une matrice de Bayer, sans rendu couleur “figé”. La couleur finale n’existe pas encore. Elle est créée au moment du dématriçage + de l’interprétation colorimétrique (profil, matrice couleur, courbes, etc.). En JPEG traitement boitier la différence CCD / CMOS est + visible car le moteur JPEG impose une signature. En RAW, la différence devient beaucoup plus subtile, et parfois… quasi inexistante si on utilise le même moteur de dématriçage et le même profil couleur. Les CCD ont souvent une dynamique plus courte, une montée plus rapide vers le blanc aussi les couleurs ne sont pas étirées, les hautes lumières gardent une certaine cohérence chromatique. Ce qu’on interprète comme “belles couleurs” est parfois une limitation technique bien gérée. Ce qui est vraiment spécifique aux CCD, c’est le micro-contraste plus doux, un grain électronique plus organique car principalement de luminance, une sensation de matière. Le cerveau associe matière + douceur tonale = “belles couleurs”. Ce qu’on aime dans certains capteurs CCD, ce n’est pas la couleur “juste”, c’est la façon dont la photo se dégrade. Les CCD ont une lecture uniforme, moins de circuits par photosite, une amplification plus globale. les CMOS ont + de variations chromatiques possibles, une lecture plus localisée, + d’électronique par pixel. Sur beaucoup de CCD, surtout les anciens, le bruit est + monochromatique, + proche d’un grain gris, avec peu de dérive chromatique. Le bruit s’intègre mieux, il rappelle un grain argentique (même si ce n’en est pas un) et ça, même en raw.
Attention aux envolés passionnées, les CCD sont intéressants, attachants, plaisants… Ce ne sont pas des machines magiques et faciles pour autant, leur rendu n’est pas “miraculeux” et il y a des limites importantes. Beaucoup de discours en ligne sont amplifiés par la nostalgie et des coups de coeur car cela peut correspondre à un rendu recherché en jpeg direct. Pour d’autres ce sera simplement un rendu et une utilisation dépassés car ils recherchent du réactif, de l’hyperréalisme, du net, du piqué, du très contrasté et au niveau des couleurs ils ne perçoivent pas de différences majeures. Il y a un aspect subjectif très fort. Certaines personnes peuvent même penser pourquoi rechercher un rendu « pourri » car pour eux ce n’est pas bon… En fait cela intéresse les gens sensibles à la matière, texture et aux couleurs, on ne les voit pas tous de la même manière. Aussi à l’aspect granuleux, certaines personnes n’aiment pas, d’autres adorent. Certains en arrivent à penser au niveau du rendu désiré « pourtant, ce que tu cherches est peut-être déjà dans un ancien appareil ». D’une manière générale la photo c’est très subjectif. On est dans le paradoxal, on peut apprécier plusieurs types de rendu selon les sujets photographiés et son envie du moment.
On les utilise pour casser les codes, parce que avec c’est (presque) le contraire des attendus d’aujourd’hui en termes de rendu et pis l’expérience photographique avec n’a vraiment rien à voir avec faire des photos au smartphone.
C’est toujours délicat de mettre des photos car ce n’est pas dire de faire pareil, c’est seulement pour montrer une façon de ce qu’il est possible de faire même presque les deux mains dans les poches. Peu importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse.







Les rouges une signature CCD : un rouge profond, pas fluo, pas de clipping brutal (transitions), un rendu légèrement “dense”, très « early numérique », un rouge qui garde de la matière même dans les zones sombres. C’est typique CCD, surtout les Kodak et les Sony 6 MP. Avec un CMOS moderne les rouges deviennent plus propres mais aussi plus matière plastique, moins épais, parfois plus orange que rouge selon la marque. ils perdent un peu cette sensation “peinture glycéro”.
Les gris : douceur + léger micro-mottling (aspect crottes de mouches), les gris du mur sont très nuancés, pas métalliques, pas d’effet “lissé”, pas de dominante bizarre, un gris un peu “velouté”. Un CCD ajoute un léger bruit/matière/velours dans les gris ce qui évite l’aspect “trop propre”, cela donne un rendu réaliste. Ce n’est pas un effet wow, c’est subtil, précis et agréable.
La transition mur / ombre / sol est typique CCD : au niveau de la jonction mur clair, ombre du crépi, bitume, la transition est douce, progressive, sans cassure. Un CMOS est plus tranchant, il donnerait plus de contraste micro-détaillé, moins de “glissement”, un rendu plus net, un relief plus dur. Cela ne veut pas dire que c’est “mieux” en CCD, c’est différent.
Ce n’est pas le genre de photo qui impressionne… elle illustre la nature du CCD. Ce n’est pas une photo spectaculaire. Elle montre des nuances que les CCD savent rendre. Couleurs un peu épaisses, gris texturés, transitions douces et progressives, saturation non agressive, absence de netteté trop dure, ambiance légèrement vintage mais pas kitsch, c’est là que le CCD se démarque modestement.
C’est celui qui fait qui donne du sens à ce genre de photos, coin de rue, couleurs, discordances, géométrie, séparation d’espaces, textures, imperfection du réel, c’est un terrain pour une série. C’est voir ce que d’autres ne regardent pas. Le CCD n’est qu’un outil qui accompagne une recherche visuelle.



Olympus E-1
On peut dire qu’il y a les reflex numériques ccd… et puis il y a l’Olympus E-1. Petit dinosaure de 5 Mpx, en format 4/3, 1èr reflex pro d’Olympus qui a inventé ce format de capteur 4/3 en collaboration avec Kodak.
Un boîtier fondateur complétement … à part
Sorti en 2003, l’E-1 est le premier reflex numérique à monture et système optique pensés 100 % pour le numérique, au format Four Thirds, quatre tiers.
Capteur CCD Kodak 5 Mpx (KAF-5101CE) original et unique, boîtier magnésium tropicalisé, pensé comme un outil pro robuste, monture 4/3 et gamme optique Zuiko Digital conçue pour le numérique (télécentrique, optimisation pour la lumière arrivant sur le capteur), système anti-poussière par vibrations du filtre passe-bas, une première à l’époque et qui fonctionne très bien. À sa sortie, Olympus rompt avec le plein format ou l’APS-C pour proposer un format de capteur plus petit dans un système cohérent, plus petit par rapport aux boitiers pro de l’époque, orienté qualité optique. L’E-1 est à la fois un prototype et une déclaration d’intention.
Ce qui le rend atypique aujourd’hui
Un rendu CCD “Kodak style” avec des couleurs chaleureuses, légèrement chaudes, avec une douceur dans les transitions, souvent décrites comme « organiques ». Fichiers de 5 Mpx très bon à 100–200 ISO, avec un grain numérique qui rappelle un peu l’argentique quand on monte en sensibilité. Plusieurs photographes parlent de “Kodak color science” pour évoquer cette signature : une colorimétrie plaisante sans trop de saturation, bonne pour le portrait, la photo de rue calme, le paysage doux. On lit souvent dans les discussions que les CMOS récents sont plus “cliniques” tandis que les vieux CCD, dont l’E-1, seraient plus “naturels”. C’est discutable, toutefois ce qui compte, c’est qu’une communauté entière perçoit ce rendu comme différent et attachant.
Le format 4/3 (ou 3:4 en orientation portrait) a une géométrie très particulière, presque carré, beaucoup moins panoramique que le 3:2 utilisé par Nikon/Canon/Leica. Cela donne cette sensation de photo compacte, “ramassée”, qui peut être très graphique. Olympus voulait un rendu plus proche du moyen format (6×4.5 ≈ 4:3), plus adapté aux portraits debout, (3:4 en orientation portrait → très élégant), une image plus “centrée” avec peu de de déformation latérale avec moins de zones mortes à gauche/droite, un cadre plus “composé”. Le ratio 4:3 oblige à travailler dans la verticalité et la géométrie. Dans les scènes de vie cela donne un cadre compact, une impression “instantané authentique”. Le 4:3 est un format équilibré et sobre, qui donne souvent une photo plus simple, plus lisible, plus centrée, plus ramassée, plus “calme”. Cela colle avec le CCD Kodak du E-1, qui a déjà un rendu “dessiné”.
Une bonne ergonomie… coincée dans 5 Mpx
Les tests et les retours actuels répètent la même chose l’ergonomie du E-1 est excellente, boutons dédiés, prise en main très confortable et agréable. Il donne envie d’aller faire des photos. Le boîtier est un peu lourd pour du 4/3 mais bien équilibré, conçu pour travailler. L’AF est d’époque, correcte en bonne lumière (à peu près), largement dépassé en basse luminosité. Ce qui le rend paradoxal c’est la sensation d’avoir un boîtier pro mais avec les limites d’un compact en résolution et dynamique.
Un écran minuscule et une expérience “pré-historique”
L’écran arrière 1,8″ a une définition modeste, aucun histogramme visible directement à la prise de vue aucunes manipulations alambiquées, prévisualisation limitée comme ça on ne regarde pas sans cesse son écran… La dynamique est faible, les hautes lumières sont vite brûlées. On est obligé d’anticiper l’exposition, il reconnecte avec une pratique plus réfléchie… ou cela peut agacer, selon les tempéraments.
Fiche technique synthétique
- Capteur : CCD Four Thirds, 5 Mpx (2560 × 1920)
- Sensibilité : ISO 100 à 3200
- Rafale : 3 i/s
- Obturateur : 1/4000 s au 60 s
- Viseur : optique pentaprisme, couverture ~100 %
- Écran : 1,8″, fixe
- Poids : ~735 g nu
- Construction : châssis magnésium, joints d’étanchéité (poussière / humidité)
- Monture : Four Thirds, compatible avec les micro 4/3 Olympus et OM via bagues, de nombreuses optiques manuelles existantes.
S’en servir aujourd’hui : pour quoi faire ?
Ce n’est pas du tout mais alors pas du tout un boîtier polyvalent moderne. On l’utilise aujourd’hui par choix, pas par défaut, en conscience, pour des types d’usages encore pertinents comme :
- Photographie contemplative / “slow photo” : Le faible nombre de pixels, l’AF daté, l’écran minuscule poussent à prendre son temps, à soigner le cadrage et à ne pas mitrailler. Travail sur la couleur, les ccd ont la réputation des tons rouges particuliers, des bleus granuleux et des jaunes spécifiques.
- Portraits et scènes calmes à basse sensibilité : À 100–200 ISO, le boîtier donne son meilleur, couleurs agréables, douceur, rendu très “photo imprimée 20×30” plus que “crop à 100 % sur écran 4K, rendu très début du numérique.
- Noir & blanc texturé : En post-traitement, le bruit du CCD à ISO plus élevés se transforme très bien en grain noir & blanc expressif.
- Projet “archéologie numérique” : dans une démarche artistique autour des premiers reflex numériques, de la transition argentique / numérique, pour confronter un E-1 à des boîtiers récents sur un même sujet. Dans une recherche de rendu spécifique doux ou brut, dans une redécouverte du « early numérique » avec un travail sur la couleur.

Des limites à accepter
5 Mpx : cela permet d’imprimer correctement jusqu’à 20×30 cm, voire plus si le regard reste à distance raisonnable. Montée en ISO limitée : au-delà de 400 ISO, les photos deviennent très bruité selon les exigences. AF lent, buffer modeste qui sature après 12 photos en continue, pas idéal pour sport, animalier, ni reportage nerveux. Honnêtement ce n’est pas la même chose non plus au niveau des réglages du menu et de la polyvalence qu’un boitier pro Nikon monobloc de la même époque. De plus c’est un boitier sensible aux cartes CF utilisées, par exemples les CF industrielles si elles ne sont pas fabriquées en “mode CompactFlash photo » mais en mode « Mode TrueIDE strict » (destinées aux machines automates), le E-1 ne voudra pas les formater et cela indiquera un err carte. A contrario un NIkon D2HS par exemple est lui un mange tout au niveau des cartes CF. Il faut dire aussi que Nikon D2H et D2Hs ce sont des boitiers supers pros … Le E-1 ce qui est sympa c’est sa relative compacité, la qualité du zoom Zuiko 14–54 mm f/2.8–3.5, et le rendu typé des photos.
Des fans discrets autour de l’E-1
Malgré son âge, l’E-1 ne disparaît pas il s’est relocalisé dans une niche d’utilisateurs. Des discussions régulières existent sur différents groupes DPReview, e-group.uk.net, Reddit r/OlympusCamera, blogs de passionnés, etc., où l’on voit encore des gens poster des photos et s’échanger des astuces.
Ce n’est pas une grande communauté bruyante, c’est un petit cercle de convaincus qui aime :
- La colorimétrie du CCD
- L’objet en lui-même (construction, design)
- L’histoire : premier reflex Olympus tout numérique, ancêtre du Micro 4/3.
Sociologie approximative des acheteurs d’E-1
Sur le marché de l’occasion, qui achète un E-1 aujourd’hui ? On peut distinguer plusieurs profils.
Les “archéologues du numérique” : Collectionneurs de boîtiers, passionnés de l’histoire des systèmes (Minolta, Nikon, Canon, Olympus, etc.). Ils voient l’E-1 comme un maillon clé : premier Four Thirds, fondation de la lignée qui mènera à l’OM-D E-M1 … Souvent, ils ont aussi un faible pour les Leica M8 / M9, Kodak SLR/n, premiers Canon 1D, etc
Les nostalgiques de l’argentique… pratiquants le numérique comme les photographes qui aiment le rendu de type film, les couleurs spécifiques, les petites définitions “suffisantes”. Ils utilisent volontiers des vieux CCD (E-1, Nikon D70/D100, Canon 1D) pour chercher une esthétique différente des fichiers modernes très propres. Ils parlent beaucoup de “CCD colors”, d’“âme”, de “caractère”.
Les olympusiens historiques attachés à la marque : Anciens utilisateurs Olympus qui ont gardé leurs Zuiko Digital et aiment l’idée de fermer la boucle, revenir à l’E-1 pour se souvenir du début de l’aventure numérique de la marque. Ils sont souvent actifs sur les forums Olympus / OM System, très attachés à la philosophie de la marque de compacité et de robustesse.
Les curieux pragmatiques : Attirés par le prix très bas en occasion pour un boitier pro, par curiosité : “On parle de ces fameux CCD, ça ne coûte pas très cher pourquoi pas essayer ? ». Ils testent, puis soit les revendent, soit ils les gardent comme boîtier de projets (noir & blanc, série limitée, etc.).
Pourquoi s’y intéresser aujourd’hui ?
Pour son rendu et ses contraintes : Travailler avec un E-1, c’est accepter des contraintes fortes (ISO, dynamique, faible définition) et les retourner en atouts créatifs en utilisant ses limites. La combinaison CCD Kodak + Zuiko Digital donne des photos qui ne sont pas “parfaites”, mais souvent très agréable à regarder à taille d’impression. Pour un photographe déjà équipé en matériel récent, l’E-1 ne remplace rien, il sert plutôt de “boîtier à projets”, détente, faire autrement, comme on prendrait une vieille chambre 4×5 pour un travail spécifique.
Pour un projet éditorial / artistique : photographie lente et réfléchie, l’E-1 oblige à ralentir. Dialogue argentique/numérique, on peut le placer comme pendant numérique des boîtiers argentiques atypiques. Une exploration de la “patine numérique”, le CCD ancien devient un matériau en soi pour des expérimentations..
Pour raconter une histoire de la photo numérique : l’E-1 est aussi un prétexte historique pour raconter le virage d’Olympus vers le 100 % numérique. Montrer que les choix techniques (format de capteur, monture, ergonomie) sont aussi des choix philosophiques. Réfléchir au fait qu’en 2025, certains boîtiers “obsolètes” survivent grâce à une communauté de passionnés qui projettent du sens sur leurs limites. Un appareil pour ceux qui aiment les appareils qui résistent. L’Olympus E-1 n’a plus aucun argument rationnel pour être le reflex principal d’un photographe. Il reste un objet singulier à plusieurs niveaux :
- Fondateur : premier reflex numérique Olympus et premier Four Thirds.
- Sensoriel : rendu CCD Kodak, couleurs appréciées, fichiers doux.
- Sociologique : acheté par des passionnés de niche, des collectionneurs, des curieux de la “patine numérique”.
C’est un boîtier qui, comme certains vieux films argentiques, ne se juge plus en termes de “performance”, mais en termes de personnalité. Si on accepte son âge, il devient un bon compagnon pour des projets construits, où chaque contrainte technique est une manière de choisir comment on veut photographier – pas seulement ce que l’on photographie. C’est un objet pour vivre une expérience photographique avec des racines.
Olympus n’a pas publié officiellement des plages de numéros de série. Il existe des plages probables très solides, vérifiées par les utilisateurs et revendeurs.
| Année | Plage approximative des numéros de série | Commentaire |
|---|---|---|
| Fin 2003 (lancement) | 10xxxxx – 11xxxxx | Premiers lots de lancement, sortis au Japon principalement. |
| 2004 | 12xxxxx – début 13xxxxx | Année de production la plus volumineuse. Vendu internationalement. |
| 2005 | 13xxxxx – 140xxxx | Production encore stable mais en baisse. |
| 2006 | 14xxxx – 145xxxx environ | Fin de production progressive. Les derniers lots connus tournent autour de 145xxxx. |
Sur la base des numéros retrouvés : Les numéros observés vont de 1000000 à environ 1450000. Donc ~450 000 numéros théoriques mais : certains blocs de chiffres ne sont pas utilisés, c’est classique dans les numérotations, certains numéros sont réservés aux prototypes et aux boîtiers de test, les séries ne sont pas parfaitement continues. Estimation raisonnable de la production réelle : entre 150 000 et 200 000 exemplaires produits dans le monde.
La notice du E-1 est encore présente sur l’ex site internet Olympus, maintenant OM System ce qui est remarquable et à souligner ! https://learnandsupport.getolympus.com/sites/default/files/media/files/2018/04/E-1_Manuel_de_Reference_FR.pdf
3200 iso est l’iso max avec un rendu très granuleux (bruité).


Les anciens appareils photos Olympus intéressants
Ceux au format de capteur 4/3 de type reflex quand on recherche un rendu typique du début du numérique.
| Boîtier | Capteur | Rendu | Construction | Plaisir d’usage |
|---|---|---|---|---|
| E-1 | CCD Kodak 5 MP | 🔥🔥🔥🔥 | 🔥🔥🔥🔥🔥 | 🔥🔥🔥🔥 |
| E-300 | CCD Kodak 8 MP | 🔥🔥🔥🔥🔥 | 🔥🔥 | 🔥🔥🔥 |
| E-400 / 500 | CCD Kodak 10 MP | 🔥🔥🔥🔥 | 🔥 | 🔥🔥 |
| E-3 / E-5 | CMOS | 🔥🔥 | 🔥🔥🔥🔥🔥 | 🔥🔥🔥 |
🔥 = caractère / qualité de construction/ intérêt artistique de type début du numérique (pas actuel)
Le « meilleur » objet CCD Olympus → E-1. Le « meilleur » compromis rendu / dynamique jpeg → E-300. CCD jpg les plus fins mais sans charme boîtier → E-400 / E-500.
E-1 – CCD Kodak 5 MP : Couleurs denses, rendu doux enveloppant, tons chauds, transitions douces, grain numérique épais “organique”. Sensation : Très “argentique diapo”, caractère en basse sensibilité, limité en dynamique et ISO. Un rendu organique techniquement daté. Viseur grand, clair, confortable, Mise au point correcte, boitier pensé pour travailler longtemps type usage pro.
E-300 (09/2004) : la brique, boitier visuellement un peu spécial, anguleux, zéro nostalgie reflex classique. CCD Kodak 8 MP de la même famille de rendu que l’E-1, avec + de résolution, un peu + de dynamique, transitions tonales douces. Beaucoup le placent entre l’E-1 et l’E-400 en termes de rendu, moins “épais” que l’E-1, plus charpenté que l’E-400. C’est un CCD Kodak équilibré, ni trop brut, ni trop doux. Viseur pas immersif, correct sans plus, plus petit que l’E-1, déclenchement agréable, boîtier très stable en main malgré sa forme. Construction en plastique épais rigide, sensation de solidité malgré le look jouet industriel, Il vieillit plutôt bien (peu de pièces fragiles) pour un boitier présenté à sa sortie comme entrée de gamme en reflex..
E-400 / E-410 / E-500 / E-510 – CCD 10 MP : toujours ce micro-contraste typique CCD, jpg avec + de finesse, tenue des détails, couleurs un peu plus neutres. Sensation : peut être préféré/E-1 car moins “brut”, + souple en post-traitement, moins radical. Viseurs clairement les plus petits, pas très confortables. Certains trouvent que les E-400/E-500 sont les meilleurs CCD Olympus en rendu pur, même si le boîtier est fade ; d’autres préfèrent le E-1 pour sa qualité de construction, son viseur, la sensation, son identité de 1er ccd et son caractère brut, rugueux mais enveloppant, typique de ce qui est attendu d’un capteur du début du numérique …
Les E-3 / E-5 sont en capteur CMOS, excellents boîtiers mais leur rendu n’est pas CCD, + « propre », plus neutre, plus “numérique”.
Quels capteurs CCD ?
En reflex, on parle du rendu en jpeg direct boitier. En raw on peut interpréter avec un post-traitement.
CCD KODAK — les rendus “cinéma” et « organiques »
Olympus E-1 : 5 MP Kodak, couleurs denses, rouges profonds, rendu enveloppant, look cinéma, grain très organique, photos intemporelles.
Olympus E-300 : même famille Kodak, rendu encore + “dessiné”, contraste particulier, + bizarre, mais intéressant.
Olympus E-400 / E-410 / E-420 : dernier CCD Kodak Olympus, les + « propre », encore poétique mais avec moins de caractère que les plus anciens.
Kodak DCS Pro SLR/n & SLR/c : plein format CCD Kodak, rendu quasi moyen format, capricieux, énorme et lent, + aspect collection que praticité d’usage, rendu Kodak.
Nikon D1 / D1H / D1X : fomats APS-C (DX), période 1999–2001. D1 est le premier DSLR pro aisément utilisable. Couleurs très typées “Kodak”.
Nikon D1X (2001) n’a pas le même capteur CCD Kodak que le D1, c’est un spécifique pour ce boitier, le rendu est différent avec le D1X. Sa matrice n’est pas identique avec 5,3 MP effectifs au lieu de 2,7 MP. Le rendu est sec et fait très numérique, les rouges sont très saturés et les hautes-lumières brûlent rapidement, son rendu peut ne pas plaire… il sépare très fortement les plans, accentue les transitions, ne tolère pas l’approximation d’expo. Les photo donnent un rendu très découpé avec peu de liant, une sensation de rigidité, le bruit a peu de diffusion, + “grille” que “grain”, image qui “découpe” plus qu’elle ne relie. Là où le Canon 1D tend, le D1X durcit. Le D1X a une exploitation différente avec une matrice rectangulaire et non carré avec des photosites plus hauts que larges, un double échantillonnage vertical. En 2000 doubler la densité donne un bruit incontrôlable, un rendement industriel trop faible, un coût énorme. Solution limiter la montée du bruit avec des pixels rectangulaires. Pourquoi ça ne s’est jamais refait ? c’est une subtilité pas facile à expliquer en argument commercial, le CMOS a ensuite progressé très vite, les pixels carrés sont plus simples et moins onéreux à fabriquer, les logiciels préfèrent traiter l’isotrope et avis subjectif le rendu est vraiment raide…
Nikon D1 (199) : ccd 1ère génération, couleurs spécifiques, rendu années 90–2000 assez brut. Nikon avant son LBCAST, cherche, lisibilité immédiate, rendu fiable, photos “qui passent” en agence, pas de style démonstratif, le JPEG est informatif. À l’époque (fin 90 / début 2000) Nikon parlait surtout de traitement d’image et de chaîne optique. Les marques ne communiquaient pas sur les fondeurs, elles ne répondaient pas à la question du qui fabrique le capteur. Kodak était partout dans le numérique pro, mais très rarement mis en avant, Le capteur n’était pas encore l’argument principal. Il était présenté comme un composant parmi d’autres et non pas comme « l’âme » du rendu (ce qu’il est devenu plus tard), dire “capteur Kodak” n’apportait rien au récit commercial de l’époque. C’était très souvent contractuellement verrouillé, par des clauses de confidentialité (avec des NDA stricts). Pour des marques comme Nikon, Canon, Leica, dire clairement “le cœur du boîtier est fabriqué par un tiers” posait plusieurs problèmes : perte de maîtrise symbolique, dilution de l’identité, risque de dépendance perçue. Même quand le capteur était excellent, le mettre en avant revenait à dire « sans eux, on ne peut rien faire ». Ce n’était pas acceptable pour des marques historiques. C’était aussi pour éviter les comparaisons directes si Nikon disait “CCD Kodak” alors immédiatement il y aurait des questions, pourquoi Leica a-t-il un rendu différent ? pourquoi Kodak DCS donne autre chose ? pourquoi Canon n’utilise pas Kodak ? Le silence évitait les raccourcis simplistes du type “c’est le même capteur donc la même image”. À l’époque, le numérique était encore perçu comme mystérieux, en évolution permanente. Garder le capteur opaque permettait de maintenir l’idée d’un savoir-faire maison continu, de changer de fournisseur sans bruit, d’évoluer sans renier la génération précédente. Le paradoxe est que maintenant certains passionnés cherchent ce qui était caché. Ce qui est fascinant, on peut rechercher le caractère, pas la performance. Le silence d’hier est devenu un objet de désir d’aujourd’hui, on traque les CCD Kodak et les chaînes de traitement perdues.
Nikon D1H (2001) : C’est le concurrent du Canon 1D en 2001, APS-C (facteur ≈ 1,5×) 2,7 MP optimisé pour la vitesse et la presse (H = High speed), orienté action, il garde le capteur de 2,7 mégapixels du D1 avec un traitement optimisé. Il n’a pas la sécheresse du D1X avec moins de rugosité brute, sans le rendu de type “ingénieur”, des transitions plus continues, un micro-contraste moins cassant. le rendu fait moins “numérique” dans la sensation. Il est proche du D1 en étant + véloce et avec une domestication de ce capteur rugueux d’origine. C’est la version que l’on peut préfèrer des trois Nikon D1. Cette architecture a été choisie pour la rapidité de lecture avec possiblement 8 images/s, un record pour 2001. Le Nikon D1H (2001) sort la même année que le 1D, sur la même cible pro action, c’était le concurrent direct du Canon 1D. Entre 2001 et 2003 Nikon développe alors son propre capteur LBCAST pour son D2H qui veut surpasser le 1D, Canon a la réputation de mieux maîtriser la couleur, Nikon refuse d’acheter des CCD externes afin de faire différent, 100% maison et ainsi de se démarquer et de ne pas dépendre des capteurs Sony ou Kodak. C’est une période tendue entre ces deux fabricants. Fin des années 90 / début 2000 Canon et Nikon jouent leur crédibilité historique, le numérique pro est stratégique : sport, presse, JO, agences de presse, c’est une vitrine pour le marché mondial. Chez Nikon, il y a une ligne idéologique à l’époque de maîtriser toute la chaîne, optique, boîtier, capteur, traitement, fiabilité, c’est pourquoi aussi il y a eu la fin de la collaboration avec Fuji. Ces choix ont laissé des rendus qu’on retrouve moins dans le numérique récent, des signatures visuelles très marquées car l’enjeu était là aussi faire mieux que l’argentique avec des boîtiers à très forte personnalité, chacun voulait faire du solide et du fiable, c’est le marché pro exigeant qui donnait la crédibilité au numérique photo pour le marché grand public.
Aucun Pentax en CCD Kodak reflex, aucun Minolta / Sony Alpha avec capteur CCD Kodak. Aucun reflex après 2006. Leica M 8 et M9 sont en ccd kodak mais ce ne sont pas des réflex.
CCD SONY — la série 6 / 10 MP
Les plus polyvalents en “film-like”.
Sony A100 : 10 MP CCD, rendu Minolta, doux, poétique, bien pour la contemplation. 1er appareil photo reflex numérique commercialisé par Sony en 2006 après le rachat de Minolta. Le Sony A100 est le Minolta 5D/7D modernisé. Le capteur CCD Sony 10 MP (ICX-483AQ) fait partie des meilleurs CCD jamais fabriqués. l’Alpha 100 fonctionne avec les optiques Minolta AF (dont certaines optiques très bonnes et pas chères). Il incarne une histoire : le passage Minolta → Sony. Le même capteur est sur Samsung GX-10, Nikon D80, Nikon D200, Pentax K10D, avec des traitements différents.
Konica-Minolta Dynax/Maxxum 7D : capteur CCD Sony ICX-413AQ, chaleureux, couleurs « Minolta », douceur. Un boîtier presque méditatif. 6,1 mégapixels, mais avec un rendu qui dépasse ce que son nombre de pixels pourrait laisser penser. Avant le rachat par Sony, Minolta était réputé pour une colorimétrie douce, chaude, dite « naturelle ». Ce capteur a ce traitement couleur, l’un des rendus les plus poétiques du numérique (pas tranchant, pas sec, enveloppant). C’était le modèle haut de gamme de la gamme reflex numérique Minolta. En 2003, Minolta a fusionné avec Konica, en mars 2006 Konica-Minolta a annoncé son retrait de l’activité appareils photos et a vendu tous ses actifs à Sony. La gamme d’appareils photo Alpha de Sony s’est appuyée au départ sur la ligne numérique Konica-Minolta en conservant les fonctionnalités du Dynax 7D et du 5D populaire, en particulier la technologie intégrée de stabilisation du capteur (Anti-Shake) ainsi que la monture des optiques.

Le Konica-Minolta Dynax/Maxxum 7D a été jugé assez sévèrement à sa sortie en 2004-2005. La perception actuelle est + positive, précisément à cause de son rendu CCD et de son ergonomie. À sa sortie, le 7D arrivait tard sur un marché où Canon avec ses 300D / 350D dominaient par le prix et la montée en ISO, le Nikon D70 était plus rapide et moins cher, le Pentax *ist DS était compact et très bon en JPEG. Les tests de l’époque évaluaient avant tout : 1 – Le rapport qualité/prix. Le 7D coûtait nettement plus cher que ses concurrents… pour une qualité d’image jugée équivalente. 2 – Les performances pures, les critiques portaient surtout sur une montée en ISO limitée (ISO 800–1600 déjà bruités), une rafale assez faible, un AF correct mais pas leader, une dynamique dans la moyenne, un buffer vite saturé. 3 – Le fait que Konica-Minolta arrivait en retard alors que les testeurs « généralistes » privilégiaient les performances brutes et la logique marché : Canon et Nikon étaient déjà solidement installés. Les tests anciens reflètent l’époque, focalisée sur la rapidité, le bruit numérique, le prix et non pas la qualité esthétique singulière du rendu.
Ce qui a changé aujourd’hui : On ne juge plus le 7D comme un appareil “performant”, mais comme un appareil “à rendu CCD”. Le 7D est recherché pour son capteur CCD Sony 6 MP (comme le Nikon D100, Pentax *ist D, Leica Digilux 2, etc.) car il produit des couleurs profondes et légèrement épaisses, des tons chair doux, un contraste naturel, une micro-texture organique, une lumière « analogique numérique », typiquement CCD. Les JPEG couleur « Minolta » sont réputés pour une balance des couleurs juste, une tonalité chaude héritée de l’argentique. Le 7D a une ergonomie considérée aujourd’hui parmi les meilleures conçues sur un reflex, avec molettes physiques dédiées, pas de menus complexes, tout tombe sous la main, un bon viseur, un boîtier solide. Beaucoup de photographes actuels disent : “C’est un boîtier conçu par des photographes.” Son stabilisateur intégré était une évolution, le premier stab capteur du marché reflex. Aujourd’hui encore, il est pratique avec des optiques anciennes Minolta AF. Le retour de l’intérêt pour des appareils CCD le revalorise car il fait partie des meilleurs rendus CCD 6 MP. A l’époque, les tests comparaient prix, bruit ISO, rapidité de l’autofocus, la dynamique, l’innovation « utile », sur ces points le 7D était « seulement correct ». Les reviewers n’évaluaient pas encore l’esthétique du rendu CCD qui était considéré comme “normal”, pas comme un atout. Maintenant on en parle différemment parce que le regard des photographes, s’intéressant à ce type de boitiers, a changé. On recherche un rendu particulier et pas du tout la perfection, le “CCD look origine”, ce qui rend les couleurs Minolta repérées, le boîtier est devenu abordable et attachant, on apprécie avant tout l’expérience photographique procurée, pas la polyvalence, pas de pouvoir tout faire avec.
Dynax/Maxxum 5D : même capteur ICX-413AQ, rendu encore plus doux avec un traitement “soft” des jpg, un boîtier plus simple, des JPEG genre film amateur.
Nikon D80 : même capteur que A100 avec un rendu plus chaud, bien en portrait / lumière douce, très “naturaliste”, à tendance toutefois à vite brûler les hautes lumières.
Nikon D200 : même capteur, avec un traitement plus “dur”, couleurs punchy, un CCD nerveux qui claque.
Pentax K10D : même capteur Sony 10 MP, couleurs saturées, très diapositives, bien pour paysages et couleurs vives.
Pentax *ist DS / DL : CCD 6 MP, rendu très argentique, très doux.
(Non reflex) Leica Digilux 2 / Panasonic LC1 : CCD 5 MP Sony, rendu « cinéma », zoom Vario-Summicron de grande qualité. Sony était le fournisseur majeur de CCD haut de gamme à cette période, beaucoup de compacts experts et bridges premium utilisaient leurs capteurs. Le rendu du Digilux 2 est plus “net / contrasté” que celui du Digilux 1 (capteur Panasonic lui). La signature ne vient pas seulement du CCD, il y a l’optique Leica DC Vario-Summicron 28–90 mm f/2–2.4, le traitement Leica sur les jpeg (courbes, contraste, couleur). Le CCD Sony est connu pour un micro-contraste affirmé, un rendu “ciselée”, des couleurs un peu + denses que les CCD Panasonic.
CCD FUJI SUPER-CCD — les couleurs de type film négatif
Les plus proches de la pellicule, capteur très spécifique avec des photosites inclinés en losange et non carrés, parfois deux photosites par pixel, pour étendre la dynamique, augmenter la résolution perçue avec des transitions tonales douces. Il s’agit d’un capteur avec une architecture de pixels très particulière avec une idée assez géniale pour la dynamique. Au lieu d’avoir des pixels alignés en grille carrée (comme la plupart des capteurs), Fuji place ses “photosites” en grille inclinée / en nid d’abeille (souvent décrit comme un motif diagonal). L’inconvénient pour obtenir un fichier “normal” (grille de pixels carrés), l’appareil doit recalculer et interpoler (dématriçage + remise en grille). Cela demande du calcul avec des compromis. Avantage : ça échantillonne l’image d’une manière plus “fine” dans certaines conditions de lumière.
Fuji S2 Pro est l’ancêtre direct des S3 et S5, sans la techno SR. C ’est un Super CCD (géométrie inclinée) “simple” pas de double photodiode, environ 6 MP natifs (interpolés en 12 MP). Déjà une patte Fuji reconnaissable qui est une priorité donnée aux transitions et à la couleur, plutôt qu’au contraste et au piqué. Chercher à ce qu’il n’y ait pas de “mur blanc brutal” avec la lumière qui semble s’étaler et pas exploser. A l’époque, ils sont dans une culture de l’argentique en tant que fabricant de films à l’origine.
Fuji S3 Pro : Super CCD SR de 1ère génération, tons de peau, look argentique pastel. Il est intéressant historiquement, avec déjà un très beau rendu en lumière douce. Le S5 offre une dynamique plus stable surtout en hautes lumières, il exploite mieux les pixels R, gère plus finement la fusion S/R. Le S3 est plus lent, buffer et AF plus limités, boîtier de base Nikon + ancien.
Fuji S5 Pro : La version “ultime” des CCD Fuji. Rendu pastel. Pour certains, un des plus beaux rendus numériques jamais créés. Le S5 Pro n’est pas seulement “Super CCD”, c’est surtout Super CCD SR (SR = priorité à la dynamique). Chaque “point” de la photo repose sur deux photodiodes. R-pixel (Range) : plus petit, moins sensible → évite de cramer les hautes lumières. S-pixel (Sensitivity) : grand pixel, très sensible → capte bien les ombres et les tons moyens. Quand la scène est contrastée, le S-pixel saturerait (blanc cramé), grâce au R-pixel, il garde de l’info dans les hautes lumières, l’appareil fusionne les deux pour sortir une photo avec des blancs plus “tenus”. Résultat typique du S5 Pro des hautes lumières très élégantes, le ton de peau souvent très agréable, une sensation “film” dans la gestion des transitions de tons (quand on expose pour les hautes lumières). Le S5 Pro fait comme une photo en “deux expositions”, une pour les ombres (S), une autre “plus prudente” pour les hautes lumières (R), puis mélange proprement les deux. Il y a 6,17 millions de pixels S (sensibles, pour les ombres et tons moyens) et 6,17 millions de pixels R (moins sensibles, pour les hautes lumières). Les pixels S et R ne forment pas deux images séparées de 6 MP. Ils sont appairés, chaque pixel R est associé à un pixel S voisin. Ensemble, ils représentent un seul “point image” enrichi en dynamique, donc pas 12 MP de détail spatial. Au niveau des détails dans le rendu, on est dans un très bon 6 millions de pixels à dynamique large. Le Super-CCD utilise une mosaïque couleur de type Bayer (RGGB), mais disposée autrement, ce qui change la façon dont le vert est échantillonné avec 25 % de pixels bleus, 50 % de verts, 25 % de rouges. Le vert est majoritaire parce qu’ il sert de base à la luminance (détails, textures), l’œil humain est le plus sensible au vert. Sur le Super-CCD Fuji, les filtres sont toujours bleu, rouge, vert c’est bien un Bayer RGGB. La différence, est sa géométrie disposés en nid d’abeille / losanges, pas en carrés avec les photosites inclinés à 45°. Ainsi le motif vert est plus “continu” dans toutes les directions, pas seulement en horizontale/verticale. Grâce à la rotation du motif le vert est mieux réparti spatialement, la luminance est plus fine dans les diagonales, les transitions de tons (peau, ciel, hautes lumières) paraissent plus douces et continues. Ce n’est pas “+ de pixels vert”, c’est du vert mieux exploité. S et R ont chacun leur propre filtre couleur. Il existe des verts R et des verts S. Ce sont les verts qui profitent le plus du système SR. D’où cette sensation très “film” sur les peaux et les blancs. Les verts S construisent la matière et les détails, les verts R empêchent les hautes lumières de s’écraser. En combinant un vert très présent (comme tous les Bayer), une géométrie diagonale, et une double lecture S/R, le S5 Pro produit moins de micro-piqué « clinique », des dégradés propres, des hautes lumières qui montent doucement. C’est pour cela qu’artistiquement, beaucoup trouvent le rendu encore magnifique bien que techniquement, ce ne soit pas un monstre en résolution. C’est cette combinaison (Bayer classique + géométrie inclinée + S/R) qui donne un rendu “moins numérique” que beaucoup de CMOS de la même époque avec des dégradés doux, des hautes lumières qui montent + progressivement.
Pourquoi cette technologie n’a pas continué ? Plusieurs raisons se cumulent : Complexité + coût important. Deux photodiodes par point (S+R), est une architecture très spéciale, avec un traitement interne lourd. Le S5 Pro est connu pour ses fichiers annoncés à 12 MP, toutefois la résolution “réelle” (au sens détail fin) est plus proche d’un capteur de ~6 MP en densité de photosites “S” principaux, avec interpolation. Cela rend la fiche technique confuse face à des capteurs classiques “12 MP” complets. À l’époque, le CMOS s’est mis à progresser très vite avec l’intégration de fonctions (réduction bruit, etc.) plus facile à fabriquer, surtout moins gourmand en énergie, avec une lecture plus rapide, moins de chauffe et un meilleur potentiel en montée en ISO. Le CCD (même bon) devenait moins compétitif à produire et + difficile à faire évoluer. Avec le temps, les CMOS ont beaucoup gagné en dynamique, en traitement RAW, via des techniques type dual conversion gain / double gain (approche différente avec le même but de mieux tenir ombres + hautes lumières). L’avantage du SR s’est réduit, alors que ses coûts/contraintes restaient. Les CMOS récents ont explosé la plage dynamique. Toutefois le S5 Pro garde encore un petit “truc”. En dynamique mesurée → CMOS moderne gagne. En dynamique perçue dans les hautes lumières → le S5 peut encore paraître très beau avec sa transition dans le blanc et des couleurs très progressives, une saturation douce sans “mur numérique” brutal.
Un CMOS récent bien exposé + bien développé en base raw, fait mieux techniquement. Ce qu’il reste aujourd’hui au S5 Pro c’est son rendu, une certaine « signature », particulière, mais pas une performance brute supérieure.
NIKON — les rendus bruts / reportage / type « argentique » non ccd mais proches
Pour les ambiances fortes. Pas vraiment des ccd ceux là …
Nikon D2H / D2Hs (non ccd) : 4,1 MP, axé rapidité d’usage (pour l’époque), réactif, orienté action, sports, très bonne ergonomie, grain typé « film », rendu nerveux avec des couleurs plutôt denses, type documentaire presse, reportages. Le nouveau capteur LBCAST Nikon ici est un entre-deux historique et original, non reproduit par la suite, pas CCD au sens strict, pas CMOS non plus, pas “clean & lisse” comme après 2008. Résultat : micro-contraste fort (selon l’optique utilisée) réponse un peu sèche, grain visible mais non plastifié. Visuellement, ça rappelle certains CCD, surtout en JPEG bien exposé. Très bon boitier avec un rendu surprenant/époque de fabrication. Entre ISO 200 et 800 le D2Hs est très crédible visuellement encore aujourd’hui, le grain est là mais lisible, la dynamique reste cohérente, c’est la plage où on associe le “look CCD” de ce capteur atypique. Différences D2H et D2Hs, le capteur est strictement le même. 6400 iso max sur le D2Hs très granuleux. La vraie amélioration est surtout visible entre ISO 800–1600 avec un rendu plus homogène. Le D2H a un rendu + brut, + rugueux avec un risque de banding. Le D2Hs a été optimisé pour être + stable, c’est la version aboutie de ce capteur. Avec les deux, exposition précise obligatoire, ne pas trop sous-exposer, pas de gros remontage des ombres possible = post-traitement léger pour garder son caractère.
Les Nikon D2X / D2Xs (non ccd) il faut insister ils n’ont pas un capteur CCD, c’est un CMOS Sony (APS-C 12,4 MP) précoce qui monte peu en iso et qui donne un rendu intéressant, “sec”, dense, parfois un peu brutal, c’est du tranchant mais pas « chirurgical », avec une impression CCD car ils n’ont pas encore le rendu lissé des CMOS modernes, peu de réduction de bruit natif, une courbe tonale native assez dure, un micro-contraste élevé. Ils sont parfois (souvent) confondus et identifiés comme boitiers ccd. Ce CMOS sur les D2X / D2Xs monte peu en ISO non pas par défaut, mais par un choix technologique de l’époque. On est en 2004, à ce moment-là, le CMOS photo n’a pas encore les amplis par pixel performants, n’a pas de double conversion gain, n’a pas de traitement de bruit « intelligent », n’a pas de lecture parallèle propre. Ce CMOS Sony est très dense, pensé d’abord pour la résolution, pas pour la montée ISO avec des photosites très petits, une capacité de charge faible, un rapport signal / bruit dégradé dès qu’il est amplifié, à 100 ISO cela donne de superbes micro-détails, à 400 ISO le signal commence à s’effondrer, à 800 iso l’amplification de bruit surpasse le signal. c’est ce signal trop faible qui est poussé. Nikon a fait le choix de ne pas lisser, de préserver les détails avec un rendu qui privilégie les contours, avec un bruit visible dès que les iso montent. Le D2X est pile au moment où la bascule de la course au nombre de pixels s’opère. Canon a sorti son EOS-1Ds avec 11 MP plein format en 2002 qui a convaincu beaucoup de professionnels à passer au numérique. Les magazines, les fiches techniques, les vendeurs ne parlent que de méga pixels. Nikon ne peut plus rester à 6 MP sans perdre la bataille commerciale axé sur le nombre de pixels, le D2X arrive avec 12,4 MP APS-C ce qui est énorme pour l’époque avec priorité à la résolution mesurable, au rendu de type diapositives, il faut qu’il soit supérieur à l’argentique … C’est l’époque du + de pixels = + pro ; + de pixels = + moderne, + de pixels = meilleure photo dans l’imaginaire collectif. Il fallait battre le rendu de l’argentique donc le D2X envoyait du lourd en termes de rendu à 100 iso. C’est une période de rupture, on sacrifie la tolérance du signal pour favoriser le détail à destination des photographes qui n’ont pas l’utilité des hauts iso. A 100 iso les photos du D2x claquent, ce qui était favorable au niveau marketing pour la promotion sur catalogue ou sur leur site internet. Même actuellement le rendu est surprenant à bas iso. Ensuite avec le D3/D700 plein format 24X36, Nikon abandonne un moment la course aux nombres de pixels, il revient au signal robuste, amplifiable, avec des grands pixels, la techno CMOS + mûre. Nikon D1X = signal ccd rugueux ; D2X = nombre de pixels comme argument et rendu de base à 100 iso spectaculaire ; D3 = réconciliation technologie avec montée en iso ++.
FOVEON (pas CCD mais dans le même esprit)
(Non reflex) Sigma SD14 / SD15 : micro-contraste 3D, couleurs « naturelles », un capteur numérique très “matière”.
CCD PANASONIC — rendu atypique
(Non reflex) Leica Digilux 1 (2002)(quasi point-and-shoot numérique) : CCD Panasonic 4MP atypique équipé de filtre couleur capteur CYGM, (Cyan, Yellow, Green,Magenta) ; ce ne sont pas des couleurs primaires, mais des couleurs composites avec captation des mélanges de couleurs, puis il les déconstruit pour recréer du RVB. On est proche de la logique tirage argentique en couleurs complémentaires. Le filtre du capteur n’est pas RGGB (les rouges et les bleus sont + saturés), Les couleurs sont reconstruites mathématiquement, elles sont moins “exactes”, mais plus orientées « matière ». Les couleurs s’influencent entre elles, une dominante n’est pas isolée, un ajustement touche tout le reste. ISO 100, 200 et 400 uniquement. Prix à sa sortie 1 300 €. Boitier design avec peu de réglages possibles, très lent en usage actuel, rendu spécifique, « poétique », peu de « sensation » numérique, couleurs particulières, viseur plus étroit que le cadrage final. Objectif zoom optique 3× Leica Vario-Summicron de qualité, avec un longueur focale de 7 ~ 21 mm (équivalent à 34 ~ 102 mm) ouverture f /2.0~2.5. Limité à f8 et 1/1000ème de seconde (attention par grand soleil, possibilité d’ajout d’un filtre polarisant ou ND pour atténuer), 400iso max, flash intégré. Hautes lumières de type diapo bien exposée, pas tolérantes qui montent rapidement mais élégantes, ne pas sur-exposer, utiliser à -1/3 EV plutôt. Bruit de type granuleux très visible à 400 iso jpg, plus faible en tiff, rendu texturé, Tiff (raw) disponible pour post-traitement léger comme rabaisser la courbe pour atténuer les blancs … Un quasi compact argentique sans pellicule, on peut se fixer par exemple à 400 iso en mode priorité ouverture et faire du noir et blanc typé quasi Tri-X Kodak. Endurance batterie neuve entre 150–170 photos en JPEG + TIFF. Usage conseillé aujourd’hui, ne pas chercher à “améliorer” le fichier, ne pas lisser le bruit, ne pas corriger les couleurs, profiter de son rendu très spécial, très début du numérique. Axer le rendu sur cette sensation de matière photographique, texture, limite lo-fi, laisser le rendu « early numérique » qui parait complétement dépassé, justement c’est ça son charme. (Cousin Panasonic DMC-LC5).
(Reflex DSLR) Canon EOS-1D (déc 2001) : Il y a un doute sur le fabricant du capteur, c’est très probablement un ccd Panasonic et pas un Kodak. Le Canon 1D utilise un capteur CCD externe non Canon, dont l’origine exacte n’est pas officiellement documentée, mais dont le rendu s’inscrit clairement dans l’esthétique CCD pro du début des années 2000. Le rendu ne ressemble pas vraiment à ceux des capteurs Kodak. La base de la construction du boitier, est le Canon EOS-1 V argentique, avec un capteur au format APS-H entre APSC et plein format (x1,3), 4,15 MP, premier reflex numérique Canon avec pour usage cible presse et sport. Vendu 8500 € lors de sa sortie. Il a lancé la gamme pro 1D. C’est un boîtier qui ne “cinématise” pas et ne lisse rien. Le rendu est direct, franc, orienté impact plutôt qu’enveloppement. Les transitions tonales sont localement douces, mais globalement abruptes, avec une sensation de tension et de contraste structurel marqué. Le micro-contraste est élevé, la séparation des plans nette, sans mollesse. Les rouges sont solides, parfois un peu épais, les tons chair réalistes,, les verts neutres, sans dérive “printemps”. La balance globale est plutôt neutre. À partir de 400 ISO, le bruit est majoritairement de luminance, fin et granuleux gris, avec très peu de bruit coloré. La structure reste lisible et ne détruit pas les contours. Les hautes lumières montent vite, les ombres se ferment sans boue ni mollesse, avec peu de latitude de récupération. Il n’y a pas besoin d’un post-traitement appuyé des raw, au contraire, le contraste est déjà bon,si la photo est bien exposée. Ce boîtier exige une exposition soignée sans sous-exposer. Le rendu natif fait « numérique », il ne cherche pas à imiter l’argentique. Le CCD du 1D privilégie la lisibilité et l’impact, n’adoucit pas, ne cherche pas la flatterie, c’est clairement typé usage reportage presse. L’argentique a tendance à mélanger les plans, à superposer les densités, créer une profondeur diffuse. Le 1D sépare, hiérarchise, découpe l’espace. C’est très reportage, très “factuel”. Pas facile à définir plus clairement c’est franc sans être trop clinquant et sans être raide et rigide. Même aujourd’hui il peut impressionner (dans le sens ah oui c’est bon pour l’époque), si on apprécie ce rendu pas dans le trop, bien équilibré dans la zone 200-400 iso, cela donne des photos au rendu qui ne fatigue pas, pas trop claquantes, juste assez dans le ce qu’il faut en mode reportage avec ce rendu de témoignage, pas de poésie. Au sujet de la durabilité de l’obturateur une déclaration d’un collaborateur de l’entreprise avait indiqué :Le mécanisme d’obturation (la première chose susceptible de tomber en panne) est « garanti » à 150.000 cycles, bien qu’il soit généralement prévu de durer beaucoup plus longtemps que cela (le même mécanisme sur une caméra de film EOS-1V a duré 400.000 + cycles dans un test indépendant). Si on est sensible à un type de rendu franc du collier, le Canon D1 en APSH coche beaucoup de cases relatives à la tenue globale de l’image, au liant entre les plans, à la franchise sans dureté, Ce n’est pas un boîtier de hype, c’est un boîtier de regard. Un CCD de caractère avec un traitement Canon de l’époque, une posture éditoriale assumée. Ce n’est pas juste un “vieux boîtier pro”, c’est un équilibre très particulier, subtil, pas enveloppant, ni excessif dans l’autre sens, côté séparation des plans. Les meilleurs mots sont, un rendu franc sans être sec et sans être très « clinique ». On peut beaucoup aimer à la fois son rendu et l’expérience photographique avec car il est réactif, un boitier typé reportage témoignage.
Le post-traitement
Le post-traitement peut accentuer ou dénaturer, mais il ne peut pas créer un rendu CCD qui n’existe pas dans le fichier source. Il ne peut pas changer la nature du capteur. On peut augmenter le contraste, saturer, changer les couleurs, ajouter du grain, modifier la dynamique… On ne peut pas simuler complétement la façon dont le capteur réagit à la lumière et aux hautes lumières, changer la structure du bruit numérique du capteur, inventer la réponse tonale native, reproduire la texture des photosites 6 MP de 7,8 µm, recréer la manière dont un CCD “ramollit” les transitions. C’est comme essayer de transformer du numérique récent en film, on peut s’en rapprocher, mais ce n’est jamais totalement pareil.
La structure du bruit (grain CCD) : le bruit d’un CCD n’est pas uniforme, il évolue avec la lumière, il “respire”, génère des « micro-mottling » organiques (des micro-crottes de mouche haha), il y a un mélange léger de la couche rouge. Aucun plugin ne reproduit exactement ça. Même Dehancer n’y arrive pas complètement.
La réponse tonale (highlight rolloff) : Le CCD “casse” la lumière, les hautes lumières brûlent progressivement, les ombres ne s’écrasent pas brutalement, le contraste global est plus doux, les transitions sont plus molles, plus film, Les CMOS modernes ont des transitions dures. On peut les adoucir, mais la courbe native reste différente.
La « science des couleurs » propre à chaque marque / génération en jpeg boitier : Minolta : chaleur + douceur + verts subtils; Olympus Kodak : densité + rouges profonds. Fuji : tonalités pastel + couches S/R. Nikon : look “photojournalisme early 2000”. On peut imiter partiellement, pas recréer la vraie matrice de texture du capteur. C’est comme un vin, le terroir de la vigne d’origine reste là.
Pourquoi les CCD ont une signature impossible à “fabriquer” exactement : parce que leurs photosites sont énormes 7 à 9 microns pour les 6 MP APS-C ce qui donne transitions douces, bruit agréable, pas de micro-contraste violent. ils n’ont pas de “traitement numérique embarqué et transmis dans le raw”. Aujourd’hui, un CMOS applique automatiquement sharpening, NR multi-pass, corrections optiques, débruitage couleur, lissage On ne maîtrise plus la matière brute. Un CCD est + matière brute.
Le post-traitement peut “augmenter” les qualités d’un CCD. Un CCD bien traité reste un CCD. On peut amplifier son côté cinéma, pastel, brut, organique, argentique texturé, poétique. Le post-traitement ne peut pas créer un grain CCD qui est + sur la luminance, une tonalité générale CCD, une dynamique CCD réduite, car cela vient du type de capteur. On peut imiter le style mis pas reproduire exactement, on ne peut pas imiter la structure du signal numérique qui vient du capteur avec une structure technique différente qu’un CMOS.
Dans certaines situations les raw ccd ne sont pas faciles à traiter
Les hautes lumières “claquent” vite même sans soleil. La dynamique du CCD est faible ≈ 8–9 EV réels. Même un ciel gris ou une surface claire surtout sous la pluie, on peut arriver très vite au blanc, la courbe de réponse monte vite dans les hautes lumières. Le rendu “brillant” du CCD vient aussi du traitement interne. Olympus et Kodak, appliquaient un gamma fort, un rolloff assez dur et une accentuation douce présente, donc dès que l’on est proche du blanc, ça tape. Les surfaces claires sont “sensibles” sur CCD. Sur cette photo la poubelle grise est très réfléchissante, le sol est humide, le métal du vélo réfléchit les hautes lumières, les feuilles mouillées brillent. L’ensemble génère des micro-reflets, le CCD les pousse vite vers le haut. On cherche un bleu du vélo et un vert très CCD, des ombres fermes, toutefois les hautes lumières restent un poil “nerveuses”, ce qui est normal avec ce capteur Kodak-Olympus. On en arrive à construire une courbe des tonalités atypique en baissant fortement les hautes-lumières. Traitement encore pas abouti car un peu terne … Le CCD, surtout sur un Olympus E-1, est un capteur qui demande de la patience et beaucoup de micro-ajustements …. Cette photo est pour montrer comment les blancs montent vite, qu’il est important de bien connaitre la réaction du matériel utilisé. Il n’y a pas de surexposition, les blancs ne sont pas brûlés du tout, toutefois le métal réfléchissant est très présent. Il provient de la nature du capteur avec lequel on a besoin d’être attentif à l’exposition en sachant que les zones claires montent rapidement tout en restant crémeuses.



Olympus Studio 2 était vendu à l’époque comme logiciel “officiel” de traitement pour les boîtiers 4/3 (E-1, E-300 / E-330 etc.), avec possibilité de gérer les RAW. Le logiciel était protégé par une clé de licence qui n’est plus activable. Il est possible de l’utiliser en mode essai de 30 jours qui ne se coupe pas car le serveur pour l’activation n’est plus fonctionnel. En plus récent il y a aussi OM Workspace. Olympus Studio 2 était apprécié à son époque pour la qualité de son rendu des RAW propres à Olympus et certains utilisateurs anciens disaient que, pour certaines photos, les résultats pouvaient sembler différents (par ex. netteté par défaut). Workspace est un outil plus complet pour le flux de travail moderne. Il donne une bonne conversion RAW. Il est satisfaisant pour traiter les fichiers Olympus/OM, même si les workflows pros préfèrent des logiciels externes plus puissants (Lightroom, Capture One, etc.). Toutefois Studio 2 rend très fidèlement la « patte » Kodak/ Olympus à capteurs CCD de 2003 avec des couleurs douces, saturées juste ce qu’il faut, et des rouges spécifiques. OM Workspace ne reproduit pas exactement le rendu obtenu avec Olympus Studio 2.
Ici par exemple des photos avec un Fuji XT-2, on n’a pas un rendu texturé ccd même en travaillant les couleurs rendu dit « propre ».


Si dessous Leica M8 ccd avec des couleurs denses et subtiles, vaporeuses et pas un rendu tranché de type CMOS récent.

C’est avec les tons rouges que l’on voit une différence. Avec un capteur CMOS même un très bon, on n’arrive pas à obtenir un rouge épais, il reste assez « fluo », + lisse. Ici avec un Sony A1 (optique Zeiss Sonnar T* FE 35 mm F2.8 ZA) et post-traitement du raw, ajout de grain cubique, ton chaud pourtant. Il y a moins de subtilités au niveau des couleurs, ça reste + sec.

Avec le post-traitement on arrive à travailler le rouge pour le rendre plus épais et moins fluo, mais cela demande un travail important. On n’a pas toutefois le rendu rapide comme avec un capteur ccd, on reste encore dans le + sec et + tranché même avec un ajout de grain cubique. Il faudrait peut-être travailler encore le rendu avec un investissement temps assez considérable, avec un doute pour obtenir un rendu crémeux avec des outils tranchés de base … Utilser peut-être une optique ancienne moins corrigée ?
