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La photographie ne consiste pas seulement à maîtriser un appareil photo, choisir le bon objectif ou appliquer les règles strictes de composition. Ces connaissances sont utiles, elles sont un point de départ. Pour progresser, il semble judicieux de mieux comprendre ce que l’on fait et de gagner en liberté en se dégageant des règles répétées à l’envi. Photographier, c’est aussi regarder, ressentir, choisir, expérimenter et parfois simplement suivre son intuition.

Faire de « meilleures photos » suppose implicitement qu’il existe une échelle objective avec par exemple netteté, composition, lumière, exposition, etc. Alors qu’une photo expressive pose une autre question : Est-ce que cette photographie dit quelque chose que je voulais dire — ou au moins quelque chose que je ressens ? et souvent on est un peu déçu sur le moment car la photo réalisée ne correspond pas à notre attente.

Il faudrait possiblement se demander pourquoi est-ce que je photographie ça, de cette manière, et qu’est-ce qui revient régulièrement dans mes photos ? Même comment devenir un meilleur photographe en réalisant des photos expressives et en développant une démarche personnelle ?

Progresser en photo est un chemin souvent parsemé d’embûches. Les avancées ne sont pas linéaires, il y a des paliers, des hauts et des bas. L’important est de persévérer et de ne surtout pas se décourager.

Notre véritable objectif pourrait être, ne pas forcément apprendre à faire absolument de meilleures photos, surtout apprendre à faire des photos qui nous ressemblent. Comment ? En développant son regard, en expérimentant, en analysant ses photos, en photographiant avec une intention, même très légère, et ne pas être sans cesse dans une poursuite de la « belle photo » spectaculaire.

La photographie ne se résume pas à bien mesurer la lumière de manière scientifique en appliquant une règle stricte, ni à des règles toujours identiques. La photographie, ce n’est pas que de la géométrie, de la photométrie, de la colorimétrie et de la résolution avec toujours + de mégapixels. Il existe d’autres voies à explorer comme développer son regard, travailler sa posture, cerner son pourquoi et construire petit à petit une démarche personnelle.

REGARD : Apprendre à voir et comprendre ce qui nous attire. PRATIQUE : Expérimenter, photographier intuitivement ou en utilisant la pratique délibérée, analyser et progresser. EXPRESSION : Transformer ses choix techniques et son expérience en photographies qui portent quelque chose de son soi.

1. Savoir faire fonctionner son appareil photo → technique

2. Faire une photo correcte, efficace → composition, lumière, moment

3. Faire une photo qui provoque quelque chose, une réaction, une émotion, une sensation → expression, ambition de faire arrêter le regardeur sur cette photo en particulier dans le flux.

4. Comprendre pourquoi certaines de ses photos fonctionnent et d’autres pas → analyse de sa propre production, apprendre à apprendre de sa propre photographie.

5. Construire progressivement un regard reconnaissable → démarche personnelle

Ici on parle de photographie numérique et argentique, de matériel, de technique, de regard, de créativité, d’inspirations, d’expression, de philophoto, d’expériences, d’expérimentations, d’actualités, de pistes, d’idées à essayer, de façons…

électrique 🙂

Parcours pour progresser dans sa pratique photo

(Extrait) : identifier quel rendu on aime, avant de chercher comment obtenir un rendu, il est important de savoir quel rendu on apprécie, on veut. Avant de chercher une optique, un boîtier, il est mieux d’abord être capable de dire « Voilà ce que j’aime visuellement». Ce peut être par exemple pas du « clinique », pas du très tranché sec, je veux du net, mais pas hyper net, du crémeux, des transitions douces, du micro contraste présent, la matière conservée, peau naturelle réaliste pas trop corrigée, les « défauts » identitaires conservés pour les portraits, pas un rendu magazine de mode lissé, une sensation de pureté, pas de flou artificiel ajouté, surtout pas de lissage excessif, surtout une certaine présence du sujet. On clarifie ainsi ses attendus, sa démarche, qui n’est pas la même que de produire des photos parfaites mais qui paraissent artificielles. Bien sûr on peut aussi vouloir le contraire, c’est pour expliquer le fait d’identifier ce que l’on veut obtenir. Une fois le rendu identifié, on peut chercher les paramètres qui y contribuent : Quelle optique, résolution, contraste, aberrations, diffusion, bokeh, comportement à pleine ouverture. Quel type de capteur: densité de pixels, dynamique, bruit, filtres, traitement du signal. Prise de vue : ouverture, lumière, vitesse, distance au sujet, posture. Traitement: accentuation, réduction du bruit ou pas, contraste local, grain, couleurs. Support : → RAW, JPEG, pellicule, scan, etc.
La technique devient utile dans une démarche : elle sert à reproduire volontairement une sensation que l’on a déjà identifiée. Sans identification on peut tomber dans le perfectionnisme technique, on peut faire facilement un chemin inverse : achats uniquement d’optiques réputés exceptionnelles et très onéreuses → capteur très défini avec l’appareil photo le + cher et le dernier sorti ; le meilleur signal/bruit possible, la recherche sans cesse de « fichiers très propres », un traitement sophistiqué appuyé et au final un « voilà le meilleur rendu » comme argument d’autorité. Partir d’un j’aime ce type rendu → qu’est-ce qui le caractérise ? → quels outils permettent de l’obtenir ? Identifier → décrire → comprendre → expérimenter → reproduire.