C’est parti pour cette page évolutive où l’on va exposer les recherches sur les façons d’arriver à un style argentique avec des appareils numériques, tout en comparant et en parlant aussi de l’argentique. L’idée c’est de trouver des alternatives à l’utilisation des films argentiques car les tarifs se sont envolés et c’est donc une technologie à utiliser avec parcimonie quand on a un budget limité, sans toutefois bien sûr l’abandonner et également de sortir un peu des contextes des rendus photographiques hypers nets, hypers secs et tranchant, tout en s’intéressant au rendu des couleurs. Il y a de quoi faire 🙂 …
(C’est en construction, ça va être un peu long car c’est assez technique, beaucoup même. Donc ça dépend de l’humeur du moment, genre j’ai envie de faire de l’artistique et pis ce n’est pas simple, il faut y passer un paquet de temps qui demande une grande concentration, et pis il faut tester pour ne pas proposer des choses pas abouties, bien que ça se fasse beaucoup dans le domaine de l’informatique et ailleurs mais non… on va y arriver … 🙂 )
1- Proposer des preset adaptés qui ne sont pas de simples filtres, qui proposent une méthode adaptable à la plupart des boitiers numériques pour ceux utilisant les logiciels de post-traitement classiques en restant en style artistique et que ce soit personnalisable pour permettre un rendu possiblement encore plus spécifique. Que ce ne soit pas une simple surcouche (overlay) mais une intervention approfondie et subtile sur les fichiers.
2- Partir sur des boitiers numériques un peu ancien notamment ceux à capteurs CCD pour créer des jpeg direct boitier quand on peut télécharger dans leur logiciel interne des rendus personnalisés, comme alternative aux appareils photo jetables, comme bloc note pour réserver l’achat de pellicules à des projets très construits, comme alternative aux films argentiques pour un usage courant.
Parfois on court après le dernier matériel sorti en oubliant les caractéristiques spécifiques des « anciens » matériels. Par ailleurs l’engouement pour les appareils récents de la série X de Fuji comme le Fuji X100-VI en continuelle rupture de stock interroge car les gens les achètent pour leurs simulations de films faciles d’accès sur les jpeg, alors qu’il est possible de se faire des jpg personnalisés avec les autres marques de boitiers et si on recherche un style argentique encore plus spécifique il existe des possibilités multiples. Quant au nombre de pixels (MP), s’interroger sur son besoin car si les publications sont essentiellement sur les réseaux sociaux et internet, il n’y a pas besoin de beaucoup de pixels. S’il y a ponctuellement besoin de beaucoup de pixels il y a maintenant des logiciels qui font très bien le travail pour en ajouter. Ce n’est pas du tout pour dénigrer des boitiers comme le Fuji X100-VI qui est vraiment très sympa, c’est pour expliquer qu’il est possible de faire autrement. Dans le matériel photo il y a une grande part « objet, sensations, expérience photographique » et aussi parfois certains engouements spéciaux bien poussés par le marketing qui est très efficace. Section recyclage ici de matériels existants en intégrant un usage peu pratiqué, pourtant très intéressant …
Utiliser des boitiers à capteur CCD
1ère piste à laquelle on puisse penser c’est d’utiliser des appareils avec des capteurs CCD ou des technologies proches comme le capteur LBCAST (Lateral Buried Charge Accumulator and Sensing Transistor Array) Nikon développés en collaboration avec Kodak sur les D2H, inspiré des capteurs CCD mais optimisé pour une lecture plus rapide.
On part avec une liste d’appareils reflex.
Les réflex numériques à Capteur CCD
- Nikon D100 (2002) – CCD 6 MP (Sony)
- Nikon D70 / D70s (2004-2005) – CCD 6 MP (Sony)
- Nikon D50 (2005) – CCD 6 MP (Sony)
- Nikon D200 (2005) – CCD 10 MP (Sony)
- Nikon D80 (2006) – CCD 10 MP (Sony)
- Nikon D40 / D40X (2006-2007) – CCD 6 MP (D40) / 10 MP (D40X, Sony)
- Nikon D60 (2008) – CCD 10 MP (Sony)
- Canon EOS-1D (2001) – CCD APS-H 4,1 MP (Kodak)
- Pentax K10D (2006) – CCD 10 MP (Sony)
- Pentax K200D (2008) – CCD 10 MP (Sony)
- Sony Alpha A100 (2006) – CCD 10 MP (Sony)
- Fujifilm FinePix S2 Pro (2002) – Super CCD 6 MP
- Fujifilm FinePix S3 Pro (2004) – Super CCD SR 6 MP + photosites supplémentaires pour meilleure dynamique avec un rendu donné pour 12 MP en ajoutant les photosites
- Fujifilm FinePix S5 Pro (2006) – Super CCD SR 6 MP + + photosites supplémentaires pour meilleure dynamique avec un rendu donné pour 12 MP en ajoutant les photosites. Ces derniers avec leur capteur dit Super CCD sont généralement considérés comme les plus proches d’un rendu film argentique, grâce à une courbe de tonalité douce et une meilleure gestion des hautes lumières.
Nikon avec le capteur LBCAST (rendu proche des CCD)
- Nikon D2H / D2Hs (2003-2005) – Capteur LBCAST APS-H 4,1 MP (C’est un capteur spécifique à Nikon, avec un rendu particulier, surtout avec le noir et blanc)
Qu’est-ce qu’un rendu « organique » en photographie numérique ?
Un rendu dit organique fait référence à une photo qui ne paraît pas artificielle, qui a du grain naturel, une texture subtile et une transition fluide entre les tons notamment dans les hautes lumières et les ombres. La référence en la matière étant la pellicule ou film argentique avec des grains d’argent métal qui captent la lumière.
Pourquoi le CCD (et le LBCAST) donnent un rendu organique ?
- Réponse à la lumière plus naturelle
- Contrairement aux capteurs CMOS modernes qui ont des algorithmes de « lissage », les CCD ont une conversion analogique-numérique plus directe, sans accentuation artificielle des détails.
- Couleurs plus « charnues » et « profondes »
- Les capteurs CCD rendent souvent des rouges et des verts plus saturés, avec une meilleure séparation des différents tons.
- Sur les portraits, cela donne une meilleure texture de peau, sans l’aspect sec et « plastique » des CMOS récents.
- Meilleure transition entre les tons
- En particulier, les capteurs Super CCD de Fujifilm sont recherchés pour leur capacité à restituer des nuances fines dans les hautes lumières, imitant ainsi le film argentique.
- Grain subtil au lieu de bruit numérique
- Les anciens capteurs gèrent le bruit de manière plus naturelle, surtout en noir et blanc. Cela rappelle la granulation des films argentiques, contrairement aux bandes numériques du CMOS à hauts ISO qui font exploser les couleurs.
Comment créer des fichiers jpg personnalisés « argentique style » ?
A partir de boitiers Nikon CCD
Nous avons de la chance en cette période car les « anciens » reflex Nikon CCD ne sont pas très recherchés aussi ils se vendent en occasion à des tarifs très intéressants (cela ne va peut être pas durer). Ils sont relativement assez faciles à configurer quand on a compris comment faire. Pas de Picture Control sur les boitiers avant 2007. Ils utilisent un système appelé « Mode d’optimisation d’image » (Picture Optimization Mode), qui ne permet pas l’importation de Picture Control personnalisés depuis les applications Nikon comme NX-studio.
Une méthode simple mais toutefois limitée est d’optimiser les réglages JPEG internes en allant dans le menu des appareils mode « optimisation d’image » puis sélectionner un style (Normal, Vif, Portrait, etc.), ensuite ajuster la netteté, saturation, contraste pour un rendu personnalisé et enfin enregistrer le modèle de style qui personnalisera les jpg. Ces réglages ne concernent pas les fichiers raw (nef chez Nikon) qui restent neutre car conçus pour être modifiés par logiciel de post-traitement.
Le plus efficace toutefois pour personnaliser le rendu des JPEG est d’importer des courbes de tonalité personnalisées sous fichier .NTC surtout sur ces boitiers qui ont une tendance à bruler les hautes lumières. L’avantage c’est que l’on peut ajouter du grain, limiter le brûlage des hautes lumières, agir sur les ombres, subtilement sur le contraste etc. On approche ainsi bien plus finement un rendu argentique très réaliste. C’est un peu plus compliqué, sauf à trouver des courbes toutes faîtes à télécharger ensuite dans le boitier mais en général elles ne sont pas très aboutie car c’est assez compliqué. Le projet c’est d’imiter une gamme de rendus de films argentiques… C’est ce que je souhaite proposer. (c’est en cours car c’est long et pas facile 😉 )
1ère tentative-test de courbe de tonalité pour un rendu de type Kodak Gold. Rendu volontairement assez jaune qui pourra être atténué en baissant la saturation directement sur le boitier, car la caractéristique de la Gold est quand même d’y aller sur la tonalité chaude.

Patience, patience j’y travaille 🙂
Pentax CCD
Sur les Pentax K10D et K200D il n’est pas possible de télécharger des courbes de tonalité personnalisés à intégrer dans le logiciel des appareils. Il est possible d’agir sur le boitier en réglant : contraste, saturation, luminosité, Mode d’image (Natural, Bright, Vivid, etc.) et balance des blancs avancée.
Leurs capteurs CCD donnent une belle colorimétrie, pour renforcer le rendu organique :
– Désactiver la réduction de bruit (elle lisse trop les textures).
– Utiliser une balance des blancs chaude pour imiter les films Kodak.
– Pour ajouter un léger grain cela est uniquement possible avec un logiciel de post-traitement.
Canon
Les boitiers Canon de la gamme professionnelle suivante peuvent intégrer des courbes de tonalité pour personnaliser fortement les jpg : Canon EOS-1D (2001) – CCD 4,1 MP Canon EOS-1D Mark II / Mark IIN (2004-2005) – CMOS 8,2 MP, Canon EOS-1D Mark III (2007) – Canon EOS 1Ds Mark II / 1Ds Mark III CMOS.
Canon 1Ds premier du nom
Il ne prend pas en charge les courbes de tonalité par importation. Toutefois il a un rendu natif spécifique sympa avec son capteur CMOS plein format de 11 MP avec un rendu assez organique, sans l’aspect trop lisse des capteurs récents. Une colorimétrie Canon classique avec un look naturel et chaleureux, bien équilibré en JPEG. Un traitement interne « doux » sans accentuation agressive, conforme pour une approche style argentique.
Les réglages des jpeg directement sur le boitier : Le Canon 1Ds propose plusieurs profils, mais le plus neutre et naturel est « Faithful » (Fidèle). Éviter « Portrait » qui booste les rouges (moins argentique) et les modes « Faithful » ou « Neutre » pour éviter une accentuation numérique excessive. Éviter aussi « Standard » avec sa tendance trop contrasté et trop net.
Réglages du contraste et des tons : Contraste : -1 ou -2 cela permet d’adoucir les transitions et d’éviter un rendu trop numérique. Saturation : -1 ou -2 cela donne un aspect plus vintage et doux, proche d’un film légèrement délavé. Netteté : -2 ou -3 pour éviter un effet artificiellement net. Pourquoi ne pas trop baisser le contraste ? Une courbe trop plate rend l’image fade avec un manque de profondeur. Un léger -1 ou -2 suffit pour imiter un film doux comme le Fuji Pro 400H.
Balance des couleurs (simuler la dominante d’un film) : Un look argentique passe par une balance des blancs légèrement modifiée. Look « Film froid » type Kodak Portra 400, Fuji 400H , température : -200 à -300K pour un léger refroidissement des couleurs. Teinte : +2 vers Magenta afin d’éviter un rendu trop verdâtre numérique. Look « Film chaud » type Kodak Gold 200, Cinestill 800T température : +200 à +300K dominante légèrement plus chaude, dorée. Teinte : -2 vers vert pour réduire la dominante magenta naturelle des Canon. Pourquoi modifier la balance des blancs ? Les films argentiques ont souvent une dominante de couleur subtile. Cela permet d’éviter un look trop « neutre » typique des JPEG numériques.
Mode de mesure et l’exposition : Utiliser le Mode de mesure pondéré central ou Spot, cela évite que les hautes lumières ne soient trop écrasées par la correction automatique. Surexposition légère (+0,3 à +0,7 EV) car beaucoup de films argentiques ont une belle récupération des hautes lumières. En JPEG, il faut légèrement surexposer pour éviter une perte de détails dans les ombres avec des noirs bouchés.
Styles de couleur selon le film recherché : On peut intervenir sur les réglages des couleurs spécifiques
Look Kodak Portra 400 / Fuji 400H (tons doux, pastel) :
- Rouge : -3 en teinte, -5 en saturation
- Jaune : -3 en teinte, -5 en saturation
- Vert : +3 en teinte, +5 en saturation
- Bleu : +5 en teinte, +10 en saturation
- Cyan : +3 en teinte, +5 en saturation
- Magenta : -2 en teinte, -5 en saturation
Look Kodak Gold 200 (tons chauds, vintage) :
- Rouge : +2 en teinte, +5 en saturation
- Jaune : +3 en teinte, +5 en saturation
- Vert : -2 en teinte, -5 en saturation
- Bleu : -5 en teinte, -10 en saturation
- Cyan : -3 en teinte, -5 en saturation
- Magenta : +2 en teinte, +5 en saturation
Il n’est pas possible d’ajouter du grain directement en JPEG. Solution ? faire les photos en 400 ou 800 iso pour ajouter un peu de bruit numérique qui simule le grain et qui est beau sur le 1Ds sans éclater les couleurs comme ça arrive sur certains capteurs, sinon ajouter du grain en post-prod avec un logiciel de traitement photo.
| Paramètre | Valeur recommandée |
|---|---|
| Style d’image | « Faithful » ou « Neutre » |
| Contraste | -1 à -2 |
| Saturation | -1 à -2 |
| Netteté | -2 à -3 |
| Température (froid) | -200 à -300K |
| Température (chaud) | +200 à +300K |
| Teinte (froid) | +2 vers Magenta |
| Teinte (chaud) | -2 vers Vert |
| Mode de mesure | Pondéré central ou Spot |
| Exposition | +0,3 à +0,7 EV |
| ISO pour un effet grain | 400 ou 800 ISO |
à suivre … Y en a pour un bon moment ! …
Je teste, je teste … Une difficulté c’est de garder les blancs, blanc, quand on intervient sur les couleurs.



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