Il ne s’agira pas ici de tout lister, c’est une sélection de projets en cours, les nouveautés, projets et évolutions du monde de la photographie, qui semblent intéressants.
Le marché des appareils photo résiste au smartphone. Les ventes mondiales d’appareils photo auraient progressé d’environ 22 % en 2025, à près de 9,8 millions d’unités. Les compacts haut de gamme, les hybrides destinés aux passionnés et le marché de l’occasion contribuent à cette vitalité. L’argentique profite lui aussi de l’attrait pour le vintage, même s’il reste minoritaire au niveau nombre d’utilisateurs. Le smartphone ne répond pas à toutes les envies de photographie, faire une photo rapidement et avoir envie de photographier sont deux choses différentes. La photographie est aussi une pratique matérielle et une expérience agréable. L’appareil photo n’est pas seulement un moyen de produire une photo, il fait partie du plaisir de photographier. C’est un instrument d’exploration, un compagnon ou un objet avec lequel on entretient une relation particulière.
Appareils photo anciens
L’appareil photo ancien devient un objet de collection. La multiplication des catalogues, des communautés de collectionneurs et l’activité du marché de l’occasion montrent clairement que les appareils anciens intéressent beaucoup de personnes, bien au-delà de leur simple utilité. Il y a une distinction à explorer entre acheter un appareil pour photographier, pour collectionner, pour retrouver un rendu particulier ou simplement pour posséder un bel objet. Ces motivations se recoupent, mais ne sont pas identiques.
Olmpus Pen
Le nouvel OM System PEN numérique avec un viseur électronique reprend le principe d’un boîtier très compact à objectifs interchangeables, avec protection contre la poussière et les éclaboussures. La série PEN argentique remonte à 1959, ce nouveau modèle micro 4/3 avec un prix contenu peut être intéressant pour sa portabilité. Il se veut l’appareil photo du quotidien avec une expérience photographique particulière (stabilisation d’image intégrée sur 5 axes par déplacement du capteur, 20,4 MP, jpeg personnalisés, rapport d’image 4:3 entre rectangle et carré…). Usage photographie du quotidien, les voyages, la photographie de rue, la prise de vue créative (recettes couleur et noir et blanc intégrés).
Appareils photo argentique
Un projet veut recenser tous les appareils argentiques. Le site Camera index ambitionne de cataloguer les appareils photo argentiques, avec plus de 1 400 modèles déjà répertoriés. C’est un sujet potentiellement précieux : l’histoire du matériel est dispersée dans les archives, les forums et les catalogues anciens. Un tel inventaire peut devenir une mémoire technique collective.
Polaroid
Polaroid remet l’expérimentation au centre, le nouveau Polaroid Mod propose quatre modes créatifs : double exposition, peinture avec la lumière, jeu sur le mouvement et images divisées. Le discours est presque à contre-courant de la photographie numérique contemporaine : au lieu de chercher la perfection et de corriger ensuite via post-traitement, on expérimente directement à la prise de vue. Prix annoncé : 169,99 €.
ArtCraft applications open source
ArtCraft développe toute une famille de logiciels open source, pas seulement LightCraft pour le développement photo des fichiers raw. C’est le nom de la plateforme, tandis que les différents applications portent chacune leur propre nom. LightCraft, photothèque et développement RAW non destructif inspiré de Lightroom. PhotoCraft retouche et édition d’images, plutôt dans l’esprit d’un éditeur généraliste comme Photoshop. FilmCraft montage vidéo, avec une ambition professionnelle. VectorCraft illustration vectorielle, dessin de formes et création graphique. DesignCraft mise en page et édition, potentiellement intéressante pour concevoir des PDF ou des publications photographiques. La gamme comprend également PdfCraft pour les PDF, EffectCraft pour les effets visuels, WordCraft pour le traitement de texte, SoundCraft pour l’audio, DeckCraft pour les présentations, CADCraft pour le dessin technique et GridCraft pour les tableurs. C’est encore en cours de développement.
L’IA Claude Opus 5.5 a été utilisée par le développeur pour produire des réimplémentations de plusieurs logiciels Adobe, dont Photoshop et Lightroom, en Rust. Toutefois reproduire rapidement les fonctions visibles d’un logiciel et reproduire des années de savoir-faire dans le traitement de l’image pour construire un dérawtiseur fin sont deux choses différentes (le contenant et la qualité du contenu), sinon ce serait simple… Le changement est moins que l’IA aurait déjà fabriqué un Lightroom aussi bon que celui d’Adobe. C’est plutôt qu’elle permet à un développeur de produire très rapidement une base logicielle étendue, avec une interface familière, des outils fonctionnels et une architecture complète. Cette actualité annonce surtout une accélération du développement logiciel. Elle ne signifie pas que des années d’expertise photographique ont disparu en quelques jours. Elle signifie qu’une petite équipe pourra désormais tenter des choses qui auraient demandé auparavant beaucoup plus de temps et de moyens.
Concernant les usages photographiques, regarder LightCraft (les fonctions sont basiques pour le moment), PhotoCraft et DesignCraft pour la création de documents et de publications. C’est ici pour l’installation : https://getartcraft.com/

Collaboration Leica et Gpixel
Ce qu’on sait, Leica et Gpixel ont annoncé officiellement leur partenariat le 20 avril 2026. Il s’agit d’une collaboration pour co-développer un nouveau capteur CMOS, destiné aux prochaines générations d’appareils photos Leica. Ce n’est pas simplement un capteur Gpixel existant rebadgé Leica. Leica parle explicitement d’un « bespoke image sensor », donc d’un capteur conçu sur mesure pour ses besoins. Andreas Kaufmann va même jusqu’à parler d’un « true Leica sensor ». Les domaines annoncés comme prioritaires sont reproduction des couleurs ; bruit ; dynamique ; rendu des détails ; qualité d’image générale ; performances en basse lumière. Le partenariat ne s’arrête pas à la conception électronique. Leica et Gpixel annoncent également une collaboration sur la validation, l’« image tuning » et la préparation de la production. Leica veut participer à la définition du comportement du capteur et à son rendu photographique, pas simplement choisir un composant dans un catalogue.
Ce qu’on ne sait absolument pas encore : la résolution ; la taille du capteur ; plein format ou moyen format ; BSI ou autre architecture ; empilement éventuel ; global shutter ou rolling shutter ; nombre de bits ; dynamique réelle ; plage ISO ; taille des photosites ; technologie des filtres couleur ; quel appareil Leica l’utilisera en premier ; date de commercialisation. Toutes les discussions actuelles sur un éventuel moyen format, un capteur très haute résolution, un global shutter, etc., sont pour l’instant des hypothèses. Par exemple, l’idée d’un futur moyen format Leica circule déjà, mais elle n’est pas confirmée.
Leica ne dit pas officiellement : « Nous voulons créer une signature esthétique propre au capteur. » En revanche, il est dit quelque chose de suffisamment précis pour que la question soit légitime : couleur, bruit, dynamique, rendu des détails et image tuning font partie du développement conjoint « a true Leica sensor ».
On peut raisonnablement penser que Leica cherche à retrouver une maîtrise beaucoup plus profonde de la chaîne d’image, plutôt que de dépendre entièrement de la feuille de route d’un fabricant comme Sony. Le Leica M11 utilise un capteur 60 MP provenant de Sony, alors que Leica avait déjà travaillé avec AMS/OSRAM pour le capteur du M10. Le nouveau partenariat Gpixel ressemble à un retour vers une stratégie de capteur personnalisé différenciant. Leica semble vouloir reprendre la maîtrise de la « personnalité » de son capteur, mais il est encore trop tôt pour parler d’un véritable « look Leica » du capteur : aucune caractéristique technique permettant de l’établir n’a encore été dévoilée.
Le dernier communiqué financier de Leica, publié le 8 septembre 2026, indique que le groupe reste dans une situation financière solide malgré une baisse, avec 573 millions € de chiffre d’affaires pour l’exercice 2025/26, contre 596 M€ l’année précédente Le communiqué continue de présenter Andreas Kaufmann comme actionnaire majoritaire, donc pas de vente annoncée (Famille Kaufmann / ACM : ~55 % et Blackstone : ~45 %)
Nouveautés Pentax-Ricoh
Ricoh Imaging a annoncé le 9 septembre 2026 l’arrêt de production de toute la gamme actuelle des reflex Pentax K : K-1 II, K-3 III, K-3 III Monochrome, KF. Dans le même communiqué, Ricoh annonce qu’ils vont développer une nouvelle génération de reflex numériques Pentax. Ils disent vouloir utiliser l’héritage de la monture K, vieille de plus d’un demi-siècle, pour développer : une nouvelle série de reflex numériques fondée sur un « concept entièrement nouveau » en précisant que cela prendra du temps. Ricoh arrête donc la production de tous les reflex Pentax actuels. On comprend possiblement d’aller vers des équipements basés avant tout sur l’expérience photographique. C’est de la supputation mais peut être faire de Pentax une sorte de Leica M du reflex avec un aspect conservateur et pas forcément hyper technologique. Le « cela prendra du temps » ne donne aucun délai donc on ne sait pas quand …
« La gamme de reflex numériques à objectifs interchangeables PENTAX a débuté avec le PENTAX *ist D, lancé en 2003, et a continué d’évoluer au fil du temps avec des modèles tels que le PENTAX K100D (2006), doté du mécanisme exclusif PENTAX de réduction des vibrations par déplacement du capteur, et le PENTAX K-1 (2016), notre premier modèle équipé d’un capteur plein format. Aujourd’hui, alors que nous repensons la valeur de la photographie, nous développons des produits permettant à un plus grand nombre de personnes d’apprécier le processus photographique lui-même. Bien que la concrétisation de ces produits nécessite du temps, nous nous appuierons sur l’héritage de la monture K, accumulé sur plus d’un demi-siècle, pour concevoir une nouvelle série de reflex numériques fondée sur un concept totalement inédit. Nous communiquerons les avancées de ce développement au fur et à mesure que les informations seront disponibles. Dans le cadre de cette transition vers une nouvelle étape, nous mettrons fin à la production des reflex numériques actuels de la série K. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à tous ceux qui ont soutenu la série K pendant toutes ces années. RICOH IMAGING continuera de cultiver le style de prise de vue propre aux reflex et s’efforcera de proposer des produits permettant à chacun — qu’il s’agisse de passionnés ou de personnes souhaitant s’initier à la photographie — de découvrir le plaisir unique de la prise de vue au reflex et de s’émerveiller devant la photographie elle-même. Les appareils photo sont bien plus que de simples outils de capture d’images ; ils enrichissent l’expérience même de la photographie. Nous sommes impatients de vous présenter la prochaine génération de reflex numériques PENTAX.«
Rachat Original Wolfen
Photographie argentique : En juillet 2026, Optik Oldschool, entreprise allemande connue notamment pour la revente de pellicules et son activité de laboratoire, a annoncé que son cofondateur Chris Vandebroek a acquis InovisCoat et FilmoTec. InovisCoat est une usine allemande spécialisée dans la fabrication et le couchage d’émulsions photographiques, elle produit notamment des films pour différentes marques. FilmoTec est l’entreprise issue de l’ancienne activité photographique ORWO de Wolfen, et elle est associée à la fabrication des films ORWO nommés Original Wolfen. Chris Vandebroek prend le contrôle de deux infrastructures industrielles importantes du film photographique européen. Optik Oldschool avait déjà travaillé avec InovisCoat avant l’acquisition. Pour le film OptiColour 200, l’équipe d’Optik Oldschool a testé des prototypes et fait remonter des remarques sur la couleur et surtout sur le comportement au scan. Le film avait initialement une base verdâtre. Optik Oldschool a insisté pour obtenir une base orange, plus adaptée au scan avec les machines de laboratoire. Après plusieurs modifications, InovisCoat a produit cette nouvelle version. Ce qui est atypique dans cette affaire c’est qu’une entreprise relativement petite devient propriétaire d’une partie de l’outil industriel rare dont dépend tout un tas d’autres fabricants de films.
Se pose la question de la marque, les informations disponibles indiquent que la marque ORWO elle-même n’est pas comprise dans la transaction : ce sont InovisCoat et FilmoTec et leurs installations/activités qui ont été acquises. La marque ORWO était détenue par ORWO Net GmbH, basée à Wolfen. Une décision de l’OMPI indiquait explicitement qu’ORWO Net détient les droits sur la marque ORWO.
Original Wolfen ? ORWO signifie historiquement « ORiginal WOlfen ». « Original Wolfen » n’est pas simplement le nom générique de la société : il existe des droits de marque distincts autour de cette appellation. Original Wolfen est bien une marque déposée « is a registered trademark of FilmoTec GmbH, Wolfen ». il semble bien que le nouveau propriétaire reprenne aussi les droits attachés à cette marque, sous réserve des modalités exactes de la transaction.
Lorsque les entreprises autour de FilmoTec/InovisCoat avaient voulu réunir leurs activités sous la bannière ORWO, elles n’ont finalement pas pu utiliser librement le nom ORWO, parce que les droits de marque étaient détenus par ORWO Net. Elles avaient alors utilisé « Original Wolfen » comme appellation de remplacement. FilmoTec et InovisCoat ont commercialisé des films sous le nom Original Wolfen, notamment les NP100, NC500, NC400, etc. La documentation historique indique explicitement que cette appellation a remplacé ORWO en raison des droits de marque. L’annonce de juillet 2026 d’Optik Oldschool dit elle-même que Chris Vandebroek a acquis « FilmoTec / Original Wolfen » avec InovisCoat. Après l’acquisition de FilmoTec et d’InovisCoat, Chris Vandebroek reprend également l’activité commercialisée sous l’appellation Original Wolfen. En revanche, cela ne signifie pas qu’il récupère les droits sur la marque ORWO, qui restent distincts.
ORWO Net GmbH a déposé le bilan en mars 2025… Le 1er juillet 2025, The Customization Group (TCG), via Picanova GmbH, a repris les principaux actifs et l’activité d’ORWO Net dans le cadre d’un « asset deal » (rachat d’actifs). Les documents de l’opération précisent que TCG reprend également la marque ORWO et poursuit son exploitation… The Customization Group n’est pas à l’origine un acteur de l’industrie photographique argentique. C’est avant tout un groupe de personnalisation et d’impression à la demande. TCG est issu de Picanova, fondé en 2006. Leur activité consiste à fabriquer à la demande des produits personnalisés à partir de photos ou de créations des clients. TCG a acheté ORWO Net en juillet 2025, essentiellement pour récupérer son activité de production de produits photo personnalisés à Bitterfeld-Wolfen, ses équipes et ses capacités de production. Ils expliquent vouloir transformer le site en centre européen spécialisé dans les produits de laboratoire photo. TCG présente aujourd’hui ORWO comme l’une de ses marques dans son activité de personnalisation, aux côtés de ses autres marques commerciales. (https://www.orwo.de)
La marque historique ORWO est séparée de l’activité industrielle des films. ORWO Photolab / The Customization Group a repris les principaux actifs d’ORWO Net en 2025 et exploite aujourd’hui la marque ORWO dans son activité de laboratoire/photo impressions personnalisées. FilmoTec + InovisCoat : repris en 2026 par Chris Vandebroek / Optik Oldschool ; c’est là que se trouve l’outil industriel lié aux émulsions et à la fabrication des pellicules. Original Wolfen c’est la marque utilisée par FilmoTec.
Un site internet vend des pellicules nommées Original Wolfen https://www.orwo.shop, il y a possiblement des droits de douane si on commande depuis la France, selon les stocks disponibles … Le site indique explicitement que l’exploitant est ORWO Limited, 39 Long Acre, Londres. On s’y perd un peu avec ce nom de marque ORWO … Ce site annonce avoir des stocks distribués depuis l’Europe, les États-Unis et le Royaume-Uni. Le site officiel de FilmoTec et InovisCoat n’ont pas de boutique de vente en ligne : FilmoTec indique qu’il travaille avec des distributeurs et qu’ORWO Ltd. était son principal acheteur et assurait la vente mondiale.
Si on a du mal à trouver des films Original Wolfen directement en France (souvent en rupture), le + simple sera possiblement d’aller voir en Allemagne sur le site https://www.optik-oldschool.com
Petite cuve de développement imprimée 3 D
eTone propose une très petite cuve de développement de pellicules, ainsi que d’autres marques comme TPPWR, utilisables sans chambre noire et à prix contenu car fabriqués avec une imprimante 3D. Box qui peut être sympa en déplacement ou pour tester le développement de pellicules, pour de l’expérimental en recherchant des défauts de développement, reste à savoir si le plastique utilisé résistera à un usage répété.

L’embout de la cartouche du film exposé est à insérer sur une bobine réceptrice. la manivelle permet de faire un va et vient en enroulant le film de la bobine réceptrice dans la cartouche d’origine. Il n’y a pas de spire, aussi il y a un risque que l’émulsion possiblement se colle, car pas de séparation. De plus les aller et retours dans la bobine d’origine avec le velours présent risque de rayer la pellicule.

Possiblement il faut y aller doucement en tournant la manivelle, au début dans le sens des aiguilles d’une montre jusqu’au blocage, puis ensuite retour dans l’autre sens. Ce sont des petites cuves qui peuvent permettre d’expérimenter le développement argentique, toutefois pas à utiliser pour des photos très importantes. ce qui est intéressant pas besoin d’une mise en spire dans le noir comme une cuve classique, un seul film à la fois pour faire des tests, utilisation de très peu de chimie. Peut être amusant pour de l’expérimental, bulles possibles et collage de l’émulsion possible aussi. C’est toutefois une bonne idée, il faudrait un autre système évitant ce va et vient continu du film qui entre et sort dans sa cartouche d’origine …
