Aller au contenu

Le rapport du photographe passionné avec son matériel relève du domaine de l’irrationnel bien que chacun puisse se trouver de bonnes raisons pour justifier ses choix. Acheter un Leica M c’est spécial. On le fait d’abord pour soi sauf peut-être quelques exceptions pour le paraître. La famille télémétrique M oeuvre dans un registre historique et patrimonial hors modes et hors logique concurrentielle. Un Leica M c’est avant tout un objet en tant qu’objet, une sensation, de l’expérience photographique. C’est peut-être aussi un peu pour les masos que ça ne dérangent pas de rater des photos à cause du « je n’ai pas eu le temps de faire la mise au point ».

Leica c’est une entreprise historique en matière de photographie, sur un marché de niche qui reste pour cette gamme M dans de l’artisanal fabriqué en Europe (Allemagne et Portugal) et c’est une marque de luxe qui a fait sa réputation au fil du temps. Pour certains capteurs comme sur le Leica M (typ 240) on connait qui l’a fabriqué avec une conception en partenariat CMOSIS (Belgique) et STMicroelectronics (Grenoble), sur les récents Leica ne veut plus communiquer sur qui fabrique ses capteurs. Probablement qu’il s’agit de Sony ou Panasonic. Les M8 et M9 c’était des CCD Kodak. Le logiciel interne de traitement des photos est spécifique à la marque. Est-ce qu’il y a un rendu typique Leica ? Oui un peu quand même, bien que ce soit discuté, c’est lié aussi aux optiques et au traitement interne pour les jpeg qui sont d’emblée très qualitatif avec une certaine signature subtile.

Cet article n’est pas un sujet conseil de matériel, c’est pour expliquer le côté passionnel, l’aspect affectif, la notion d’expérience photographique. Ce n’est pas du tout un conseil d’achat car c’est vraiment un matériel particulier, pas adapté à tout type de photos. On est au delà de la photographie aussi il est dans philophoto. Un Leica M c’est très « roots », précieux, exigeant, parfois inconfortable, contraignant, des fois fort pénible, insupportable car on peut rater avec… mais on est obligé de plus réfléchir à l’acte photographique pour ramener quelque chose de valable et quand on est habitué, qu’on y arrive, c’est waouh au niveau du rendu, des sensations et cela donne de la joie. On se sent bon avec un matériel chargé d’histoire. C’est un matériel orienté plaisir, subtilité et « fine art », on a la sensation d’être un artiste dans les pas des grands noms de la photographie du XXème siècle et puis ils sont beaux, et puis on a du plaisir rien qu’à les regarder. Les Leica M c’est un peu l’art de se compliquer la vie pour faire des photos, tout en restant dans l’essence de la photographie.

Les Leica M sont en effet complètement à part. La marque Leica c’est la contraction de Leitz camera, le siège de l’entreprise est à Wetzlar. La gamme M est créée en 1953 avec le Leica M3. Il s’agit d’objets encore fabriqués de manière artisanale en Allemagne, avec une usine d’assemblage aussi au Portugal. Il y a les anciens boitiers argentiques qui ont créé la légende en gagnant une réputation autant pour leurs qualités intrinsèques que de par les photographes prestigieux qui les ont utilisés. La spécificité c’est le télémètre (rangefinder en anglais), la petite taille, comme aussi celle des optiques, tout en étant massif et robuste, avec un design minimaliste. C’est un boitier à emporter partout pour le reportage et documenter le quotidien avec une qualité d’image spécifique. Un matériel spécial tenant aussi d’objet fétiche. Il y a des matériels qui donnent envie de faire des photos, qui donne du plaisir. Dans la question du choix d’un appareil, il y a des appareils avec lequel on se sent bien même s’ils ont plein de défauts. On entre dans le côté sensation, dans l’affectif, dans le plaisir de l’avoir en main et de l’avoir. Cela peut, peut-être paraitre bizarre à des non passionnés. Aussi il est intéressant d’expliquer. Car cela peut choquer un conjoint par exemple, de vouloir investir une somme aussi importante dans du matériel photo alors que cette personne est contente avec son smartphone.

Les Leica sont parfois critiqués, à cause du tarif, du côté snob et patati, que c’est pour flatter son égo et se la péter… On voit pourtant ce type de commentaires « Mon épouse a acheté un M9 car elle le trouvait joli et qu’elle trouvait mes Nikon trop lourds. Je lui ai bien expliqué tous les inconvénients du Leica etc …. mais bon. Le problème est que depuis, le Nikon reste au placard (sauf pour les défilés). Qui peut expliquer cela ?  » J’utilisais un Pentax depuis des lustres jusqu’au dernier, le K3 puis…. j’ai acheté le Leica Q ! Oufti vin dju ! Je n’utilise quasiment plus que ça (sauf besoin d’objectif spécifiques comme de puissants télé ou le 100 macro). »

A notre époque des autofocus et du culte de la vitesse cela semble complétement décalé d’utiliser un Leica M sans autofocus. Cela l’est. Le système Leica M a ses limites sur des thématiques où il n’est pas adapté du tout, notamment la proxi photo, la macro, la photo de sport ou animalière. La 1ère chose qui vient à l’esprit c’est que Leica M c’est vraiment cher, oui c’est même très très cher en incluant les optiques Leitz M. Toutefois c’est à regarder de manière plus approfondie. Réaliser un télémètre a un coût important car il s’agit d’un système mécanique de type horlogerie qui demande un travail très précis réalisé de manière artisanale. Par ailleurs sur les Leica M il y a un très important travail de recherche sur la qualité d’image, le rendu des couleurs et des détails afin de garder un rendu particulier avec des fichiers bruts au format universel DNG sans pré traitement excessif apparent, qui garde ainsi beaucoup de douceur avec une latitude en traitement personnalisé. En achetant d’occasion des modèles un peu ancien jusqu’au M typ 240 le tarif peut passer surtout quand on apprécie une construction en laiton. Sinon clairement pour les plus récents, les tarifs sont astronomiques.

Il en est de même sur les optiques, avec une sélection rigoureuse des blocs de verre et une gamme Summilux par exemple qui atteint des sommets en termes de qualité basée sur toute une chaîne de conception et de réalisations fines et méticuleuses tout en restant très compactes et c’est difficile d’allier qualité maximale et compacité. Les optiques en éditions limitées vont encore au delà, par le choix des verres manuellement et une exigence encore plus renforcée qu’il ne serait pas possible d’exercer dans une production à plus grande échelle avec des tolérances qualité forcément plus larges qu’une petite série basée à 100% sur la qualité optique maximale afin d’éliminer les aberrations chromiques, d’obtenir le maximum de détails, de contraste et surtout de micro-contraste, de ne pas perturber les couleurs avec des dominantes, de laisser passer le maximum de lumière sans effets parasites, de lutter contre les halos, le flare etc. Cette gamme vise l’excellence et un accord parfait, quasi parfait, entre le capteur et le processus électronique, avec une taille réduite, pour fournir des fichiers bruts les moins altérés possible. Le choix pour un Leica c’est aussi pour la qualité exclusive des optiques. Pour revenir aux prix c’est un long débat, il faut afficher le prix en face du produit qui est vendu, sa durabilité en termes aussi de stabilité de tarifs avec moins de perte en cas de revente. Ce ne sera pas abordé ici mais il y a même certains matériels qui prennent de la valeur avec le temps. Sur les optiques, l’absence de moteur interne et d’électronique de stabilisation permet une très importante fiabilité et longévité. Dans le prix d’achat on paye aussi l’infrastructure Leica, avec les sites internet, les magasins, les salles d’expositions, le musée, les galeries, les éditions, la marque … etc.

De prime abord, si on n’accepte pas une mise au point manuelle et l’utilisation d’un télémètre qui est très différente que l’utilisation d’une visée de type reflex ou avec un viseur numérique, l’affaire est faite, pas d’achat de Leica M. Il y a des alternatives dans cette marque comme le Leica SL, le Q et les autres boitiers badgés Leica mais issues d’une collaboration avec Panasonic (Lunix). Il y a aussi l’alternative Fuji Xpro qui ont leurs spécificités aussi, mais ce ne sont pas des Leica M, gamme qui est dans un concept minimaliste basé sur la sobriété, le design, avec très peu de boutons, une qualité de fabrication exceptionnelle, un rendu d’image particulier.

On lit parfois des commentaires de ce style « Est ce vraiment utile de mettre autant d’argent dans un appareil comme celui ci alors que des appareils beaucoup moins chers font mieux ? à part payer la marque, on fait quoi ? « Je suis toujours étonné des photographies d’une banalité figurante des tests Leica, je fais mieux avec mon X100 de Fuji. » Des jugements il y en a toujours mais il faut se méfier en comparant ce qui n’est pas identique. Le DNG est un fichier brute qui comporte peu ou pas de traitements d’usine, contrairement à un format propriétaire comme le RAF chez Fuji qui visiblement a subi un traitement d’usine au niveau du contraste, ce qui donne un rendu de base visuellement plus flatteur mais avec moins de possibilités de traitement en mode doux. Ce qu’il faut comprendre c’est que le M est orienté fichiers bruts qui demandent un post-traitement pour utiliser entièrement son potentiel qui est orienté vers un effet « pop » tout en permettant un rendu restant assez « organique ». Si l’on trouve l’investissement inutile et démesuré, bien sûr qu’il ne faut pas le faire. C’est comme dans le domaine automobile, il y a des marques prestigieuses avec des tarifs astronomiques, un effet de marque existe et pourtant cela sert à se déplacer ou des marques de montres prestigieuses aussi qui au final donnent l’heure.

Comme défaut on peut dire que faire la mise au point à grande ouverture comme f1,4 par exemple ce n’est pas facile. Le télémètre est à faire régler aussi de temps en temps. C’est loin d’être aussi confortable qu’un système autofocus. Détail pénible aussi les traces de doigts qu’on laisse sur le viseur car il est placé pas loin d’où on met les doigts alors on voit flou. Sur les pas derniers modèles c’est amusant de retirer le fond en métal pour mettre et enlever la carte mémoire et la batterie, cela rappelle les argentiques mais parfois quand on enlève souvent la carte ça devient un peu pénible. Aucun boitier n’est parfait, la qualité d’image est bonne avec un rendu doux et détaillé et des optiques M avec leurs caractéristiques. Toutefois il manque parfois de la dynamique (latitude d’exposition) sur les anciens M qui n’apprécient pas les lumières très dures avec une tendance à surexposer les hautes lumières. Il faut connaitre son boitier et savoir quand sous-exposer. Ce qui est intéressant c’est que le bruit numérique à haut iso est bien maîtrisé avec le retrait des dérivations colorées remplacées par du gris, ce qui fait penser à du grain argentique. Les noir et blanc aussi ont un superbe rendu. C’est sur ce point que les Leica se distinguent particulièrement, sur le rendu du grain et le niveau de détails. Beaucoup de pixels ce n’est pas indispensable, aussi bien entendu les anciens M sont tout à fait encore et toujours utilisables. Beaucoup de pixels cela permet toutefois de recadrer aisément.

La liste, en argentique (boitiers avec films) Leica M3, MP, M2, M1, MD, MDA, M4, M5, CL, MD2, M4-2, M4-P, M6, M6J, M6 TTL, M7, MP. Seuls les Leica M7, MP sont encore produits par Leica à ce jour avec une résurrection récente du M6.

Les numériques par ordre chronologique de fabrication : Depuis 2006, les boitiers Leica sont devenus numériques avec l’arrivée du M8. Leica M8 ; capteur APS-H (18mm x 27mm) 10 mpx CCD Kodak, facteur de conversion de 1.33 par rapport au format. Leica M8.2, une mineure amélioration du M8 avec le même et un obturateur plus discret, nouvel écran arrière avec r un verre cristal Saphir anti-rayure et antireflets, changement du gainage cuir. Leica M9 passage au format de capteur 24mm x 36mm (dit plein format) avec 18 mpx toujours avec capteur CCD Kodak. Leica M9-P évolution mineure avec modification de l’écran arrière remplacé par un verre cristal Saphir anti-rayure et antireflets, changement du gainage cuir. Leica M-E capteur identique au M9 il se distingue par sa couleur gris anthracite, le but étant une baisse du prix de vente (E comme économique, c’est relatif),. Un saut est assuré par le Leica M (Type 240) qui propose un capteur CMOS 24mm x 36mm 24 mpx avec un mode vidéo (non 4K non stabilisé) avec live-view (vue directe possible sur l’écran arrière), une batterie plus puissante, un déclenchement discret. Leica M10 Leica M10-P Leica M10-D Leica M10-R capteur couleur de 40 millions de pixels Leica M11 et de multiples variantes.

Les monochrome (Noir et Blanc) : Leica M9 Monochrome avec un capteur conçu sur la base d’un boitier M9 en éliminant les pixels colorés avec ainsi un capteur exclusivement dédié à la photo en Noir et blanc, apportant plus de détails de définition et de netteté car le bruit numérique de la couleur est éliminé. LEICA M Monochrom (Type 246) basé sur le M (type 240) 25 millions de pixels. Il y a eu aussi quelques séries limitées et éditions spéciales.

Pourquoi est-ce qu’ils sont plus chers que les autres ? Parce qu’ils ne sont pas les autres. 🙂

Est-ce qu’il y un rendu spécifique Leica M ?

Il est souvent dit que les boitiers photo Leica M ont un rendu particulier, qui est souvent décrit comme étant plus « organique » « cinématographique » plus « argentique » que celui des autres marques. Les couleurs sont souvent plus douces et les images ont une esthétique qui plait à beaucoup de photographes. Cela est en partie dû à la qualité des optiques Leica et à la manière dont le capteur capture la lumière. Le traitement interne des photos sur les Leica M est différent de celui des autres marques. Le logiciel de traitement d’image utilisé par Leica est conçu pour conserver autant de détails que possible dans les tons clairs et sombres, ce qui permet d’obtenir des images naturelles et dites réalistes. Le rendu Leica est basé sur la qualité du matériel et sur une approche de traitement d’image spécifique. Il se dit que sur le 1er M numérique, le Leica M8 avec un capteur Kodak, le rendu est proche du Kodachrome pour la couleur et pour le noir et blanc de la Tri X.

Certains disent que c’est faux, que l’on peut obtenir le même résultat avec d’autres marque. Qu’il n’y a pas de spécificités et que l’on peut obtenir la même chose via post-traitement. Avec un post-traitement à partir d’un fichier brut linéaire (raw), il est vrai qu’il est possible d’obtenir le rendu que l’on souhaite. Après ce n’est pas une question existentielle, chacun est libre de ses choix et de dépenser son argent comme il le souhaite. Très souvent on en veut un en Leica M simplement en tant qu’objet lui même. On a en un parce que l’on trouve que c’est un bel objet qui nous donne du plaisir rien qu’à le regarder.

Au final sur les plus anciens modèles, on peut dire qu’il y a un rendu moins tranchant, moins sec, moins de ce qu’on nomme aspect numérique, que d’autres boitiers très récents dont l’électronique est axée sur la netteté spectaculaire. Les optiques utilisées ont une grande importance, ainsi que la dextérité du photographe, de l’impact de la lumière. Ce qui est très apprécié avec les optiques Leica, c’est que l’on obtient un effet 3D avec de la profondeur, aussi les photos réalisées ne semblent pas « plates » tout en gardant un rendu assez organique. En termes de rendu, il n’y a pas d’énormes différences non plus qu’avec d’autres marques reconnues comme Canon, Nikon ou Sony, surtout quand on utilise le format brut et que l’on fait son propre traitement avec des logiciels photo. Toutefois cet effet « pop » spécifique aux optiques Leica est vraiment très apprécié des connaisseurs, sans se polariser sur une extrême netteté ou examiner si les bords des photos restent hypers nets en photographiant une mire, ça à la limite, on s’en fiche, ce qui est recherché c’est ce caractère particulier qui va rendre les photos non plates.

On est sur du subtil, dans la finesse, ce qui n’intéressera pas tout le monde, surtout ceux qui recherchent le spectaculaire, le plus net possible avec un fort piqué. Il faut toutefois faire attention que le côté technique ne surpasse pas le sujet, sauf si le but de photographier est alors l’aspect technique. C’est un peu comme la gastronomie, les bons vins, les produits de luxe. Il y a une part de subjectivité aussi et de plaisir personnel. Ceux qui tranchent net en disant c’est du n’importe quoi, soit ils n’ont pas essayé, soit cela ne les intéresse pas car ce n’est pas ce type de problématique qui pourrait polariser leur attention. En fait les fichiers brutes Dng des Leica M sont très doux ce qui laisse des marges pour le post-traitement. La qualité d’image globalement est principalement déterminée par la combinaison de plusieurs facteurs tels que l’objectif utilisé, les paramètres de prise de vue, l’éclairage et les techniques de post-traitement. Quand une photo plait peu de gens s’intéressent avec quel matériel elle a été produite, de plus si on mélange des photos faites avec de multiples marques de boitiers, pas certain du tout que l’on arrive à différencier aisément laquelle a été faite avec un Leica M ou Q … Au final il faut beaucoup relativiser, on est dans le potentiel plaisir, l’expérience photographique et pas dans le potentiel purement technique de la dernière technologie sortie et du mieux de chez le plus que mieux. On n’est pas dans le rationnel, on est dans la recherche d’une expérience spécifique en appréciant un objet, en tant que bel objet et hors considération de rentabilité financière ou de recherche d’une facilité technique d’usage. Il y a une anecdote d’un vendeur en Suisse, qui a dit que les versions les plus onéreuses des ensembles Leica M et optiques étaient principalement achetées par des personnes en entreprises individuelles qui défiscalisaient des bénéfices afin d’exposer ces bels objets dans une vitrine, éligibles car pouvant servir accessoirement à faire des photos dans le cadre de leurs entreprises.

A la question pourquoi ne pas faire directement en argentique quand on souhaite un rendu argentique ? c’est possible mais c’est une question de praticité, car pour l’argentique cela demande l’achat de films, de la chimie pour développer les négatifs, les scanner ensuite, les reprendre en post-traitement, alors qu’avec du matériel numérique la polyvalence et le confort d’usage son plus accessibles. L’un n’empêche pas l’autre. Nous sommes ici dans une démarche de trouver son style photographique. Le choix orienté d’utilisation de sa chaîne de réalisation en fait partie en connaissant la conjugaison des possibles.

Pour ceux qui aiment le laiton, ce type de matériau est apprécié pour sa capacité à bien vieillir en créant une belle patine au fil du temps.

Leica M8 : Ce modèle dispose d’un capot et d’une base en laiton, ce qui lui donne une solidité et une esthétique durable. Cependant, cela ne concerne pas l’ensemble du boîtier.

Leica M9 : Comme le M8, le capot et la base sont en laiton. Attention toutefois avec le M9 car il a son capteur qui a tendance à s’oxyder, pas top pour du matériel de ce prix …

Leica M (Typ 240) : Ce modèle poursuit la tradition du laiton pour le capot et la base, ajoutant à son charme classique, sa robustesse.

Leica MP (et versions argentiques) : Plusieurs versions des Leica MP (et M6 Classic) incluent des éléments en laiton.

Leica M 10 utilise du laiton pour le capot supérieur et parfois pour la base, selon les versions (pas toutes).

70 ans du Leica M ici : https://leica-camera.com/fr-FR/accessoires-generaux/livres/leica-m-livre

Leica Q3

Une petit digression au sujet des Leica Q car au niveau de la taille et de la philosophie générale, ils se rapprochent des M, sans télémètre toutefois et avec un viseur numérique et non optique. Il s’agit aussi d’un appareil assez compact avec un objectif fixe de 28mm appelé Summilux mais il n’ouvre pas à f1,4 comme les Summilux, il a été fabriqué spécifiquement pour les Leica Q. Il n’est pas optiquement exceptionnel, à savoir qu’il y a un peu de distorsion et quelques faiblesses sur les bords des photos mais qui sont corrigées par le logiciel interne de l’appareil et au final il a un très bon rendu avec de forts micro-contraste. N’ayant pas essayé le Q3 (seulement le Q), je ne peux ici que rapporter ce que d’autres ont ressenti. L’autofocus n’est pas le plus véloce de ce qu’il se fait actuellement, toutefois il y a une sensation spécifique au niveau de l’expérience photographique, pour ceux qui y sont sensibles et une satisfaction des possesseurs pour le rendu des photos avec une qualité d’image qui a certes moins cet aspect « argentique » organique que le Leica M240 par exemple. Certains critiques le fait qu’il y ait une collaboration avec Panasonic, que la fabrication de l’optique est peut-être sous-traitée, que le capteur est probablement un Sony, qu’il est trop cher, que les recadrages numériques proposés 35mm, 50mm, 90mm restent des photos réalisés au 28mm avec des crops à partir du fichier de 60 millions de pixels, ce qui ne donne pas la même chose qu’avec des optiques spécifiques et qu’il n’y a pas forcément besoin d’autant de pixels pour ce type d’appareil compact. Au niveau industriel, il y a souvent des collaborations donc à la limite ce n’est pas choquant. Un seul emplacement pour carte SD cela peut être anxiogène en cas de carte défaillante. La construction reste de qualité et acheter un Leica Q3, étant donné le tarif, cela doit être un choix éclairé en étudiant bien s’il correspond à ses besoins, à son usage, à son envie et au rendu que l’on apprécie. Ce type de boitier ne permet pas de tout faire, cela vise une niche de passionnés. Un élément à prendre en compte c’est que l’on peut se lasser d’utiliser un objectif fixe de 28mm surtout si’ l’on n’est pas très fan de grand angle et que l’on aime les très grandes ouvertures de type f1,2 ou les téléobjectifs, que l’on apprécie un bokeh crémeux sur les portraits par exemple. Le Q3 n’est pas un compact à tout faire, c’est plus un équipement complémentaire si on est un photographe polyvalent. Il existe maintenant le même équipé d’une optique de 43mm avec une ouverture à f2 seulement, qui sera plus favorable à la réalisation de portraits et pour documenter son quotidien pour ceux qui apprécient moins un grand angle de 28mm. A plus de 6500 € le Q3 est vraiment à un tarif stratosférique. On peut se rabattre sur un Leica Q (1ère version) d’occasion, avec un tarif déjà pas mal élevé mais bien plus raisonnable. Il est possible d’en acheter en Allemagne avec une garantie sur des sites comme mpb ou asgoodasnew. A mon avis il n’est pas très raisonnable de se lancer d’emblée dans l’achat d’un Leica Q3 sans savoir si on va aimer ou pas sauf si on n’a pas de soucis de budget… De plus sur le 28mm l’optique atteint ses limites avec 60 millions de pixels à transcrire. Il faut bien prendre le temps de réfléchir avant l’achat d’un ensemble si onéreux car un Sony A7R III ou A7R IV peut faire aussi bien en matière de qualité d’image avec une optique de qualité, si on applique son propre post-traitement (ce n’est pas tout à fait pareil malgré tout mais beaucoup plus polyvalent).

Avis rapide Leica Q (1ère version typ 116)

Je ne pourrais parler en détail que du Leica Q 1ère version car je l’ai, en fait la version Q-P qui ne change que au niveau esthétique sinon c’est le même que le Q. Belle construction avec un effet matériel beaucoup moins waou que le le M type 240 qui est lui en laiton et qui fait plus d’effet en main au niveau de la sensation de bloc, poids, qualité, robustesse. Le Q est en alliage de magnésium beaucoup plus léger, avec une sensation de qualité vraiment bien moindre que les versions M en laiton au niveau des sensations matérielles. Par exemple les Q ont la trappe de batterie en plastique. le Q-P a un look sans le logo rouge Leica et une gravure de la marque sur le dessus en blanc, dont la peinture noire mat du boitier est assez fragile en fait, ne pas s’offusquer en cas d’achat d’occasion s’il y a des traces d’usage avec des pertes de peinture car elle part assez facilement.

L’optique fixe de 28mm f1,7 autofocus avec un réglage macro bien pratique, est un très bon objectif avec toutefois moins de micro contraste qu’un Summilux M 50mm F1,4. Certains disent que c’est pas un vrai Summilux puisque déjà il n’ouvre pas à f1,4 et qu’il a été fabriqué spécifiquement pour le Leica Q probablement en collaboration avec Panasonic. On peut l’utiliser par recadrage direct boitier (réglage dans le menu) en 35mm (15 millions de pixels) et 50mm (8 millions de pixels) au lieu de 24 millions au 28mm. Qualité d’image plutôt spécifique avec du net sans effet sec, tranché, tendance assez subtile au niveau des couleurs et du rendu avec du « pop » (relief léger qui évite un rendu plat), du caractère dès le jpeg, à personnaliser un peu dans le menu au niveau du contraste et de la netteté, si on le souhaite, des couleurs superbes, douces. Concernant l’usage il est à réserver à la photo de reportage, à la photo de tous les jours, pour les photos de famille, en voyage quand on veut partir léger, au documentaire, à l’artistique, aux sujets quand on peut s’approcher car il n’y a pas de téléobjectif, c’est une optique fixe grand angle. Pour le portrait attention aux déformations liées au grand angle 28mm, même en recadrant à 50mm, cela restera des portraits réalisés au 28mm recadrés, ne pas trop s’approcher du sujet pour éviter les déformations, c’est toutefois possible mais ce n’est pas un équipement tous usages. Super en complément si on est déjà équipé par exemple d’un autre boitier avec des optiques interchangeables, des téléobjectifs et que l’on veut sortir léger. Attention toutefois pas de sauvegarde car une seule carte mémoire (pas double slot). On ressent que le capteur est un peu « ancien » au niveau de la dynamique sur les hautes lumières. Ne pas surexposer quand il y a un fort contraste de lumière car les hautes lumières peuvent être brulées, ce qui n’est pas rattrapable même en post-traitant le fichier brut Dng. Bien connaitre les limites du capteur donc et sous-exposer dans certaines conditions. Il s’agit peut-être du même capteur que le Leica M typ 240 (?) ou alors un capteur Sony ou Panasonic car Leica n’a pas voulu communiquer à ce sujet. Le rendu est plus organique, moins tranchant et sec que beaucoup d’autres appareils récents. Il y a comme toujours, plus de possibilités d’intervention en post-traitement sur les fichiers bruts Dng que sur les jpeg direct boitier qui, si on est très exigeant, et quelque soit les marques, ne sont pas toujours directement satisfaisants. Au niveau des iso élevés il est à noter que la dérive colorimétrique est très bien maîtrisée avec le grain qui est gris sans éclatement des couleurs. Il y a peu de bruit de chrominance. Le rendu des tons chair et des couleurs sont très satisfaisants. C’est du tout bon au niveau du rendu… C’est un ensemble très sympa, pas de quoi se rouler par terre d’extase non plus. C’est léger, c’est très transportable partout, c’est un bel objet, l’optique est globalement très satisfaisante, les photos sont techniquement de bonne qualité. Toutefois, Pour ma part les Leica M en laiton me font plus d’effet matériel mais les M sont vraiment spéciaux, avec eux on achète une expérience photographique qui ne plaira certainement pas à tout le monde. 🙂

Le Leica Q (Typ 116) — première génération sortie en 2015 — utilise :

  • Capteur : CMOS plein format 24 MP, fabriqué par Sony sur cahier des charges Leica.
  • Objectif : Summilux 28mm f/1.7 ASPH., conception et fabrication Leica en Allemagne. C’est un objectif haut de gamme avec plusieurs lentilles asphériques, optimisé uniquement pour ce capteur plein format. Panasonic n’a pas un équivalent 28mm f/1.7 plein format avec obturateur central dans sa gamme, donc pas de doute.
  • Obturateur : Obturateur central (leaf shutter) intégré dans l’objectif, fabrication japonaise (probablement Nidec Copal, comme sur la majorité des obturateurs centraux modernes).

Exemple ici Leica Q à la tombée de la nuit à 12 500 iso avec une légère correction du bruit numérique sur Capture One pro, en gardant l’effet nuit.

Démo Leica Q 12500 iso utilisable

ci-dessous un jpeg direct boitier à 100 iso f8 avec un réglage de la saturation à + un cran et une sous exposition de -1/3 pour montrer ce que ça donne (effet volontaire recherché saturation et légère sous-ex pour faire du rouge puissant en contraste avec le noir des ombres. A noter que le téléchargement sur le site dégrade un peu la qualité d’image qui est meilleure directement sur l’ordinateur, pour une raison de compression d’affichage). Ce que l’on apprécie chez Leica ce sont les rendus des couleurs.

Leica Q exemple jpeg direct boitier
Leica Q

Photo brute sans aucune correction de l’optique par logiciel, amusant car sans correction le champ optique couvert parait un peu plus large que 28mm en faisant même apparaître les bords du pare-soleil d’origine. On voit que sur les bords ça floute, ce qui est corrigé avec le jpeg direct ou avec un logiciel de développement.

La photo jpeg traitée par le logiciel interne du Leica Q en ayant ajouté de la saturation et du contraste dans le menu.

Même la nuit à 1600 iso les couleurs restent sympas.

Ce que l’on arrive à savoir au sujet de la fabrication du M typ 240

ÉlémentsOrigine / FabricantRôleRemarques
Capteur CMOS plein format 24 MPCMOSIS (Belgique) – conception ; STMicroelectronics (France) – fabricationCapture de l’imageCapteur conçu sur mesure pour Leica, optimisé pour le télémètre.
Processeur d’image MaestroDéveloppé par Leica, avec blocs technologiques PanasonicTraitement RAW/JPEG, gestion vidéoL’architecture Maestro utilise des IP (modules) Panasonic, surtout pour la gestion vidéo et la compression JPEG.
FirmwareLeica Camera AG + parties héritées de PanasonicInterface, traitement d’image, gestion des menusPanasonic fournit des bibliothèques logicielles pour certaines fonctions.
Châssis et mécanique du télémètre100% Leica (Allemagne)Solidité, précision mécaniqueUsiné à Wetzlar ; réglage manuel du télémètre.
ObturateurLeica (design) / Fabrication sous-traitée très probablement par Copal NidecExposition mécaniqueSilencieux, testé pour 150 000 cycles.
Viseur télémétriqueLeica (Allemagne)Mise au point optiqueAssemblage manuel, ajusté à chaque boîtier.
Écran LCDPanasonicAffichage image/menuÉcran 3 pouces 920k points.
Électronique interne (circuits imprimés)Leica + Panasonic (composants)Distribution alimentation, contrôle capteur, stockageIntègre des composants standards et spécifiques.
Monture M100% LeicaCompatibilité optiquesAcier usiné, tolérances micrométriques.
Assemblage finalLeica (Wetzlar, Allemagne)ProductionAssemblé et calibré à la main.

Le M240 est bien un boîtier conçu par Leica, avec des éléments électroniques fournis par Panasonic (notamment l’écran, des modules de traitement vidéo, et certaines briques logicielles).
Le capteur n’est pas un Panasonic : c’est un CMOSIS sur mesure, ce qui explique son rendu spécifique par rapport aux Panasonic plein format.

Concernant les capteurs des Leica M numériques :

  • M8 / M8.2 → Capteur Kodak KAF-10500 (CCD 10 MP), conçu et fabriqué par Kodak à Rochester (USA).
  • M9 / M-E (Typ 220) / M Monochrom (CCD) → Capteur Kodak KAF-18500 (CCD 18 MP, taille plein format), toujours fabriqué par Kodak.
  • M (Typ 240) / M-P (Typ 240) / M Monochrom (Typ 246) → Capteur CMOSIS CMV 24 MP conçu en Belgique par CMOSIS, fabrication sous-traitée par STMicroelectronics (France/Italie).
  • M10 / M10-P / M10-D / M10 Monochrom → Capteur CMOS développé avec CMOSIS (désormais AMS), fabrication STMicroelectronics.
  • M11 → Capteur BSI CMOS 60 MP fabriqué par Sony, sur cahier des charges Leica.

En résumé :

  • Les premiers M (M8, M9) étaient des Kodak.
  • M240 → bascule vers le CMOS belge (CMOSIS) et production européenne.
  • M11 → première fois que l’on retrouve un capteur Sony sur un Leica M.

Série Leaica M, Q, SL, S, CL/TL → vrais Leica conçus et assemblés à Wetzlar (ou au Portugal pour certaines parties).

D-Lux, V-Lux, C-Lux, Digilux, Leica C → boîtiers Panasonic rebadgés, optique certifiée Leica.

Leica Sofort → Fujifilm Instax rebadgé.

Concernant le D-Lux 8, même si la base technique reste clairement celle du Panasonic LX100 II, il y a :

  • Une coque et des commandes spécifiques Leica (design, gravures, molette ISO, typo, bagues, design).
  • Une interface graphique modifiée (menus et pictogrammes Leica).
  • Une optique “Leica DC Vario-Summilux” — conçue en collaboration avec Panasonic mais avec validation et traitement optique Leica.
  • Un assemblage différent : certaines sources parlent d’assemblage au Japon (Panasonic) avec finition finale chez Leica, mais ce n’est pas officiellement confirmé.

En conclusion chez Leica il y a une grande part de mythe basé sur l’historique qui concerne les Leica M principalement. La marque se positionne maintenant dans la catégorie Luxe avec des tarifs astronomiques. Au niveau de la qualité des optiques d’autres marques ont fait des progrès et semblent aussi « bonnes ». Acheter un Leica M c’est acheter un objet, une expérience photographique, des sensations, la douloureuse passe mieux avec des boitiers d’occasion… Sinon Avec ces boitiers ou d’autres, cela ne change pas le fait que ce soit toujours autant difficile de réaliser des photos avec du sens. On ne fera pas de meilleures photos qu’avec un autre matériel, toutefois c’est souvent un équipement qui donne envie d’aller faire des photos. On peut se demander si parfois il y aurait pas des dialogues qui existent simplement pour justifier que l’on a dépensé une somme aussi importante pour du matériel que l’on va plus facilement encenser ensuite pour se justifier à soi-même un tel montant de dépense … M’enfin quand on a un Leica M ou Q on est content, c’est bien le principal. 🙂

Re conclusion personnelle tout à fait complétement subjective: Leica M c’est chouette comme objet pour l’objet. Alors moi c’est pire car j’aime ceux en laiton, mais le laiton c’est lourd mais j’adore la patine. Sinon la mise au point manuelle, le télémètre, il faut aimer se faire suer, sinon se mettre à f8 pour avoir une grande zone de netteté, mais on n’a pas un beau bokeh de papy bokeh car on peut bien aimer le flou d’arrière plan. Sinon les autofocus c’est bien confortable surtout quand on a envie d’être en mode décontracté. Sinon clair que Lecia M, Q, SL c’est très cher, trop sûrement car après il faut mettre dessus de très bonnes optiques. L’avantage avec les Q c’est que l’optique est dessus mais ce ne sont pas des M et y en a qu’une dessus haha. Sinon la qualité d’image, je pense que le choix n’est pas sur ce critère car d’autres appareils font aussi bien, à part sur les anciens M qui ont un rendu ancien et ce sont les optiques qui jouent énormément. C’est plus sur l’aspect expérience photographique et objet en tant que tel. Arrivé un moment aussi on peut être à un stade photographique où ce n’est pas hyper netteté que l’on recherche.

Leica M (type240 – Summilux 50mm f1,4).