Intérêt ?

Une question peut se poser comme par exemple, j’habite dans un petit village et il n’y a rien d’intéressant à photographier, le coin n’a aucun intérêt photographique. J’attends de faire des voyages pour faire de bonnes photos. Hum, certain qu’il n’y a rien d’intéressant, même en se mettant dans une posture du voir et pour pratiquer afin de s’améliorer ?

Que veut dire intérêt

Quelle est la définition ? ce mot a plusieurs sens, « curiosité, attrait » peut-être alors ce serait bien que je travaille ma curiosité, attrait qu’est-ce que j’aime bien faire en photo qui me plait ? ; « avantage, utilité » quels avantages je peux trouver et quelle utilité d’aller explorer mon village, me faire sortir, me faire marcher, discuter avec des gens, m’améliorer en photographie, travailler la couleur, le noir et blanc… ; « originalité exemple cette oeuvre est digne d’intérêt » intéressant ça, un sacré défi chercher et trouver de l’originalité dans le traitement d’un endroit où a priori il n’y a rien d’intéressant à photographier ; « bénéfice, revenu, gain exemple j’ai reçu les intérêts de mon livret bancaire » bon là on verra peut-être que je pourrai faire une expo, peut-être que ça me fera rencontrer des gens qui seront intéressés par mes photos et me passeront une commande ou je m’en fiche je fais des photos pour moi c’est pour mon bénéfice personnel de m’améliorer en photo et de me faire plaisir ; « à l’avantage de tous, par exemple dans l’intérêt général » peut être je peux contribuer à montrer que mon village est sympa, qu’il est bien entretenu, que la mairie et son personnel avec les habitants font du bon travail ; « participation, profit exemple j’ai des intérêts dans cette société » on peut l’interpréter comme je me sentirai utile avec ma pratique photographique, c’est ma participation pour montrer qu’il y a du beau dans mon village, que ce n’est pas parce que c’est la campagne qu’il ne se passe rien…

Comme nous le voyons la notion d’intérêt est large et variée. D’aller réaliser des photos de proximité peut aussi être un simple intérêt personnel, se motiver à sortir car on a tendance à s’isoler, marcher car on n’aime pas marcher pour marcher et on a des douleurs physiques, se relancer dans la pratique photographique parce qu’on est resté des mois à ne pas avoir envie, qu’on était en dépression, qu’on n’a pas le moral, en clair cela fait un but et lors d’un voyage on aura alors beaucoup plus de pratique et de maîtrise pour réaliser des photos avec de la personnalité.

Un projet que je commence

A titre d’illustration, dans la commune où j’habite, c’est un petit village et a priori quand on passe il est possible de se dire pas grand chose de spectaculaire à photographier ici. Alors je me suis lancé, en trouvant un intérêt d’aborder cette thématique de faire des photos sur un sujet a priori sans intérêt.

C’est un tout début de projet présenté en vrac, pour montrer l’évolution en n’éliminant pas les photos qui ne cassent pas 3 pattes à un canard afin de donner des explications évolutives qui pourraient servir à tous.

  • Je me suis mis une contrainte un seul boitier, une seule optique un Leica M typ 240 et un 50mm f1,4. Pourquoi ? parce que j’ai attendu des dizaines d’années avant d’acheter un Leica M et une optique Leica alors il faut bien que je l’utilise. Aussi pour partir léger afin de mutualiser un déplacement en allant faire des courses et pas se trimballer un gros sac de matériel. M’habituer à cet ensemble car plus on s’en sert mieux on le maîtrise.
  • La 1ère étape j’ai passé près de 2 heures à me mettre dans la posture du voir, en cherchant du visuel. J’ai fait une centaine de photos car le numérique le permet et cela m’a aidé à me mettre dans le truc, car en plus des moments ça me prend, j’adore déclencher et je suis de ceux qui ont besoin de se « chauffer » en déclenchant pour me mettre plus profondément dans la posture. Sur le moment j’étais assez content d’avoir trouvé des éléments que je n’avais jamais pris le temps de regarder avec un oeil photographique. Je savais très bien que je n’allais pas faire la photo du siècle, mais j’espérais obtenir quelques photos intéressantes. Sur une sortie si on a une photo que l’on estime suffisamment vraiment bonne, on est content. Je fais parti de ces photographes exigeants. On peut après une sortie comme ça se faire un petit bilan perso. Par exemple j’ai loupé un groupe de randonneurs qui entraient dans un restau parce que je faisais des courses et pas disponible pour cette photo où il fallait aller vite. Je me suis demandé si j’allais dans le restau demander aux gens si je pouvais faire une photo mais je n’ai pas osé. Comme quoi des moments je reste encore timide dans l’approche, c’est surtout je me suis dit ce n’est pas tout à fait la thématique. A analyser, les freins que l’on peut se mettre car la thématique c’est bien moi qui me la dicte comme bon me semble. Conclusion ce n’est pas évident de toujours avoir l’envie d’expliquer aux gens car on semble parfois bizarre avec nos histoires de photos. En revanche pour la dame avec son sac jaune je lui ai demandé avant qu’elle ne traverse la route, je lui ai dit je fais des photos sur les couleurs, elle m’a dit ok mais que de dos et qu’elle aime beaucoup les couleurs mais elle ne voulait pas être photographiée de face. Sinon quoi dire, clairement ce n’est pas facile. Je suis content de la photo avec les citrouilles, c’est d’actualité en octobre. Sinon au niveau des propriétés privées mon adage est de ne pas faire ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse aussi je suis toujours très prudent en ne photographiant que ce qui se voit depuis la rue, sans photos qui puisse empiéter sur le domaine privé. Sinon au niveau du tri et de la post-production j’ai passé 4 bonnes heures et encore j’ai fait du rapide. Il y a des photos que j’ai choisi de ne pas montrer car je ne les trouve vraiment pas assez bonnes. Quand c’est comme ça, il faut se donner du temps, laisser reposer les photos avant de les supprimer et revenir voir dans quelques jours si finalement on n’a pas été trop sélectif. Faire une sélection et ensuite une édition quand on veut faire une série est une phase difficile. Je verrai ensuite au niveau du traitement s’il faut plus approfondir. L’enjeu est maintenant de continuer car il s’agit d’un projet sans contrainte de temps. Ma motivation est de voir si j’arrive à sortir une série qui tient la route sur un sujet où a priori il n’y a rien d’intéressant au niveau artistique à photographier, dans le sens rien de spectaculaire. Sur cette phase je ne me suis pas intéressé aux gens, à faire des portraits, c’est une spécialité qui demande d’être en forme pour aborder les gens et je trouve que c’est plus difficile dans un village où on habite car il faudra donner plus d’explications que si on est de passage. Sinon sur la façon de faire je me polarise sur les formes, les couleurs, les interactions, dans une démarche photographies de rue, documentaire artistique, espaces publiques, urbanisme, vision personnelle. Avec un souhait de travail approfondi sur la couleur.


image_pdf©Patrick Pestre - pour usage personnel -

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