ça n’a pas tellement changé…

…depuis l’époque de l’argentique

Quand on voulait

  • des couleurs très saturées, du très contrasté, et du chaud, que ça pète, que ça claque on utilisait de la diapositive soit Velvia, soit Kodachrome. Pour le très net et spectaculaire de la Velvia 50 iso (ASA on disait) ou de la Kodachrome 25 et un coup de flash en plein jour pour des portraits qui claquent. La hantise était de faire des photos plates. La grande insulte c’était tu fais du Photomaton
  • Du doux mais contrasté avec une dominante légèrement bleutée, de la diapo Ektachrome ou encore plus doux de l’Agfa
  • Ne pas se prendre la tête dans la précision de l’exposition on utilisait des films négatifs avec pareil les Fuji pour des couleurs plus saturées et plus chaudes que les Kodak et les Agfa
  • Pour le noir et blanc la Ilford HP5 (400iso) pour le reportage et la polyvalence car elle n’était pas cher, on pouvait mitrailler, elle est souple avec possibilité de monter les isos par le développement chimique. De la Kodak Tri-X un peu moins contrastée mais assez proche mais elle était déjà plus cher, effet de mode ça faisait plus noble d’utiliser de la Kodak. Il y avait plein de films spéciaux pour les usages spécifiques. Pour la finesse du grain de la TMax et du PanF et de la chimie adaptée
  • Du net on utilisait les moyens format 6X6 ; 6X7 et des objectifs de qualité
  • Des tirages artistiques, on choisissait un beau papier et on masquait avec les mains et des bouts de carton les zones à exposer plus ou moins.

Sur le fond ça n’a pas tellement changé, on fait les mêmes choses différemment techniquement, en ayant changé d’outils, avec des capteurs numériques et des logiciels. Ce qui compte c’est toujours les sujets, les façons de raconter, la satisfaction ou pas du résultat, avec un peu plus de confort et pas de la chimie, mais cela demande aussi du temps et de l’analyse et des investissements coûteux. De plus nous avons tendance à faire beaucoup plus de photos dont un grand nombre pas intéressantes et en fait on passe énormément de temps dans le tri, la suppression, le traitement, les sauvegardes et encore le traitement car on recherche sans cesse à se démarquer.

Au début du numérique c’était de faire aussi bien que l’argentique, puis ensuite mieux avec plus de facilités et de confort mais il n’a jamais été dit que cela couterait globalement moins d’argent. Avec les changements de type de montures au contraire, pour bénéficier des derniers avantages de l’auto-focus, si on en a besoin, il faut racheter ce qu’on avait déjà.

image_pdf©Patrick Pestre - pour usage personnel -